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Publié par Christian Hivert


Photo 28


Arrêtons le massacre !

Je t'ai vu dans ta robe à carreaux et tu m'as ignoré

Tu lui as tendu la main et il t'a méprisé

Il nous a accueilli chaleureusement et nous l'avons massacré

Nous vous avons retenu l'espoir et vous nous avez emprisonné la vie

Vous les avez aimé plus que vous même et ils vous ont craché au nez

Ils m'ont sourit et je ne les ai pas compris.

 

Conjugaison cinglante, l'instinct de conservation ne devait pas accepter de servir d'alibi funeste à tous nos renoncements. Et y'en a marre. Oui, très franchement il y en a marre de juger, jauger, agresser, dépouiller, accabler, soupeser, se méfier. Le monde est méchant, es-tu le monde ?


L'autre t'en veux, c'est sûr il va te découper, te voler, te dominer, te marcher sur les pieds, te réduire, t'énerver quoi, en gros. Bon, et alors ? As-tu essayé autre chose ? Bientôt lorsqu'il fera trop chaud sur le sable, on déclarera la guerre au soleil. Nous en avons les moyens!


Elle est chouette ta vie, je t'envie, au moins on s'ennuie pas. Toujours parer, riposter ! Quelle passionnante aventure ! Et le jazz rythmait son inspiration molle. Et que vouliez vous donc qu'il fit, il se sentait agressé dans ses fondements même, comme s'il avait trouvé ses consonances internes et son amour propre en palissait !


A l'envie de penser n'importe quoi se succédait le désir d'analyser ce n'importe quoi. Car n'importe quoi ne sort pas de nulle part.


Il y a toujours une origine qui ressemble à quelque chose et l'expression même de ces formulations décousues est emplie de sens ramifié, se relie à la profondeur de la macération trépidante de l'individu ci-présenté comme écoutant du jazz.

 

Une respiration haletante passa devant ses yeux, un blême tentait de courir ses chances à perdre haleine.


Il se la jouerait lui, à l'ennui frelaté, et cette petite machiste qui s'invitait dans ses limbes à chaque moment, furtive et espiègle, sans s'annoncer, poussant toutes les portes avec la plus totale des sans gênes et fermant les siennes comme des paupières alourdies par le sommeil et l'oubli.


S'imposant, maîtresse et fière, dominatrice sans pouvoir. La cérémonie était la sienne, le décor était le sien.

 

Et le simulacre de la crédibilité ! Dans l'enfance d'une envie d'être écouté et vu, que le monde t'observe et que tu sois beau !


Et ils avaient tous ri de son coeur naïf et de sa générosité blessée quand, vivement, dans une impulsion, il avait pris la main de Safia. Safia, en jeune fille prude avait retiré sa main bien évidement. Elle était assise sur le sofa et avait éclaté de rire avec les autres. Safia était douce et très gentille, jolie, une sacrée jeune fille.


Cela faisait six mois qu'elle était là, transportée par Air trottoir, le direct Alger Pigalle. Elle s'était choisi le roi des proxénètes, une femme là-bas, une femme ici, la langue dans l'oreille du commissaire de quartier, le larf rempli par l'ambassade, son nez dans le trou de balle de la sécurité militaire, les couilles en plomb, un homme quoi !


Et Safia qui était gentille n'aspirait qu'à être la meilleure gagneuse de Mouloud, la plus cajolée, celle qui lui ferait oublier toutes les autres, qui le ferait beau, riche, intelligent, élégant, bourgeois quoi ! Bien sûr ça commençait miteux mais bientôt elle serait la reine des putes, elles sont toutes reines, et ferait cracher tous les hommes au bassinet, se ferait couvrir d'or pour mieux s'offrir à son bel amant.


En récompense, un jour, il saurait la faire jouir pour sûr, il savait être tellement tendre, attentif, courtois. Même quand il la battait et qu'elle pleurait, qu'il l'insultait et l'humiliait, il avait la classe, ce je ne sais quoi qui fait que l'on pardonne, et que l'on y retourne, se faire tripoter, baver dessus, rentrer dedans le coeur gros, avec pour motivation juste l'espoir d'un sourire maître du jeu, à moitié cynique.


Que c'est beau l'amour ! Au moins il s'intéressait à elle, elle lui rendait compte de toute sa vie à la seconde et au centime prêt. Qui eût fait cela pour elle, sinon lui ! Et ce qui virevoltait devant sa bouche, qu'était-ce, ce désir avide, mouche avisée, stupidité organisée ?


Ses yeux bientôt allaient pisser les meurtrissures avivées de son coeur.


Quand l'horizon est plat, la température est morne, l'envie indistincte, le désir s'endort comme un pétale de nuit, le seul véritable repos te prend dans ses bras et t'apaise, en harmonie avec le grand agencement fluide des choses de l'univers, le vent sidéral et les chutes de potentiel entre atomes


. Comme une prière d'enfant. Petit plaisir et grande cérémonie.


La main sur la queue de Mouloud, joue contre épaule, main dans la main, elle s'endormit.

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