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Publié par Christian Hivert

ça vaSur le Comité des Mal-Logés


84) Pouvez vous décrire les circonstances qui amènent la création du Comité des Mal-Logés (CML) ?


CH : Au tout début cela a été l’ouverture du squat du 67 rue des Vignoles, il y avait eu de multiples incendies criminels durant l’automne 1986, et les familles des « sinistrés » n’étaient toujours pas relogées, comme un grand immeuble était vide et en vieil mais bon état il est venu l’idée de se l’approprier, le soutien était large et l’émotion populaire à vif, il y avait eu 23 morts, en majorité des enfants, on m’a coopté sur ce coup en raison de mes compétences techniques et de mon efficacité dans l’ouverture nocturne de squat,

 

le nombre en soutien était fourni, hormis les familles et leurs amis par tous les résidus des anciens squatteurs collectifs expulsés trois ans auparavant et ceux d’Usine, nous avions donc tous les Occupants rénovateurs, qui continuaient de squatter des maisons d’habitation dans le 19e, les anciens squatteurs associatif, qui faisaient itou dans le 20e, les anciens de la bande de Rueil, dite aussi bande à gille qui faisaient de même à Aubervilliers.


Au bout d’un mois ou deux est venue l’idée de créer un comité sur la question du logement et de faire porter le débat sur la totalité de ce problème et non exclusivement sur les dossiers de relogement des seules familles sinistrées, position tenue par les instits, assistantes sociales et curé de la paroisse, unis dans l’association « Un logement d’abord » dont le responsable autoproclamé s’abritera toujours derrière « les dossiers des familles » pour imposer ses lubies négociatrices et électoraliste (PS bien sûr)


Les plus virulents à proposer cette idée étaient ceux de PPLC, c’est à dire une partie de ceux d’Aubervilliers, l’autre partie de ceux d’Aubervilliers étant plus proche des positions Pro-Situ des Fossoyeurs du vieux monde, groupe disparu depuis trois ou quatre ans suite aux bagarres et à la mort d’un squatteur, ils passaient aussi, mais n’ont jamais voulu du Comité.


Un troisième pôle soutenait le Comité mais voulait rester sur une position de squats simples et de gratuité du logement, c’était ceux qui vont créer la permanence de la rue Caplat, SPA et Narbé L’hermite, au moment de la Place de la Réunion ils se donneront par moquerie le nom de Squatteurs Mal Organisés, il y avait beaucoup d’anciens Occupants Rénovateurs parmi eux, et la plupart des jeunes cooptés au moment d’Usine.


85) Quelles étaient les revendications du CML ?


CH : Un logement décent pour tous et dont le loyer ne dépasse pas vingt pour cent des revenus du ménage.


86) Selon vous, pourquoi le CML choisit-il le squat comme mode d'action ?


CH : Ce n’est pas le squat son mode d’action, mais l’occupation de logements sociaux laissés à l’abandon, se servir soi-même de ce que l’on demande, double objectif, médiatique, et relogement partiel momentané, ces prises d’assaut on permis de reloger des dizaines de familles pendant de nombreuses années


87) Qu'est ce que le groupe Prolétaires pour le communisme ?


CH : N’en faisant pas partie je ne peux véritablement répondre, de l’extérieur cela paraissait comme étant un groupe de réflexion de gens engagés sur des luttes et désirant poursuivre une réflexion plus globale pour améliorer leurs modes d’actions.


C’était tous des autonomes issus des squats politisés d’un peu partout dans la capitale et à Aubervilliers, de l’extérieur certains les appelaient la bande à Gilles, puisque c’est sur Wiki, je peux confirmer que Guy Dardel en était un des principaux animateurs, ils étaient entre vingt et trente.


Leur principale occupation quand je les ai connus à Usine était l’animation de collectifs sur la prison, la double peine et l’entrainement régulier à des sports de combat.


88) Ce groupe est maoïste ou autonome?


CH : Je n’ai jamais entendu parlé de Mao dans ce groupe, certains parmi les plus âgés avaient peut- être été Maos dans leur jeunesse, mais ils n’en faisaient pas état dans ce groupe, j’ai été convié à deux ou trois de leurs réunions, réflexion politique autour de textes, il n’a jamais été question de Mao dans ces réus,

 

par contre on y étudiait les interventions du comité des mal-logés, des collectifs anti-prison, des jeunes squatteurs.


