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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

fs

 

Arthur aussi avait erré dans la ville, son décrochage avait atteint les zones profondes de son psychisme, et sa perception de la réalité s'était augmentée d'une série de délires angoissés, sa douleur intérieure était telle que c'était comme un effervescent puissant lui chatouillant tous les neurones.

Arthur captait des messages venus d'étoiles lointaines, conversait avec les poteaux téléphoniques dans les lointaines campagnes terreuses, recevait des signes à déchiffrer et à transmettre au plus grand nombre, il était perdu d'angoisse, ayant sauté dans le bain sans savoir nager, et devoir avancer.

Puis la crise de panique existentielle s'était calmée, Pierre Selos avait été à nouveau d'une aide efficace, Arthur avait eu l'impression de sortir d'un noir tunnel engluant, il se souvenait de tous ses délires, toutes ses fièvres, émergeant comme suite à une longue maladie.  

 Fait quelque chose de ta souffrance, construit. Et puis il faut retrouver ta confiance, la confiance est une attitude fondamentale dans la vie. Elle nous permet de créer un état de détente, de bien-être, et surtout, d’envisager la vie avec optimisme, même si le monde est un désastre. Cette attitude de base n’apparaît pas soudainement, il faut la construire. Elle se construit graduellement au fil des années à travers des relations d’attachement et des expériences significatives. Autant chez l’adulte que chez l’enfant, elle varie au cours de l’existence avec des progressions subites et des régressions temporaires, il faut la faire progresser. Le noyau archaïque de l’estime de soi prend justement sa source dans des relations d’attachements qui suscitent un sentiment de confiance…

Pierre était un peu pédagogue et beaucoup psychologue. Arthur était devenu un marginal rebelle un peu foufou, un autonome sans convictions ni programme.

Pierre sans doute du temps de sa courte carrière dans la chanson Française avait du croire à certaines utopies au moment où dans les années 70, les idéaux soixante-huitards sombrèrent dans un militantisme magouilleur ou un babacoolisme nauséeux. Plus d'un s'en dégoûtèrent, les autres finirent leurs études.

La crise, comme une parade à Mai 68, donna le coup de grâce, et en convainquit plus d'un de choisir le sens de la progression sociale et à la mise à l'abri dans l'environnement professionnel le plus élevé possible pour se tenir à l'écart de cette populace de travailleurs pauvres et bientôt précaires.

Pierre et d'autres faisaient régulièrement le choix inverse, le choix des qualités de vie hors le monde marchand. Il fallait se débrouiller, c'était fait de roublardises et de grosses rigolades, de solidarités et d'empathies fortes, de souvenirs puissants, de déroulements surprenants, d'aboutissements inattendus.

Pour Arthur le développement d'U.S.I.N.E. correspondait à l'un de ces déroulements inattendus, et cela lui semblait être dans le prolongement de tout ce que son adolescence avait pu conserver da sa rencontre structurante avec Pierre Selos, c'était la même critique globale, pas les mêmes gens.

Arthur et tous ces compagnons punk, anarchistes et autonomes se sentaient être la relève, la continuation et la rénovation de la révolte légitime et de sa culture, il fallait changer le monde et le mental humain, l'homme ne devait plus être un loup pour l'homme, le communisme devait se vivre maintenant.

C'était tout un mouvement dont les bataillons égosillés et tapageurs de la salle de défouloir du squat U.S.I.N.E. n'étaient qu'une partie visible, une foison de fanzines tout juste ronéotés pour la plupart, les débuts de beaucoup de groupes Punk-Rock, ska, dub et autres qui deviendront célèbres par la suite.

