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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

IMGP3811.JPGLES CHEVALIERS IVRES :

 

 

 

LIVRE 2

 

 

 

DESTIN MAJEUR

 

 

 

 

 

 

Roman contemporain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avertissement

 

 

 

 

Il est toujours utile de préciser lorsque l'on utilise le mot de roman qu'il s'agit d'œuvre de fiction et que les personnages sont vrais puisqu'ils ont tous été inventés pour animer cette fiction.

 

Si toutefois quelque personne physique vivant sur Terre à l'époque contemporaine à cette histoire se reconnaissait dans ces lignes, il ne pourrait absolument s'agir que d'une forfanterie de sa part.

 

Aucune personne vivante fréquentée par l'auteur n'ayant jamais eut, mais jamais hélas, l'étoffe ou l'aura de pouvoir prétendre le moins du monde être un personnage de roman.

 

Certains faits bien évidemment sont imaginés à partir de quelqu'aventure marginale et néanmoins relatée et commentée par voie de presse à l'époque où se situe l'action racontée.

 

Bien que l'aventure du collectif U.S.I.N.E. de Montreuil, du Comité des Mal Logés et des squatters parisiens des années 80 du siècle passé soient de nature historique, les évènements décrits ne sont que fiction.

 

Utilisation Subversive des Intérêts Nuisibles aux Espaces

 

 

 

 

CHAPITRE I       Saint Denis

 

 

 

 

    Arthur se calma, se décontracta. Tout ceci n'avait aucune importance. Il était inutile de paniquer. Tout devait se passer naturellement comme si de rien n'était, comme s'il s'agissait simplement de grimper les marches d'un solide escalier de pierre de taille et non un pur équilibre.

   Tu viens souvent aux réunions publiques du R.P.R. ?

   Non, pas vraiment, je ne vais pas souvent aux réunions politiques de toute façon, et quand j'y vais, ce sont plutôt celles de l'autre bord, à la gauche de la gauche.

   Ah, voilà, tu avais l'air un peu perdu, qu’est-ce que tu en penses ?

     Ils se frayèrent un chemin à travers la cohue agglutinée. L’homme du film continuait à faire de grands gestes d'approbation. Avant de quitter la salle il se retourna et jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule du militant avec lequel il venait de lier connaissance. L'orateur s'exténuait toujours.

   Il donnait certains signes de fatigue. Il était en sueur maintenant. Son état allait en empirant et nécessiterait des soins urgents avant peu. On n'entendait toujours rien de ce qu'il racontait. Il allait bientôt être lui aussi complètement déshydraté et il faudrait faire venir un nouveau tuyau d'arrosage.

    Puis il rit et se traita d'imbécile. Il n'y aurait qu'à remettre le film en marche et se placer la tête sous le robinet. L’homme avait bu son content et ne dirait sûrement rien. Enfin ils se trouvèrent à l'air libre. Le militant se retournait toujours sur lui pour lui expliquer toutes choses. Ils cheminaient.

    Puis tout à coup un petit cimetière leur apparut où il y avait un léger attroupement. Ils s’approchèrent comme glissant sur une ouate feutrée, des bribes de voix frémissaient dans l’air frais. Une vieille femme se tenait courbée, geignant, soufflant, reniflant. Elle avait un grand sac vraiment lourd.

    Elle s'éloignait d’un tombeau mortuaire ouvert que des ouvriers maçons s'apprêtaient à refermer. Un murmure de désapprobation vindicative parcourut l'assemblée tandis que la vieille tout en continuant à maugréer et à gémir avançait courbée, se lamentant, halant son sac.

    Le militant se retourna et lui dit :

   C'est la comtesse, les socialos ont dit que c'était un privilège qu'elle ait enterré ses morts ici, ils lui ont donné un délai pour les enlever, c'était le dernier jour aujourd'hui.