Pour tout ceux qui les ont côtoyé ce sont des Autonomes, je ne sais pas d’où vient ce mot de maoïsme, probablement d’une perversité manipulatrice de zozos hégémoniques


89) Quels types d'actions sont menés par le CML ?


CH : Des occupations de bâtiments administratifs, des diffs de tracts dans tous les quartiers popu, la rédaction auto édition d’un quatre page régulier, permanences d’infos et de lutte (jusqu’à six ou sept à un moment), AG délibérantes et décisionnelles tous les mois, soutiens aux procès civils d’expulsion, unification des positions des avocats sur la question du logement et travail jurisprudentiel sur la question de l’occupation illicite d’appartements,

 

et bien entendu l’occupation régulière d’HLM vides, animation d’une émission sur Radio Libertaire, je crois.


90) Pouvez vous me parler des autres squats ouverts par les militants du CML comme le 32 rue de la Volga dans le XXe ou le 92 rue de la fontaine au roi dans le XIe ?


CH : Ce sont des HLM, des bâtiments entiers. Au 92, il y avait vingt deux appart neufs. Au 32 un peu moins mais c’était propre aussi.


Chaque fois qu’un immeuble entier est pris d’assaut, il s’y crée une réunion hebdomadaire chargée d’organiser tous les problèmes liés au lieu et à son occupation, et l’immeuble se fédère au Comité, ce ne sont que des familles adhérentes au Comité et dont les situations taudiesques d’habitation sont les plus préoccupantes, leur choix s’effectue avant l’ouverture en Assemblée Générale.


Mais d’autres familles adhérentes du comité squattent avec les jeunes squatteurs, tout le monde se connait et s’épaule.


91) De combien de militants est composé le CML ?


CH : Au plus fort, nous étions cinq cent à payer notre cotisation de vingt francs par mois.


92) Le CML est-il composé exclusivement de militants autonomes ?


CH : Je ne sais pas ce que veux dire militant autonome, Nous étions tous des militants pour le logement décent pour tous, et nous étions tous Autonomes politiquement.


93) Comment se déroule la lutte à partir de l'occupation du 67 rue des vignoles ?


CH : Dans le tumulte joyeux et continuel des occupations, nous n’avions sans doute jamais squatté autant et collectivement que depuis les années soixante dix. Parfois des immeubles entiers d’une vingtaine d’appartements, parfois trois ou quatre d’un coup, parfois un seul, je passais beaucoup de temps sur les toits de Paris et nous étions deux ou trois à adorer cela, nous étions très bons.


94) Pourquoi le CML choisit-il d'installer un campement place de la réunion ?


CH : Cela n’a jamais été un choix mais la conséquence d’une situation terrible qui nous était imposée.


Il y eu cinquante familles à la rue expulsées le même jour, étant donné la réactivité massive des copains des squatteurs et des habitants du quartier, les CRS ont eu l’ordre de reculer poursuivis par les bambins africains qui leurs criaient « A la nisse, à la nisse »


Ensuite il s’y est passé ce qui s’y passe en général lorsque le pouvoir est décidé à stopper une lutte qu’il ne parvient pas à encadrer de manière ordinaire au travers de ses syndicats et organisations à sa botte .

 
Pourrissement, séparations, création d’asso concurrente etc.


95) Quelles étaient vos relations avec les autres acteurs de la lutte des mal-logés, en particuliers la presse, les élus communistes du XXe, mais aussi les associations de quartiers, les associations antiracistes ou les associations caritatives, etc... ?


CH : Tout ceux que vous citez n’ont jamais été des acteurs de la lutte des mal-logés, relisez quelques articles de journalistes de Libé, c’est saignant, ils nous comparent aux camps de réfugiés des viet-cong.

 

Les élus sont là pour se faire élire, mais pas par nous.


Les caritatifs nous offraient des matelas, nous les prenions, mais cela ne leur donnait aucun droit sur nos luttes.

 

La seule asso de quartier connue était dirigée par un architecte qui attendait les expulsions pour proposer à la mairie une rénovation douce du quartier respectant ses vieux murs et son aspect historique,

 

on peut dire qu’il ne nous soutenait pas.


96) Pour vous, le campement de la place de la Réunion est une victoire ?


