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Publié par Christian Hivert

cc3.jpgAu cœur des rebelles et des hirsutes en tout genre, la jeune Chaparov avait doublement rusé tous les gros durs du lieu, elle semblait être majeure, et elle semblait être sage et juste, timidement ricaneuse. Dans la longue traine de ses émois et de ses ennuis finissaient de décomposer les désirs des petits mâles harponnés.

Certains étaient militants, d’autres seulement noceurs, public festif de concert, la politique était mal vue par tous, il y avait tant eu d’espoirs et de promesses, mais on n’en pouvait plus d’entendre tout ces programmes, toutes ces disputes, cependant il y avait une volonté de remise en cause de toute les valeurs, de tous les codes.

Comment voyaient ils tous les étapes de cette nécessaire transformation sociale à laquelle ils aspiraient, visualisaient ils tous cette guerre civile, ces bruits, ces fureurs, ces massacres, Arthur voulait un monde juste mais sans fureur ni massacre, cela semblait impossible, mais il fallait bien soutenir, être solidaires, en accord ?

 Pour Arthur, lutter c'était réfléchir sur la nature de la société qui est proposée, imposée, sur le mode de vie où prédomine l'égoïsme, la méfiance, la violence. C'est à partir de cette réflexion que l'on pourrait déterminer le rivage vers lequel se rendre. Lutter pour retrouver sa véritable dimension de fraternité, de souci de l'autre.

Lutter pour s'organiser contre les mercenaires de la société (police, justice, armée, etc.). Lutter en donnant de soi pour l'unité et l’harmonie. Lutter est encore le meilleur moyen pour durer, pour reconstruire en soi ce que la société bourgeoise a voulu briser. Lutter est le chemin le plus sûr pour éviter de retrouver toute sa vie la prison.

La France a créé des zones dans lesquelles les problèmes semblent s’accumuler : problèmes d’habitat, de coexistence, de scolarisation, d’accession au travail. Certaines de ces cités apparaissent, si ce n’est comme des ghettos, du moins comme des espaces de relégation ; les Punks eux se rebiffaient, issus de ces cités et banlieues.

Personne n’oserait nier aujourd’hui l’existence d’un mal-vivre social des grands ensembles, ces zones de guerre. La cité est perçue comme un espace de réclusion. De nombreux jeunes de ces cités, en plus des différences intergénérationnelles classiques, se sentent exclus de la société, les Punks feraient des émules.

 Ces jeunes se voyaient de plus en plus enfermés entre les murs de leur cité sans véritable espoir de faire partie intégrante un jour de la société française. Ils avaient le sentiment d’un enfermement, sans barreaux certes, mais réel, un sentiment de mise à distance, que rien ne fonctionnera jamais pour eux, oubliés à jamais.

Alors toute tentative de rencontre d'un autre inconnu d'eux était une agression à laquelle ils répondaient durement et hargneusement. Pourtant il ne saurait y avoir aucun changement social d'importance sans qu'ils n'y soient associés, Arthur sentait une grosse difficulté, ces cités semblaient immenses, immuables, hors-là.

Des valeurs et des comportements culturels originaux y apparaissaient créant une nouvelle identité s’exprimant à travers une langue des cités, le caillera, sorte d’argot contemporain. Ce langage était un moyen de s’opposer à l’ordre établi et à l’autre qui les excluait, les jeunes Punks avaient presque le même, celui des Apaches.

Pour Arthur il n'était pas possible que cela ne puisse pas se produire massivement sur terre : un jour chacun comprendrait l'inutilité des haines et des massacres, chacun protègerait chacun des risques des violences ; il ne pourrait plus y avoir de guerre, les intérêts y conduisant seraient prohibés, traqués, empêchés de nuire.

Arthur pensait que la planète et sa population la plus remuante étaient de taille à satisfaire les besoins de tous ; les richesses accumulées étaient suffisantes pour autoriser des destins harmonieux à tous. C'était le sens de cette vie dont l'humain semblait être le développement le plus abouti et le plus barbare de tous les temps.

Au lieu de cela jamais la réplique de Georg Büchner n'était plus juste : Il nous manque quelque chose, je n'ai pas de nom pour le nommer. Mais nous ne le trouverons pas en nous fouillant dans les entrailles les uns des autres.  Arthur était en quête de solutions pour l'humanité, sa planète, source des vies et souffrances.

Alors Chaparov guettait le mâle en tout genre et supputait ses chances de l’abaisser à sa convenance enjouée de souveraine des séductions, et l’amener à se contenter d’une envie frustrée et d’une trahison affective, elle rayonnait parfois, calculant chacun de ses coups, comme autant de main maitresse aux cartes, protégés.

Et Gina un peu plus âgée et débonnaire alimentait journellement ses catalogues de genres humains, masculins notamment, on peut dire qu’elles disgraciaient le mâle, en rigolaient, c’était là leur forme de féminisme, un sexisme d’un nouveau genre aux finesses coupantes et au cynisme cultivé, Gina pourtant avait bon cœur.

Mais Chaparov parfois n’était plus sous le couvert de sa grande pote Gina – elle n’étaient pas encore apparue dans les journée à peine réchauffées des rues ombreuses du Bas-Montreuil – lors elle tentait quelques approches d’Arthur, feignant de s’intéresser aux affaires en cours, en réalité n’y comprenant rien, se rapprochait.

Mais lui, ce Arthur là, elle avait une certaine confiance en lui, il fédérait les confiances de beaucoup, alors parfois elle se confiait, elle mettait un  peu de rigolade au milieu de son sérieux militant, Arthur aimait bien ces moments, des petites récréations, il appréciait aussi d’être moins durement jugé que les autres petits mâles.

 

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