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Publié par Christian Hivert

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WSWS : Nouvelles et analyses : Etats-Unis

Obama, le soldat Manning et les droits humains

Par Barry Grey
17 mars 2011

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Alors même que les Etats-Unis prêchent au monde le caractère sacré des droits humains – pour dissimuler leurs tentatives de maintenir des dictatures assiégées en Egypte, au Yémen ainsi qu’au Barheïn et installer un nouveau régime client en Libye – le président Barack Obama soutient la torture d’un citoyen américain aux Etats-Unis mêmes.

Le porte-parole du département d’Etat américain, P. J. Crowley, est une victime de la détermination d’Obama à défendre les mauvais traitements sadiques infligés par le Pentagone au soldat Bradley Manning. Crowley, responsable de longue date des relations publiques du gouvernement, a été contraint de démissionner dimanche pour avoir publiquement critiqué le traitement militaire infligé au spécialiste du renseignement de l’armée, âgé de 23 ans, qui est accusé d’avoir divulgué des documents à WikiLeaks.

Jeudi dernier, s’adressant à un petit comité à l’Institut de technologie du Massachusetts, Crowley a été interrogé sur le traitement de Manning, traitement décrit par la personne posant la question  comme l’armée « torturant un prisonnier dans une prison militaire ». Crowley, qui a joué un rôle de premier plan dans la chasse aux sorcières du gouvernement américain contre WikiLeaks et son cofondateur Julian Assange, a défendu l’incarcération de Manning mais a dit que son traitement était « ridicule, contre-productif et stupide. »

Crowley réagissait à des protestations internationales grandissantes concernant le traitement de Manning, dont des dénonciations par Amnesty International et d’autres groupes de défense de droits humains et le lancement d’une enquête officielle par les Nations unies.

Vendredi, lors de la conférence de presse à la Maison Blanche, Obama a été questionné sur les remarques de Crowley et a répondu en défendant le mauvais traitement de Manning – qui est détenu dans des conditions de sécurité maximale et pratiquement confiné à l’isolement, enfermé dans sa cellule 23 heures par jour, gardé sous surveillance 24 heures par jour et privé de ses vêtements la nuit et ne disposant que d’un accès des plus restreints à du matériel de lecture. Au début du mois et pendant plus d’une semaine, il avait été forcé de se présenter à l’appel du matin, devant sa cellule, complètement nu.

Manning est emprisonné dans une prison de l’armée à Quantico, base de marines en Virginie, où il endure ces conditions depuis près de 8 mois. Il attend d’être traduit devant la cour martiale sans avoir été ni jugé ni condamné pour un quelconque délit. Son traitement cruel est censé briser son moral pour l’obliger à fournir des preuves contre WikiLeaks et Assange.

Lors de la conférence de presse, Obama a nié les critiques de Crowley en disant qu’il avait reçu des garanties du Pentagone que « les conditions de détention [de Manning] étaient appropriées et qu’elles respectaient nos normes élémentaires. »

Dans sa lettre de démission, Crowley n’a pas retiré ses commentaires relatifs au traitement de Manning. Au contraire, il a écrit : « L’exercice du pouvoir en ces temps difficiles et dans un environnement médiatique implacable doit être avisé et en cohérence avec nos lois et nos valeurs. » Ceci frise l'accusation que le traitement de Manning est illégal.

Le « délit » dont Manning est accusé est la divulgation de preuves de crimes de guerre commis par les Etats-Unis en Afghanistan et en Irak et de dépêches classifiées du Département d’Etat révélant au grand jour les intrigues américaines tissées dans le monde entier. Manning, jeune homme courageux et défendant des principes, est en train d'être torturé par de véritables criminels – ceux qui sont responsables de crimes massifs contre les populations d’Afghanistan, d’Irak et d’autres pays.

Le gouvernement Obama a, au cours de ces deux dernières semaines, intensifié la persécution de Manning en prononçant de nouveaux chefs d’accusation contre lui, dont celui de « collusion avec l’ennemi, » qui est passible de la peine de mort.

La semaine passée, Manning a adressé une lettre de 11 pages aux autorités de la prison de l’armée, réitérant sa demande de lui retirer le statut de haute sécurité et de Prevention of Injury (POI), un terme qui permet à ses geôliers de restreindre sa liberté de mouvement et de le soumettre à des conditions humiliantes et punitives – dont dormir sans oreiller et sans draps, être fréquemment réveillé la nuit et empêché de dormir durant la journée.

