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Publié par Christian Hivert

decouverte_des_camps.jpgLe livre noir du capitalisme
 
Au siècle dernier, nombreux étaient ceux qui avaient la vision d’un capitalisme "anthropophage". Vallès affirmait déjà que "le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l’huile d’homme ". Mais cette prise de conscience ne permit pas de freiner l’explosion de la machine capitaliste, si bien que, aujourd’hui encore, "on meurt pour les industriels" (Anatole France). Il est donc important de mesurer la réalité de l’anthropophagie capitaliste, et c’est ce que se proposent de faire, dans cet ouvrage, des historiens et des essayistes, qui apportent chacun leur contribution à l’étude de la dimension criminelle du capitalisme.Remontant jusqu’au XVème siècle, ils étudient la mise en place du piège capitaliste.
Les conditions favorables au capitalisme commencent à se réaliser dès la fin du XIVème siècle en Angleterre : la "libération de la main d’œuvre" jette sur les routes des milliers de paysans : les premiers chômeurs. Puis se réalisent l’extension et la généralisation des rapports marchands, avec la colonisation du continent américain, et son cortège d’extermination d’amérindiens. Enfin vit le jour la première entreprise capitaliste, la plantation sucrière ; bilan : 15 millions d’Africains déportés. Le piège capitaliste se tourna ensuite vers l’est, vers l’Inde, l’Indonésie, pour ruiner les artisans et provoquer les famines des plus meurtrières : 26 millions de morts entre 1875 et 1900 en Inde. Le capitalisme, par la voie du colonialisme, pouvait désormais s’implanter en Asie et en Amérique, ayant déjà provoqué le retour en arrière du développement en Afrique d’un millénaire (apparition de la polygamie suite à la saignée humaine de l’esclavagisme, destruction de villages, fuite des populations vers les terres intérieures, plus pauvres), et la paupérisation de milliers de paysans en Europe.

 

Ce début tragique pose problème dès lors que l’on se trouve confronté à cette idée véhiculée tous azimuts stipulant que le capitalisme, c’est "le monde libre" ! Beau monde libre en vérité que celui où la liberté d’expression est admise, mais où les principaux médias sont entre les mains de groupes industriels ou financiers, créant une marginalisation de fait du discours "inadmissible". Un monde où la publicité envahit désormais l’enseignement, la culture, les médias, le sport, avec derrière elle des firmes qui foulent aux pieds l’environnement, instrumentalisent la politique, ancrent des stéréotypes dans les cerveaux, et excluent de son champ, " comme dans le régime nazi, les déviants du modèle ", les "losers". Enfin, dans ce monde de libéralisme, la répression règne : répression policière (cas de Mumia Abu Jamal), syndicale (1936 en France), et politique (mai 1968 en France). Par souci de vérité, Maurice Cury propose de parler de libéralisme, certes… Mais de "libéralisme totalitaire".

Les moteurs du libéralisme totalitaire sont la guerre et la course aux armements, dont les consécrations suprêmes furent les deux guerres mondiales. En 1914, l’industrie européenne de l’armement s’accroît dans tous les futurs pays belligérants : "en 1914, le capitalisme a montré, en précipitant les peuples les uns contre les autres, les limites de sa capacité civilisatrice ". Bilan : 11 500 morts et 13 000 blessés par jour pendant trois ans et demi. Le capitalisme "porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage", selon Jaures, et, "pour en rester à la deuxième guerre mondiale, il est incontestable que le capitalisme fasciste en fut l’origine". De nombreux autres conflits sont étudiés par les auteurs. Il y a d’abord les conflits sociaux : de la Commune où les bourgeois parisiens reçurent le soutien des Prussiens pour massacrer les communards, à la répression sanglante des canuts lyonnais, un seul cri : " tirez, ce ne sont que des ouvriers ". Il y a aussi les conflits internationaux, de la guerre du Vietnam, du Golfe, d’Algérie ; les conflits coloniaux, en Afrique et en Palestine. Enfin, les auteurs étudient les interventions meurtrières des états capitalistes, en URSS déjà de 1918 à 1920. Puis les nombreuses interventions américaines en Amérique Latine. Les massacres des communistes indonésiens dans les années soixante, ou celui des Timorais plus récemment : "la preuve est bien établie que le capitalisme, quand il y va de ses intérêts, n’hésite pas un instant à soutenir un criminel de guerre contre l’humanité. "

Les auteurs s'efforcent enfin de prévoir – ou de nous présenter – les conséquences du capitalisme. Il y a d’abord la terrible saignée humaine qu’il ne cesse d’engendrer depuis ses premiers pas, et dont les auteurs tentent de dresser un tableau à la fin de l’ouvrage. Mais il y a aussi cette triste réalité : " la nouvelle colonisation", soit le pouvoir de l’entreprise monopoliste sous l’étendard de la mondialisation, qui impose ses vues aux Etats pauvres, surendettés, ou aux pays dits émergents. Ces entreprises, pour l’essentiel installées dans les vieilles nations industrielles de l’hémisphère nord, n’agissent pas seules mais de concert avec les armées des pays sous-développés.

Philippe Paraire parle dans son article des "morts-vivants de la mondialisation", et un autre auteur affirme que les "banquiers suisses tuent sans mitrailleuses". Nous savons aussi désormais qu’un cartel pharmaceutique peut tuer en Afrique des centaines de milliers de séropositifs et plus efficacement que n’importe quelle armée régulière. Les "Etats scélérats", comme les entreprises scélérates, ne sont pas ceux que Bush désigne, lui qui est le dirigeant du plus grand Etat scélérat. L’adversaire, c’est le système capitaliste dans son ensemble, tout comme ses représentants, ses piliers, l’Amérique du Nord, l’Europe, le Japon, qui dominent l’économie mondiale et assujettissent les autres pays… "Voilà l’ennemi".
 
 

Marie Germanos

Le livre noir du capitalisme

Le temps des Cerises, 2001, Pantin. 15,24 €

ISBN : 2-84109-325-5

Auteurs : Gilles Perrault, Maurice Cury, Jean-Suret Canale, Philippe Paraire, Roger Bordier, Maurice Moissonnier, Claude Willard, André Devriendt, Maurice Rajsfus, Jean-Pierre Fléchard, Pierre Durand, François Delpla, Maurice Buttin, François Derivery, Jacques Jurquet, Subhi Toma, André Prenant, François Arzalier, Paco Peña, Robert Pac, Jean Laïlle, Yves Grenet, Caroline Andréani, François Chesnais, Jean Ziegler, Yves Frémion, Monique et Roland Weyl

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