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Publié par Christian Hivert

alternative-punk-autonome.jpg

Le nom « Kamionërs du suicide »  était une provocation. D’aucuns l’auront compris, mais il faut savoir que dès le départ, rien qu’avec le nom du groupe, DJah’X avait décidé de se placer en antagonisme à l’occupation, à la colonisation, la post-colonisation, la néo-colonisation des autres territoires.

Il avait déjà écrit des chansons dans la cave de son HLM, il avait un groupe qui s’appelait « Détritus ». Il avait fait une K7 autoproduite avec une demi-douzaine de chants contestataires sur des rythmes punks de base, dont une sur le flic du quartier, « le sheriff » … quatre accords simples, et crache ton venin .

À 14 ans, c’est ce qu'il avait compris du punk, dans son bled. Pour lui, la musique livrée en public, dans un monde où tout va mal, ne peut rester neutre et servir uniquement à oublier ses soucis. Les chansons peuvent participer de la critique sociale comme n’importe quel bouquin ou émission de radio.

Cette approche lui avait permis de rester entier sans jamais sombrer dans le vide abyssal de ce qu'il appelait show-bizz alterno. Car pour lui ce qui fut déclaré « scène rock alternative »  n’était, pour trois quarts des groupes, qu’un tremplin vers dans les coulisses du show-bizeness et beaucoup d'argent.

C'était une aubaine pour beaucoup d’opportunistes profiteurs des squats que les autonomes ouvraient et tenaient. Pour Djah'X à Paris, à cette époque, la plupart des alternatifs sont des enfants de bourges qui venaient s’encanailler. C'était souvent vrai mais pas toujours, beaucoup étaient prolétaires.

Djah'X et ses potes de la Fraktion Rock Terroriste se voulaient à la fois musiciens et squatters, occupants, résistants. Même les Bérus, leur paraissaient en retrait, qui jouaient dans les squats des autres ou parfois dans des MJC, avec tarif d'entrée fixe et service d'ordre, une contradiction inacceptable selon eux.

Ils ne voulaient aucun business, pour eux c'était la démarche s’inscrivant le plus justement dans l’évolution du punk 77, des origines anglaises et son rebond expansif sept ans plus tard en France. Rebelle au cerveau agissant. Ils n’avaient pas d’illusions sur l’originalité de leurs compositions.

Ils voyaient le rock comme une musique binaire. Dans le rock ils associaient le reggae, le ska, le blues, et le punk bien sûr. Ce que le punk leur avait amené de plus était une espèce de minimalisme, où l’on peut faire une chanson avec un seul accord, et une expression verbale plus radicale.

Dès leurs débuts ils font cette espèce de ska reggae que l’on va retrouver sur leurs disques, punk rock reggae, avec une touche ska. Après ils s’élargiront, adoptant même le concept de variété internationale, prenant des influences partout, avec du djembé sur du rhythm'n'blues ou de la clarinette punk.

Ils pensaient, à un moment donné, que le jeune punk pouvait avoir des tendances très sectaires, puis en revenait, s’apercevait que ce n’était pas que deux ou trois accords forcément, ou un tempo précis, toute une période où ils prenaient conscience que la musique pouvait être un support.

Pour leur permettre de construire leurs luttes face à un ennemi puissant et organisé. Leur premier enregistrement fût pour la compilation « Rock Army Fraction ». A cette époque Djha'X était quasiment seul. Les gens du fanzine Alerte Rouge l'avaient contacté et il avait choisi deux morceaux.

Le titre « Action rouge in dub » avait une histoire. Il devait y avoir une manif du Front National vers Barbès et ils avaient écrit un tract. C’était bien avant le devenu célèbre SCALP. Djah'X tenait une émission sur la radio pirate qui « Radio Mouvance ». Au lieu de lire le tract il l’avait chanté en rabbadub.

Et en arrière fond il avait fait passer la face B d’un vieux 45-tours jamaïquain. Ça avait plu, des gens leur ont demandé de le mettre sur disque, et ils l’on fait. Cette chanson au départ était un tract. L’année d’après, il avait enregistré deux morceaux pour une compilation cassette faite par Haine Brigade.

Le son était super mauvais, c’était une vraie cassette punk Au niveau du personnel, les membres du groupe avaient souvent varié jusqu’en 1985. Après il y avait une stabilité. Djah'X avait rencontré des potes, issus des mêmes milieux que lui. Ils avaient une culture musicale, ils connaissaient le solfège.

 C’était une rencontre surprenante, d’un côté Djah'X jouait à l’instinct, composait des morceaux, trouvait les paroles, et les autres avaient une culture solfège, blues, jazz, ils ne venaient pas tous de la mouvance autonome, mais ils ont joué longtemps ensemble et fait ce premier microsillon autoproduit.

Dans ce groupe, Djah'X semblait être le seul engagé à fond sur tous les fronts. Ils avaient une image de groupe très marqué politiquement, qui venait de lui, quand on pensait (LKDS), les « Kamionërs du Suicide », on pensait étoile rouge. Il avait commencé à 18 ans, seul punk d’un bled de Lozère.

Il était interdit de tous les cafés du coin à cause de sa crête. En arrivant à Paris il avait rencontré plein de gens de tous les bords, des staliniens, des trotskistes, et il s'était forgé sa propre opinion. Il était plus attiré par le côté libertaire de la pratique politique, il avait choisi de suivre les autonomes.

Si on lui avait demandé un exemple historique à adopter, s’il y avait eu des événements révolutionnaires profonds dans le pays, il eut répondu, Espagne 1936, Kronchtadt 1921. Il aurait dit l’Ukraine, toutes les expériences collectivistes qui sont allées loin, où on a aboli l’argent, la propriété, l’état.

C'était donc en 1985, peu après l'ouverture d'U.S.I.N.E., il rencontre les copains avec il fait son groupe. Ils étaient trois, basse, batterie, guitare, Lucile traînait autour du fanzine New Wave, elle les a rejoints au saxo. Elle est sur l’enregistrement du fameux vinyle, elle est partie après le disque.

Et Vain, un mec super sympa, les a rejoint. Il jouait de tous les instruments à vent, clarinette, saxo, à quatre, ils répétaient, ils jouaient dans beaucoup de baroufs militants, et dans beaucoup de concerts qu’ils organisaient eux-mêmes, dans leurs lieux de réappropriation temporaire d'espace.

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