






Allons Reine, qu'est-ce qui te prends, secoues toi bon dieu, c'est pas pire que d'habitude, tu le reverras ton copain, mais c'est pas
ça, c'est pas pour lui, il va s'en sortir, il n'est pas seul, mais je n'en peux plus, il faut que je m'arrêtes, oui Reine on dit tous cela, et on repique.
Reine était folle et molle, elle se releva, se laissa entourer, se laissa caresser, elle prit le temps de renifler, ce qu'elle était devenue, ce qu'elle n'arrivait plus à devenir, la désinvolture et le dérisoire devenaient incongrus, elle devait se remettre en route vers son produit.
Pourquoi n'était-il pas aussi simple de décider maintenant, immédiatement de s'arrêter, de ne plus retourner dans son squat, Narco la reprendrait si elle s'arrêtait, il avait toujours un peu d'attirance pour elle, elle n'était pas si moche, il lui suffisait de faire attention à sa tenue.
Elle renifla, la crise était passée, elle était surprise, cela ne lui était jamais arrivé, sauf il y a si longtemps, elle devait commencer à être salement mal fichue, les alertes étaient massives et sans appel, elle était au bout du déroulement d'un cycle de sa vie, voulait–elle d'autres cycles.
Elle repensait à ses cavalcades dans les halls de gare, elle avait perdu une pièce d'identité falsifiée avec sa photo dessus, et ce jour-là elle s'était fait remboursé des billets achetés avec une carte bancaire volée, depuis ils étaient pistés, suivis par des lascars parlant au col de leur veste.
Reine nageait dans l'insouciance, il lui suffisait sans doute d'attendre tranquillement qu'ils viennent lui mettre la main dessus, son détour en prison l'obligerait bien à se priver de force de ce produit indispensable à sa vie, alors il suffisait d'attendre, dépendre d'autres.
Quel pourrait être un nouveau cycle de sa vie, de quoi le remplirait-elle, elle ne parvenait à se l'imaginer, quelle était son utilité, quel était son destin, c'était la phrase de rappeur du siècle, c'est ton destin, elle n'en avait pas, n'avait rien, aucune fée penchée sur son berceau, rien.
Le car de CRS s'immobilisa longuement sur une place, semblant attendre les ordres, tout était incongru dans le déroulement des opérations, déjà par le déploiement insensé des forces de l'ordre, pour déloger d'un squat cinq adultes valides et un vieil homme, deux cent guerriers.
Arthur ne sut si l'importance que l'on donnait en haut lieu au développement de leur comité de lutte était bon signe ou non, il avait le plus grand doute sur les possibilités de poursuivre, et cela lui martelait la tête, alors que la situation était criante d'urgence, il fallait des logements pour tous.
C'était d'une telle évidence, ils luttaient pour l'ensemble de la société, leur combat était nécessaire, indispensable, le logement ne pouvait pas, ne devait pas être une marchandise ordinaire, les pauvres et les mal-logés allaient se réveiller, venir les rejoindre, les renforcer, c'était immanquable.
Le vin ingurgité durant la nuit lui remontait en volutes désagréables, il n'avait pas encore eu le temps de cuver, Reine aussi paraissait bien blanche, elle devenait de plus en plus marquée par le produit, Arthur se dit qu'il aurait dû intervenir et la secouer bien plus tôt, cela paraissait foutu.
Ses angoisses sommeillaient en lui comme de gros chats siesteux et ronronnants, il se disait qu'il fallait passer soit à une vitesse supérieure soit à de nouvelles ambitions, ce qui lui paraissait indispensable ne semblait pas l'être pour tous, ou était la force, le nombre se détournait d'eux.
Lorsqu'ils auraient fini leur cirque, il le relâcheraient, il pouvait bien en avoir pour la journée, rien ne pouvait lui être reproché d'illégal, et ce pouvoir cynique avait la particularité de respecter scrupuleusement les formes de sa tyrannie, rendant incritiquable sa gestion du désastre permanent.
Arthur tenta de calculer le coût exorbitant de l'opération pour les finances publiques, mais il lui manquait des éléments essentiels à cette comptabilité, il se persuada néanmoins que cela pouvait bien couvrir les frais de logement décent pour une famille pendant de nombreux mois.
à bientôt le long du Loing
le fond ne m'a donc pas été accessible...
vrmt dsl...
J'ai dû faire de laborieux efforts pour comprendre l'intention, et le mot, heureusement que d'aimables linguistes lorsqu'il se détournent un temps de la Défense Nationale nous pondent de jolis gadgets propres à désencombrer notre néant et amuser quelque peu notre ennui mortel de vivre, juste avant que la Défense Nationale ne vienne remettre un peu d'ordre dans nos quartiers pour valoriser les intérêts financiers des puissants:
illisible(adj.)
1.qu'on ne peut lire.
2.(figuré)dont la lecture est un calvaire (ex. un rapport illisible).
illisible(adj.)
↘ illisibilité, illisiblement
illisible(adj.)
indéchiffrable
illisible(nominal)
abracadabrant, difficile, entortillé, imperceptible, incompréhensible, indéchiffrable, inintelligible, inlisible, obscur, sans queue ni tête
illisible(adj.)
illisible(adj.)
ILLISIBLE (adj.)
1. Qu'on ne saurait lire. Cette écriture est illisible.
2. Dont on ne peut supporter la lecture.
• On passait pour esprit fort lorsqu'on se permettait de regarder l'existence de cinq propositions dans le livre illisible de Jansénius comme un fait indifférent au bonheur de l'espèce humaine (CONDORCET Vie de Voltaire.)
ÉTYMOLOGIE
Il.... 2, et lisible.
Contributeurs d'Alexandria
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A bientôt le long des rivières Loing
Il faut cliquer sur Reine et les chevaliers ivres en bas de l'article pour voir les autres épisodes.
Vous êtes le premier pour qui ce n'est pas paru clair,
mireille.pastoureau@bif.univ-paris5.fr