Il était abasourdi par ce qu'il venait d'entendre. Quelle époque était-ce, où était-il ?

    Un vieux type avec une casquette en velours sur le crâne et un mégot jaunâtre éteint au bec, branlant le chef tout emplit de commisération et l'œil humide, murmura :

   C'est quand même ben des saligauds, les v'là qui nous piquent même la terre de nos disparus, sang d' fumiers, salauds.

    Le militant reprit :

   Y avait son mari mort en Algérie et son fils tué au Liban l'an passé, famille de militaires.

    Juste à ce moment-là le sac en plastic noir, ne résistant pas à l'action déchirante des graviers sur lesquels il était tiré, laissa échapper son contenu macabre en grappe d’os.

     Une onde de dégoût parcourut l'azur éclatant de cette soirée de printemps suivie d'un frisson de curiosité morbide et d'une clameur de gens faussement horrifiés et trouvant avec une joie primitive le prétexte d'expulser leur haine :

   Il faut faire quelque chose.

   Faut pas laisser passer ça, chef.

   Chef, c'est p'tet’ le moment d'agir.

     Une femme se mit à strider :

   Où sont les hommes, c'est une honte.

     Un type, l'air important, s'avança le ventre en avant, un brassard tricolore au bras, la voix grasse et profonde :

   Allons, calmez-vous, c'est pas not' faute tout ça, et puis on ne peut rien faire.

 

   On fera passer une pétition tout à l'heure, pour leur faire avoir la médaille, allez.

      L'hystérie hurlante devint vague exaltée puis ressac aventureux, puis silence déterré du cimetière. La vieille femme se désolait en regardant son sac éventré et les restes miasmatiques de ce que fût son mari.

   Comment j'vais faire, j'ai amené que deux sacs et y a le fils à prendre, oh, là, là comment j'vais faire ?

    Son regard perdu, tourné vers l'assistance, elle pleurait. L’assistance assistait et ne l'aidait point. Le militant se détourna et l'entraîna dans son sillage. Ils tournèrent le dos à la scène.

     Arthur se mit à penser que ce n'était pas là des gens bien dangereux, pas assez solidaires entre eux. ­­­Tout comme chez nous! Ajoutait-il dans sa tête et il se mit à sourire. Il faisait soleil et des groupes de personnes commençaient à sortir de la salle de réunion. Ils dialoguaient avec animation.

    Ils marchaient lentement, se cherchant, se séparant, se rattrapant, se rapprochant, dansant une valse superflue pour le libre écoulement des arguments réciproques ou nécessaire à leur élaboration. Devant eux s'étendaient de grandes rangées de tables en bois sculpté avec des dorures à l'or fin.

      Le dessus des tables était en cuir teinté soit de vert soit de rouge. Tout autour de ces tables des chaises au velours haut de gamme étaient disposées. Le tout formait un réfectoire de luxe en plein air. Ils approchèrent de cette exposition de salles à manger princières déconcertés et curieux.

  Ils devaient quitter le gravier du cimetière et poser les pieds sur un tapis de mousse verte ou de fin gazon. Le militant se retourna une fois encore et dit :

   C'est de l'art chinois, une prise de guerre de l'été dernier, ils sont en vente, pour les frais, en attendant ils nous servent pour pique-niquer.

   Purée, il doit y en avoir pour un paquet de blé. calcula Arthur, abasourdi.

   C'est dément, ils s'en servent pour casse croûter, de vraies brutes, une prise de guerre, profit, profit, que de nobles sentiments patriotiques suscites-tu ?

Un bon rayon de soleil lui réchauffait le nez jusqu'aux sourcils.

*/*

Arthur se tenait au deuxième étage d'U.S.I.N.E., tel un capitaine à la proue de son navire, tentant de saisir les humeurs de son équipage, les sens des vents. Les squatteurs avaient été particulièrement squattés. Dès le départ deux conceptions rivales s'étaient rudement affrontées.

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