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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

Fernand-copie-copie-1.jpgOù l'aurait-il prise depuis qu'il était parti de chez ses parents ? Allez, deux étages à regrimper, essayer de voir les choses autrement. Il ne les connaissait pas ces gens. Ils étaient peut-être bien. Fernand était sympa.

La porte se rouvrit. La figure de Fernand s'encadra devant lui et l'apostropha :

—   Tu t'crois où ? On n'est pas à l'hôtel ici pour descendre pisser dans la rue. Y a des toilettes ici, il faut demander. Et puis qu'est ce que tu viens faire ici ? C'est plus l'heure, quand on sort, on rentre plus après.

—   J't'amène Patrice, l'es pas très frais, y peut encore servir.

—   Non dis donc, Patrice il n’a pas besoin de toi pour entrer ici. Qu'est ce que ça veut dire ? Et puis d'abord, Patrice qu'est ce que c'est que ce mec que tu m’amènes comme ça, tu l'as ramassé où ? On ne veut pas de clochards !

—   Dis tu crois qu'il s'arrêtera d' causer quand il aura soif ?

—   Bon ça va, entrez, vous avez de la chance, je suis dans un bon jour. !

Fernand avait fait son sketch, la ronde de verres pouvait continuer. Les invités avaient toujours l'air, il finirait bien par s'y faire à moins qu'il ne soit ivre avant.

Encore un verre et il oublierait les malheurs du monde. Tout cela était nouveau. Depuis le jour où Arthur s'était décidé à quitter sa chambrette dans l'appartement parental, les fêtes n'avaient jamais eu le même relent, chez les Algériens des hôtels du 17e ou de Barbès, chez les maquereaux et pickpockets de Place de Clichy.

Là en quelque sorte c'était la fête tous les jours. Si l'on considère que la fête c'est un verre d'alcool à la main et de la musique  beuglante. Ces fêtes quotidiennes étaient d'un autre genre. Tous ces gens étaient dans le concret, dans le pire des concrets, celui de la misère en terre d'exil, de la recherche continuelle, travail, papiers.

Où qu'il pose les yeux il ne voyait chez les invités de Fernand aucun souvenir de misère. Ni sur les yeux décervelés des invités ni sur leurs mains frivoles encore moins sur leurs lèvres débiles. Leur seul souci semblait être de passer le temps en évitant de penser à quoi que ce soit de sérieux, du labial sans connotation sociale.

« Putain de fête ! » Il se sentait se dissoudre tout à coup et la musique le pénétra sans qu'il n’y prenne garde. Sa main se mit à frémir. Il ferma les yeux et la tête lui tourna. Il tenta de se mettre debout, y parvint à peu près, rota pour la forme et se propulsa vers une place de canapé libre ; secrètement désespéré, défait, furieusement ivre.

Malgré tout Arthur arrivait en compagnie de quelques autres à assurer leur autonomie d'action au milieu des restes hautement disgracieux de l'Autonomie Parisienne et leurs projets se maintenaient et progressaient. De nombreux liens se tissaient au travers des actes des damnés de la terre, des collectifs se constituaient, évoluaient.

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