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Publié par Christian Hivert

Photo-du-43027754-12--a-11.57.jpgCela ne fut pas suffisant, Camille Salo était lui-même drivé sévèrement par des professionnels de la manipulation politique des forces résistantes, dont on ne sut jamais à quel point ils étaient francs-tireurs ou aux ordres des plus hautes autorités ; sur le terrain cela donna la même chose, quelques petits meurtres non élucidés en prime.

 Patrice qui venait les voir régulièrement depuis le début de l’aventure, en ouvrant la porte du bas se retrouva nez à nez avec une dizaine d’inspecteurs au brassard « police » rouge, venus perquisitionner. Camille Salo était au milieu d’eux, les mains liées derrière le dos, l’air assez peu faraud.

Arthur et Ricks furent les premiers debout, Arthur fut réveillé par Patrice, sentant bien qu’il aurait du vérifier avant d’ouvrir à la volée, ce qui en soit n’eut rien changé. Ricks ne dormait pas encore : il avait chahuté une partie de la nuit avec Charapov ; elle s'affala dormir sur la petite mezzanine de la chambrette de Ricks.

Les policiers furent très courtois comme si de leur côté la chose était entendue, qu’ils en connaissaient déjà les suites et les développements :

— Ne vous en faites pas, vous pourriez rester couchés, cela n’a rien à voir avec vous, cette personne nous dit habiter avec vous, nous allons visiter sa chambre, et ce sera tout.

— Euh… ah, que se passe-t-il Camille ?

— Non c’est vrai Arthur, c’est une histoire qui ne me concerne que moi, je le leur ai dit, ils m’ont dit qu’ils voulaient voir ma chambre et ce sera tout !

— Mais Messieurs, que lui reprochez-vous, que va-t-il se passer ? Pourquoi l’arrêtez-vous ?

— S’il vous plait Monsieur, retournez-vous coucher, laissez-nous faire notre travail, dans cinq minutes nous sommes partis, pour le reste nous ne pouvons rien dire, mais j’imagine que vous allez prévenir vos avocats, il n’y a donc pas de soucis.

Camille les entrainait vers la porte de sa chambrette tandis que des têtes fripées par le sommeil apparaissaient aux autres portes. Camille ouvrit le cadenas rudimentaire qu’il avait apposé à sa porte, le seul de tout le squat, quelques jours plus tôt, deux policiers entrèrent, ressortirent en ils s’en vinrent tous par l’escalier de bois.

— Vous voyez monsieur, nous sommes des rapides, n’oubliez pas de refermer derrière nous, bonne journée.

Arthur était abasourdi et ses compagnons commençaient à se réveiller, un peu furieux de la tournure du petit déjeuner :

— Dis donc Patrice ça va pas, tu ouvres aux flics et tu préviens personne !

— J’me suis fais avoir, j’étais pas réveillé, c’est Camille qui m’a parlé, je croyais qu’il était seul… j’ai pas fait gaffe… j’ai pas regardé avant…

— Bon, c’est bon les gars c’est fait de toutes façons, quelqu’un est-il au courant ? Camille était sur un coup, qui sait quelque chose ?

Personne ne savait, tout le monde avait envie de finir sa nuit, le ciel n’avait pas encore bleuit et Krad se mit à frotter le carreau de l’imposte comme chaque petit matin, effaré de voir autant de monde pour l’accueillir. Chacun y alla da sa petite théorie, sans se convaincre vraiment, cela ne ressemblait à rien de connu.

Ils n’avaient rien saccagé, n’avaient pas profité pour intimider, pas de menaces, pas d’exaction, que faisait la police ?

— Bon on verra cela tout à l’heure, s’il sort ou s’il reste en garde à vue, l’avocat ne pourra rien faire de toute façons, il faut au moins attendre vingt-quatre heures…

— Ouais… j’retourne me coucher ouam… par contre si quelqu’un à l’amabilité de m’apporter un café jusqu’à ma couche, je serais très consentant…

Il y eut quelques vannes et des éclats de rires puis une bonne odeur de café frais, quelques chuchotements et petits rires avant les respirations lourdes d’un sommeil collectivement assumé. Pour la deuxième fois deux heures plus tard de gros coups résonnèrent à la porte en ferraille :

— Ah, non, cette fois-ci je n’y vais pas…

— Laisse j’y vais, ils ont oublié leurs flingues à tout les coups…

Arthur se retrouva à parler par la fenêtre du premier à un parfait inconnu de type antillais ou africain métis ; il se dandinait d’un pied sur l’autre, visiblement désemparé, alors Arthur se douta que l’énigme du matin serait bientôt en partie résolue, ce qui ne prit que la journée.


 

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