CH : La plus grave défaite puisque cela signe la mort du Comité des Mal-Logés et de sa forme de lutte Autonome.

 

L’Asso concurrente créée organise les familles par ordre alphabétique et les tient par leurs dossiers, les familles n’ont plus leur mot à dire sinon elles sont rappelées à l’ordre et cette assos finit par avoir le rôle détenu auparavant par le SAC de répartition des relogement sur les attributions HLM des mairies en fonction d’un vote amical,

 

si les mairies parisiennes sont globalement passées à gauche à cette époque cela est certainement lié au barouf que nous avons fait et qui nous a défaits.

 

97) Quelles sont les raisons qui entraîne l'émergence de deux tendances au sein du CML ?


CH : C’est le jeu du pouvoir, le Comité des Mal-Logés devenait trop fort et trop souvent victorieux, il fallait faire rentrer dans le rang,

 

mais ce n’était pas deux tendances, c’était un type qui est rentré au Comité trois ans après sa création (carte 380, je crois me souvenir) et qui cherchait à en prendre le contrôle,

 

comme il n’y parvenait pas le pouvoir lui a filé un coup de pouce,

 

certains ont dit que les habitants du 67 savaient ce qui allait se passer et que tout était arrangé d’avance, cela n’a jamais été prouvé,

 

mais cela revient au même lorsque l’on voit les résultats et les positions anti squat de cette fausse asso de lutte dont on ne voit jamais les banderoles qu’avant une élection.

 

98) Pouvez-vous m'expliquer les raisons de la rupture au sein du CML qui intervient peu après la fin du campement de la place de la Réunion ?


CH : Alors cela n’a pas été une véritable rupture, le gars qui voulait être chef est parti en claironnant qu’il n’avait jamais respecté les décisions de L’AG du Comité et qu’il avait engagé des négociations sans en parler au Comité parce qu’il savait que l’AG du comité allait refuser,

 

et toutes les familles qui lui avait confié leur dossier en comptant sur ses combines négociatrices sont parties avec lui de peur de perdre leurs chances éventuelles d’être relogés par piston.


99) Pour vous, quelles sont les raisons qui ont poussé Jean-Baptiste Eyraud à s'éloigner des positions du CML ?


CH : Son appétit personnel de pouvoir, en apparté il se voyait déjà futur ministre, et s’assurait déjà d’un poste de permanent rémunéré, il n’a eu ni l’un ni l’autre.


100) Selon Eyraud, une majorité de familles le rejoignent pour créer Droit Au Logement (DAL), qu'en est-il selon vous ?


CH : Malgré les atouts qu’il avait en main, c’est plus une grosse minorité, mais le Comité était foutu quand même,

 

et de ceux qui étaient restés par conviction au Comité, il y en a plusieurs dont le dossier de relogement était presque abouti, et qui se sont vu refuser leur relogement, cela a fait réfléchir les autres.

 

Et ce truc dont je ne veux en rien laisser une trace et donc nommer, c’est une création de la Gauche Plurielle de l’époque,

 

j’ai vu de loin les tractations entre Malberg le coco du vingtième, Krivine, Cambadelis, Bretau le vert, et ce petit chef qui se rêvait ministre.


101) Selon Cécile Péchu, le CML entretient une logique « mouvementiste », qu'en pensez-vous ?


CH : Je ne sais pas ce qu’est une logique mouvementiste ni ce qu’elle entend par là, je trouve étrange que cette dame ait pu écrire si longuement sur un sujet dont j’étais un des principaux acteurs sans que je ne la connaisse jamais.


102) Qu'est-ce que la commission gouttières et ouvertures diverses ?


CH : Ceux qui savaient monter sur les toits, ne pas laisser de traces d’effraction, savoir tenir leur langue, ne pas gâcher des coups, être discrets et souvent disponibles, nous étions une bonne dizaine, et pas toujours les mêmes.


103) A partir de 1990, vous évoquez une dispersion des autonomes et la naissance d'un certain nombre de clivages entre bandes, qu'entendez-vous par là ?


CH : En effet, les positions qui étaient divergentes mais solidaires se sont opposées suite à la place de la Réunion, et il n’y avait plus de solidarité, d’autant que les manipulations des gauchistes de Krivine et les prébendes octroyées par les différents acteurs de la gauche plurielle ont fait éclater les solidarités en achetant les chefs des diverses fractions.

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