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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

troupeauDe plus ils exhibaient toutes leurs infamies sous les plus phénoménales justifications, il y était pêle-mêle question du sommeil des enfants, des seringues rouillées, et des bagarres d'alcooliques, et la presse, quelle impression détestable, mais que ces gens étaient-ils donc bons, un peu tardivement présents.

 

L'accés de la Presse à la Place de la Réunion avait été restreinte et contrôlée suite aux abusifs comportements de journalistes imbus de leur quatrième pouvoir, ils réveillaient les tentes endormies de nuit avec leurs projecteurs de télévision, faisant hurler de terreur les bambins déjà traumatisés.

 

Les bagarres d'alcooliques avaient eu lieu pour obtenir le départ des dealeurs locaux tous sous le contrôle des services de police, et pour éloigner des nationalistes haineux réclamant à voix non modérée l'expulsion générale du pays de ces travailleurs réguliers depuis des années.

 

Arthur ne comprenait plus rien, les intérêts des uns se heurtaient aux intérêts des autres, les pauvres avaient tout le monde sur le dos, sans répit, sans compassion, cela ne pouvait être de la bêtise ou de l'inconscience, ils savaient ce qu'ils faisaient, les souteneurs ne voulaient pas de ces voisins là.

 

Au loin, vers le café de l'angle de la rue Alexandre Dumas, Reine ne donnait plus l'impression d'une indolence sensuelle ni d'une langueur charnelle, non ses rondeurs effacées s'amollissaient de tristesse, le désespoir la prenait donc elle aussi, qu'étaient ils donc devenus, quel sortilège les prenait?

 

La poussière chaude et acre du sable de la place lui piqua les yeux et lui serra le gosiers, il se figea comme tant de fois, il ne voulut éclater en sanglots, il ne le faisait jamais, ses pleurs séchaient depuis son enfance entre ses sourcils douloureux,  jusqu'au fou rire nerveux;

 

Allait-il se donner un peu de courage en buvant quelques demis, Charly le Katangais venait de recevoir son RMI, il était le premier à l'avoir demandé, le dispositif nouveau achetait les révoltes des exclus radicaux en échange d'un peu de consommation chez les boutiquiers de quartier.


Mais Arthur n'avait pas envie de se présenter sous un mauvais jour et cette compromission envers leurs codes d'imbéciles lui fit mal, mais surtout il ne voulait pas trébucher de la langue et leur river leur clapet au plus profond de leur mauvaise conscience, il voulait les gifler durement.

 

Te voilà en guerre, je te croyais pour l'unité, non mais Dominique, ne fais pas la sotte, ils ne t'ont pas appris que les mathématiques et l'informatique dans tes hautes études, l'exclusion ne vient pas de moi, ces militants de la vingt-cinquième heure n'ont pas tout les droits, bon, je ne suis pas là.

 

Oui, Dominique, je sais, tu n'es pas là, tu préfères les beaux salons dorés, tu ne viendrais pas te salir parmi nous, tu t'en sentirais dégradée, si tu savais les qualités des démunis, si tu savais les vilenies des nantis, mais tu t'en moques, de moi de même, seuls les beaux mondains t'agréent.

 

Arthur était au désespoir, Dominique le fuirait, Dominique le mépriserait, Dominique l'ignorerait, Dominique le méconnaîtrait, Dominique le dédaignerait, Dominique l'avait toujours jugé de haut, Dominique voulait être au dessus d'eux tous, Dominique ne connaissait pas son existence.

 

Depuis des années, si ce n'est des décennies, les médias principaux à destination des jeunes, sous couvert de rébellion et d'idées contestataires, déconstruisaient patiemment toute idée de révolte et de volonté de justice sociale, jusqu'à considérer l'opprimé comme responsable de son sort.

 

Cela avait commencé vingt ans plus tôt avec l'aventure hirsute des petits bourgeois d'Actuel dont le but atteint depuis était de séparer à l'infini les militants d'un monde plus juste d'une faune pouvant être potentiellement dangereuse pour les intérêts biens compris de leur caste sociale.

 

On y retrouve depuis les Premiers numéros le futur guerrier pro atlantiste, pas encore tout à fait médecin, ni vraiment humanitaire, testant déjà ses élucubrations néo-colonialistes, s'est-on demandé par la suite pourquoi il ne s'intéressait jamais qu'aux territoires riches en minerais.


Dans l'ambiance bienheureuse des blasés de tout, des revenus de rien, des pas encore parvenus à grand chose, au milieu des expériences psychédéliques auto valorisées et des comportements les plus néfastes à la vie en communauté, des communautés tentaient de survivre à l'effondrement d'un monde.

 

Dans leur recherche constante d'icônes médiatiques et intellectuelles à proposer au bas peuple honnis et vilipendé, ils raclèrent les fonds de tiroirs des invendus du moment, si possible du plus médiocre et du plus nuisible, confondre tout et rhétoriser le reste, cela se vendait bien.

 

Libération prit la relève, fort d'une imposture majeure due aux foisonnements idéologiquement flous de sa création, toute une jeunesse potentiellement révolutionnaire put peu à peu apprendre à se dégoûter d'elle-même et, toute honte imbue, rentrer dans le rang gestionnaire du massacre dominant.

 

Ainsi grâce aux leçons fumeuses, à longueur de colonnes, on pouvait apprendre et se persuader que le combattant de l'injustice était un dictateur nazillon et que le puissant maître des guerres était le modèle absolu à suivre sous peine de n'être qu'un vulgaire looser, être puissant ou mourir.

 

Etait-ce donc ceux-ci que Dominique Premier courtisait à en perdre ses nuits, puis à en perdre ses vies, puis à en perdre ses familles, puis à se perdre dans ses ennuis, à tenter de figurer dans les réunions mondaines où elle avait peine à se faire inviter, générer de l'activité commerciale.

 

Toujours à la course d'interviews frelatés des mondes insipides, relatant les fondements de courte pensée d'intellectuelle de cour d'Empire en devenir, ses hirsutes rodomontades répétant le bréviaire inchangé depuis des décennies des recherches en cours de sa section universitaire.

 

Rien ne sert à rien , dans ce cas que demandent les têtes chercheuses, car si rien est tout, certains personnages des bourgeoisies moyennes exaspèrent à se sentir intellectuellement au dessus du pauvre monde, ils ne font que régurgiter les hautes études auxquelles leur caste sociale les a destinés.

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