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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

25723_1390872928828_1142260818_31142363_2731309_a.jpgUne attitude de plus en plus courante de ceux, issus des hautes études, qui après analyse fine font manque de toute rigueur intellectuelle, contredisant tout un courant de pensées foisonnant depuis le siècle des lumières, au sein de la classe ouvrière, avant la pensée bourdieusienne.

 

Dans ce grand courant Arthur se restreignait personnellement au communisme libertaire, c'est à dire l'Autonomie de la classe ouvrière, son époque prétendait que c'était confidentiel, pas au niveau mondial, les luttes pour et les facteurs d'émancipation étaient toujours autant présents,

 

Mais les philosophes de salons télévisés en avaient prétendu autrement, les forces électoralistes organisées étaient à l'œuvre pour canaliser la révolte venue, il lui fallait agir pour une hypothétique conversion des uns envers les autres, et c'était ici et maintenant, dans sa vie propre et autour de lui.

 

Mais s'il avait pu s'appuyer, se reposer en confiance, s'il avait pu voir naître l'espoir d'un regard, une ébauche de tendresse, un encouragement tactile, une volonté de se fondre, ne pas sentir ce vide sidérant, cette absence d'empathie propice aux trahisons envers l'humanité, jusqu'aux crimes.

 

Les sociologues issus des plus hautes études établiraient-ils un jour l'algorithme de calcul du seuil minimal d'empathie par personne pour qu'une société puisse survivre, la réunion des bien habillés venus soutenir les pouilleux à la rue commençait et menaçait de tout organiser.

 

Arthur s'appuya contre le chambranle de la porte d'entrée et resta là, un pied à l'extérieur, comme pour bien marquer sa place, plutôt vers les infinis des rues agissantes, il entendit les premières remarques disgracieuses définissant les infamies des gestionnaires habituels des luttes.

 

Fut-ce pour prendre le temps d'un terrible souffle, fut-ce qu'il en fut abasourdi jusqu'à l'oubli de ses propres arguments, il attendit que l'émotion stagne à nouveau en vibrations ondulées et paisibles, il ne voulait pas parler sous le coup des colères légitimes et des passions, pas de désordre.


Puis il sentit un appui inattendu en la personne d'un militant nouveau venu du milieu associatif voisin, ils se connaissaient sans se connaître, il ne s'était jamais intéressé à leurs occupations de logements durant toutes ces années précédentes, mais il était sur la place de la Réunion tous les jours.

 

Lorsqu'il prit la parole pour défendre les jeunes squatteurs Arthur se dit qu'il n'était peut-être pas utile d'en rajouter, ni d'alourdir les débats, cela suffirait, mais le responsable du soixante sept n'entendait pas en rester là et conclut par une remarque perfide sur les assistés et leurs discours.

 

Arthur prit alors son souffle et se lança, excusez moi de venir prendre la parole parmi vous, c'est inhabituel vu que je ne fais pas parti de votre structure de soutien aux mal-logés, étant moi-même un de ces mal-logés organisés en assemblée générale au sein d'un comité de lutte de mal-logés.

 

Lors de nos assemblées générales, lorsque nos camarades maliens prennent la parole, avant de se faire traduire, ils s'excusent toujours par avance si leurs propos venaient à froisser ou vexer quelqu'un dans l'assistance, ils souhaitent avoir des paroles justes et équitables exemptes de rancœur.

 

Ils veulent que le bien commun leur dicte les solutions aux problèmes ayant nécessité l'assemblée présente, il souhaitent être écoutés comme ils parlent, c'est à dire sans haine et sans calcul, pour la compréhension des problèmes posés, les échanges d'informations et tous ensemble on va trouver.

 

Cela fait des années que nous fonctionnons comme cela et que nous en tirons notre force, durant toutes ces années où nous avons construit patiemment un début de force pour obtenir des logements décents pour tous, nos seuls soutiens extérieurs étaient les jeunes squatteurs autonomes.

 

Par dérision et parce que depuis l'occupation de la place de la Réunion tout le monde se donne le nom d'un groupe pour figurer au bas d'un tract, ils se sont nommés eux-mêmes les Squatteurs Mal Organisés, le S.M.O., nous ne leur avons jamais demandé s'ils avaient de bonnes manières.


Ils ont toujours eu les manières de nous soutenir à temps contre des expulsions musclés de vigiles, d'être là en nombre lors des procès d'expulsion, de prendre des risques judiciaires à la place d'étrangers risquant le renouvellement de leurs papiers en cas de mise en infraction sur les lois de la propriété.

 

Leur manière de s'habiller ou de se tenir à table n'a jamais compté pour nous lorsqu'il s'agissait pour tous d'être solidaires face aux mêmes forces de répression, et nous savons que nous ne sommes pas toujours d'accord, ils ne veulent pas payer de loyer et nous réclamons un loyer juste.

 

Mais ils étaient toujours là bien avant que le moindre d'entre vous ne s'avise qu'il y avait une lutte sur le logement à Paris et dans ses banlieues, ils n'ont pas attendu que les petits fassent leurs devoirs attablés sur les trottoirs et assis dans les caniveaux de la place, ils ne s'en iront donc pas.

 

Dominique Premier sursauta devant la salve d'applaudissements qui s'ensuivit, l'affaire était entendue, le responsable baissait la tête en un sourire moqueur, il tenterait autre chose, reviendrait à l'attaque, sa pratique était la division, alors ma douce vois tu bien ce qu'est une lutte, t'es fort.

 

Hélas, si je l'étais ces questions-là ne se poseraient plus, tous ces intégrés issus des classes moyennes et de la petite bourgeoisie ne veulent qu'une chose, que nous rentrions au vestiaire avant le combat, ils veulent nous cantonner entre assistanat et clientélisme, et ils gagneront sur nos défauts de conscience.

 

Leur seule lutte réelle est d'obtenir la disparition complète du Comité des mal-logés trop souvent victorieux, ce comité de gueux et de travailleurs pauvres qui leur fait régulièrement la démonstration du courage de résistance qu'ils n'auront jamais, alors ils veulent nous opposer, nous diviser.

 

Alors sur les décombres de leurs gesticulations, lorsque l'on entendra plus jamais parler de luttes ouvrières, de prolétariat, d'intérêt des travailleurs, les camps de concentration et d'extermination se développeront le long des rues de leur villes et leurs enfants même y dormiront, y mourront.

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