Dans une lettre, Manning a documenté le fait que le psychiatre de la prison militaire avait à plusieurs reprises demandé à ce qu’on lui retire le statut de POI, mais que sa demande avait été ignorée par les autorités. En plus d’avoir détaillé les instances de harcèlement de la part des gardiens, Manning a indiqué que les détenus restaient normalement moins de deux semaines en haute sécurité et qu’il était le seul détenu de la prison à être actuellement détenu dans ces conditions.

Le soutien d’Obama pour la torture de Manning coïncide avec l’ordre qu’il a donné la semaine passée de revenir sur sa promesse antérieure de fermeture du camp de prisonniers de Guantanamo et d’y réactiver au contraire les tribunaux militaires. Obama a aussi émis un décret présidentiel consolidant et institutionnalisant la détention à perpétuité sans jugement de 48 détenus à Guantanamo.

Obama et le gouvernement des Etats-Unis ne sont pas en position de faire la leçon à qui que ce soit en matière de droits humains et de démocratie. Après avoir remporté les élections en se présentant comme un adversaire de la politique belliciste de Bush et des attaques contre les droits démocratiques, Obama a poursuivi et étendu toutes les agences de l’Etat policier et les mesures instaurées par son prédécesseur.

Il a rejeté toute poursuite des responsables de Bush qui ont autorisé la torture et il a continué la « restitution » (« rendering ») de soi-disant terroristes aux pays étrangers pour interrogation et torture. Il a évoqué des « secrets d’Etat » pour bloquer l’accès aux tribunaux aux victimes de torture et d’espionnage aux Etats-Unis, il a étendu « l’assassinat ciblé » aux insurgés au Pakistan et ailleurs, il a ordonné l’assassinat d’au moins un citoyen américain, et il a maintenu le « droit » du président d’emprisonner unilatéralement toute personne qu’il déclare être un « combattant ennemi illégal. » Il a maintenu toute la panoplie des lois d’Etat policier et de structures, du Patriot Act [loi d’exception anti-terroriste] au Homeland Security Department [Département de la sécurité intérieure] en passant par le Northern Command [Commandement Nord américain, NORTHCOM].

Cette politique fait partie de l’expansion de la guerre en Afghanistan et de l’intensification des attaques contre les programmes sociaux et le niveau de vie de la classe ouvrière. Elle définit un gouvernement droitier qui, pour l’essentiel, est la continuation du gouvernement détesté de Bush.

Avec toute la batterie de lois anti-ouvrières faisant leur chemin dans les gouvernements des Etats de tout le pays – des lois privant les travailleur du droit de négociation salariale, proscrivant les grèves et, dans certains cas, interdisant aux travailleurs toute action politique – l’assaut contre les droits démocratiques de cette dernière décennie vient s’ajouter à la déclaration de guerre de la classe dirigeante américaine contre le niveau de vie de la classe ouvrière. Obama reste pratiquement silencieux tandis que les Républicains sont le fer de lance d’une poussée visant à criminaliser toute forme de résistance collective des travailleurs.

Les Démocrates et les Républicains ont des désaccords quant aux syndicats – les premiers préconisent de les utiliser pour imposer des attaques contre les travailleurs tandis que les derniers cherchent à les marginaliser – mais tous deux ont le même objectif, celui de supprimer la lutte de la classe ouvrière et de faire replonger les conditions des travailleurs à leur niveau du 19e siècle.

C’est le gouvernement Obama, après tout, avec l’aide du syndicat des travailleurs de l’automobile (United Auto Workers Union, UAWU) qui a imposé une interdiction de faire grève pendant cinq ans comme partie intégrante de la faillite forcée de General Motors et de Ford.

La défense par Obama de la torture du soldat Manning et l’attaque contre les droits et les conditions des travailleurs sur le plan national sont étroitement liées. Le développement de l’infrastructure d’un Etat policier sous l’égide des deux grands partis patronaux est la préparation pour le recours à la violence d’Etat face aux luttes montantes de la classe ouvrière américaine.

 

(Article original paru le 15 mars 2011)

 

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