 .Les fanzines défendaient des positions politiques, l'un d'eux se déclarait Pour une presse libre, c'est-à-dire libérée des contingences commerciales et culturelles, nous n'aurons pas, dans cette revue, l'hypocrisie de cacher nos convictions, nous nous référons en effet à une idéologie : l'anarchisme. Cependant, les sujets traités concerneront plus particulièrement la culture dans laquelle nous (et beaucoup d'entre vous sans doute) baignons : celui du bouillon de culture underground. Que ce soit celui du rock, de la BD, de la SF, du roman noir, du graphisme, sous toutes les formes... Ce qui ne nous empêchera pas de traiter, sous un angle différent, des sujets historiques ou ayant trait à l'actualité... Une culture souterraine existe tant bien que mal au milieu du show-business et des marchands ; nous voulons la défendre, la développer, la communiquer, la partager et l'échanger. Faire son fanzine c'est construire son combat punk, engagé dès son entrée en punkitude : Etre punk n'était plus le fruit d'une longue réflexion mais plutôt quelque chose de viscéral. Ma punkitude je l'ai pleinement assumée dans la vie de tous les jours, travail compris, marchant vers l'Autonomie. L'Alternatif demeure fort de tous les individus qui œuvrent dans l'ombre. (...) Après la révérence de Bérurier Noir, les médias et Big Brother vont devoir se tourner ailleurs et laisser l'alternatif poursuivre son travail de fond à l'abri des regards cupides et indiscrets, l'alternatif est l'autonomie. La finalité n'est pas de vivre de l'alternatif mais de le réaliser sur des bases durables et sérieuses tant au niveau social, économique et politique. Beaucoup de travail en perspective, mais en espérant qu'un jour le soleil noir ne brillera pas que dans nos têtes.  Notre kultur est rebelle. Et dislexique. Elle rassemble au delà des frontières... punk alors ? Oui mais ni le punk de ces faux rebelles d'avant hier devenus les exploiteurs d'aujourd'hui, ni le punk looké docs et crête. Oui si le punk signifie attitude novatrice, façon de penser et de vivre en rupture avec le système habituel (show-biz, presse). Oui notre fanzine est politisé car dans notre société qui elle-même l'est, nous ne manquons pas de sujets pour réagir et faire réagir. (...) Nous ne visons d'ailleurs pas un public en particulier mais des gens de tous horizons pouvant se retrouver dans un certain état d'esprit de lutte et de quête d'autonomie. Notre punk rock est radical, nous le considérons comme un instrument du changement social. Il nous faut inventer, trouver de nouvelles alternatives aux sociétés capitalistes et celles dites communistes, mais capitalistes d'état. Les messages et luttes anti autoritaires sont toujours les mêmes. Tous les anti : antifasciste, antiraciste, antisexiste, antivivisectionniste, antimilititariste. Moins d'apathie, plus de speed, plus d'autogestion! On veut se donner les moyens de ce changement, s'auto organiser! Il faut se réveiller. 1984 c'est de surcroît l'année du roman de George Orwell. Aujourd'hui, quelques voix se font entendre, d'autres alternatives ont repris la relève, ont repris la voix des dissidents de l'Ouest : radios vraiment libres, squats, fanzines, punks, anars, pacifistes, etc. Parce qu'il y en a toujours, et c'est heureux, qui ne veulent pas attendre 10 000 ans pour qu'on ait tout. 1984, on s'attendait à un 1984 à la Orwell, système totalitaire et Big Brother qui cause dans le poste, et puis, l'année est passée, moins pire  qu'on aurait pu croire, pourtant... Les contestataires se raréfient ; les prolos, conditionnés par la télé, le tiercé ou les syndicats, baissent l'échine et consomment. La presse n'a plus besoin d'être muselée, elle est devenue aseptisée et aux ordres ; la contestation ne fait plus recette. Pendant ce temps, les États se renforcent... Une presse rock alternative importante émerge. Elle soutiendra abondamment Bérurier Noir, groupe phare et fort revendicatif, devenu mythique.  Quant à ceux qui veulent à tout prix nous coller une étiquette qu'ils aillent se faire foutre : les étiquettes ne peuvent servir qu'à nous cataloguer, ficher, embastiller... Les pays totalitaires disent tais-toi! Les pays démocratiques disent cause toujours…

Arthur suivait ce tumulte de loin, voulait des luttes.

Et il attendait toujours devant sa deuxième Sagres presque bue et se demandait s'il en reprenait une autre, Simon était en retard. Patienterait-il ?Arthur s'était bien imprégné, avait vu les populations les plus pauvres de la capitale aller et venir à ses occupations, faire fonctionner le petit PMU en face.

Beaucoup d'hommes apparemment célibataires et sans occupation fréquentaient bruyamment des bistrots mal éclairés, ressassaient le pays, rêvaient, se plaignaient, tous les peuples asservis et déracinés avaient là leurs plus fidèles représentants, Babel à l'horizontal des quartiers et des quartiers durant.

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