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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

Bonneanneacutee2013_zps77bb2bcc.jpgQuand ils étaient gamins, quand ils étaient jeunes punks, ils croyaient en une révolution éventuellement progressiste et aimable aux pauvres. Le côté : c’est les petits qui taquinent les grands, la revanche de la cour des miracles. Ils le ressentaient depuis la plus tendre enfance. Ils avaient alors une grande  facilité à vivre différemment.

 Comme de nos jours et presque toujours, tout est bouclé à triple tour et tous ces acteurs représenteront un esprit de liberté : une audace des possibles ; ils se sentaient peut-être les derniers pirates ! Ils appelaient à eux les générations pour rendre les choses pareilles, encore possibles : toujours possible pour changer ce monde.

— D'où te vient donc cette hargne ?

— Elle me vient du manque que j'ai de toi, elle me vient du plein que j'ai de toi, tu es loin et si près, tu vogues sur l'océan et te prépares à mentir ta vie, tu brûles ma lettre, je n'en peux plus, personne jamais ne te remplacera, il faut bien que je vive !

— Cesse là.

— Je ne peux, jusqu'aux univers voisins, bien au delà le mur de Planck, quelque chose de toi est de moi, a empli les espaces jusqu'à leurs derniers vides les mieux cachés, même après des milliards de big-bang, dans tous les univers inconnus quelque chose de moi est de toi, après les éternités.

— Que ne le disais-tu ?

— Je te l'écrivais !

— J'étais jeune, je ne savais ce que je ne savais pas ! Dans dix ans, dans vingt ans tu auras mari et enfants, et tu seras en moi !

— Et je serais en toi !

— Je suis le seul dans lequel tu ne mens pas, tu es la seule à tout savoir, depuis avant le temps, depuis rien et tout !

— Je vois.

— Ma mémoire atteint des cibles lointaines, les plaies de l’enfance et de l’adolescence, je suis prêt à ne rien t'imposer, jamais ne me rapprocherai, jamais ne te reprocherai, les choix découlent des structures que nous vivons, il te faudra beaucoup mentir pour aimer, soigne bien tes amants. Tu as bien brûlé ma lettre !

— Je l'avais tellement lue, je la connais par cœur !

— Elle était maladroite, soyons frère et sœur ?

— Je t'ai menti !

— Je l'ai toujours su, je ne pouvais être dans ton monde !

— Je ne pouvais sortir de mon monde !

— Soyons bons amis !

— Nous ne nous reverrons plus…

— Oui… je vivrai plusieurs vies.

— Et Reine, tu en finirais presque par oublier Reine ?

— Reine ne sera jamais pour moi, elle ne sera jamais en moi, elle ne sera jamais moi, elle ne sera jamais avec moi, elle ne sera jamais contre moi.

— Bon Arthur… pourquoi ? Pourquoi aimer ?

— Allons l'attrait est plaisant, le plaisir est amical, non ?

— Si tu y trouves ton compte !

— Je suis bien souvent seul !

— Trouves en toi une, une seule suffit !

— Oui, je n'ai plus besoin d'aimer, je suis guéri de tout, l'attraction, la décharge d'adrénaline !

— Tu deviens camé attention.

— Je survivrai, j'ai déjà survécu !

— Il y avait Pierre Selos à chaque fois !

— Ce n'est plus utile… Un jour, tu seras vieille…

— Cela finit toujours comme cela…

— Oui  si vieille et si fatiguée…

— J'aurai beaucoup couru !

— La marche du monde est épuisante…

— Surtout vers les sommets…

— Lassée de toute gloire… J'aurais des rides…

— Je ne me lasserai pas de les voir ! Apaisée, sur mon épaule tu te reposeras.

Devant Arthur et Simon s’étendaient les pelouses encombrées de déchets divers du parc du Bourget où se tenait ce dimanche 20 octobre 1985, le meeting de Jean Marie Le Pen au cours de la fête Bleu-Blanc-Rouge. Des groupes de militants au crâne rasé parlaient paisiblement à des ménagères d’âge mur, mangeant, buvant de la bière.

— T’es sûr de l’avoir renversée, on ne sent rien ?

— Attends, tu vas voir, ça se propage, il faut quelques minutes…

— Personne ne nous a repéré, je pense, on peut attendre là le résultat…

Ils étaient prêts à partir, sur le qui-vive, ils ne se sentaient pas vraiment bien invités dans ce repère des fascistes les plus vifs de l’hexagone.

Tous les collectifs affiliés du moment, les premiers éléments parisiens du Scalp — Section Carrément Anti Le Pen —, les militants de Montreuil avec qui ceux de USINE travaillaient, les samedis de marché populaire, pour empêcher physiquement le venue propagandiste des émules locaux du front National s’étaient réunis.

Chaque groupe et collectif se donnait une tâche et les moyens d’y parvenir dans un but commun : saboter au maximum cette fête Bleu-Blanc-Rouge, ou au moins montrer que de nombreux citoyens s’opposent à ce renouveau du discours de haine, que l’on avait cru enterré dans les années d’après Mai 1968, si utile aux puissants.

Simon et Arthur — dont le look n’était pas du tout typé et ne dénonçait en rien leurs convictions politiques de farouches opposants à la haine et la bêtise portée par cette recrudescence de mépris de l’autre et ce déni des souffrances des peuples asservis —  attendaient, le plus détaché possible, les émanations putrides de leur attentat.

 

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