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Publié par Christian Hivert

En milieu rural, les jardins tendent à disparaître au profit de carrés de légumes alignés, tout au plus des potagers dont la rentabilité alimentaire est proportionnelle à la chimie intensive utilisée, un jardin n’est pas un rayon de supermarché standardisé en terre, il a un créateur.

Arthur apprenait tous les jours l’humilité de ne jamais tout savoir, la nature est chose complexe, inutile de tout superviser ou contrôler, chaque jardin suscite le conseil d’un voisin ou d’un visiteur, tant il y a de manières différentes de faire, les discussions animeront le repas du soir.

Arthur avait retrouvé cette sagesse de ses anciens chez les anciens de la planète visitée, au cours de son périple en Chine, derrière les montagnes du Yunnan, ou là-bas dans les paysages karstiques du Guizou, la même sérénité émanait de ces oeuvres de terre et de verdure.

Chez les Chinois, le jardin est tout à la fois un lieu de vie, de divertissement pour flâner et un lieu magique, un cosmos miniature dans lequel on cherche à recréer l'image d'une nature idéale, bien que tout ceci ne soit qu'une création humaine, elle peut paraître oeuvre du Ciel, écrivait Ji Cheng.

Selon les anciennes légendes chinoises, ce paradis trône au sommet de la grande montagne, dans les îles lointaines au milieu de la mer, là se trouve l'élixir de longue vie, cette légende explique le rôle majeur des symboles de la montagne, de la mer et des îles dans le jardin chinois.

La création d'un monde en miniature, le monde dans un grain, expression bouddhique, préoccupation majeure du Chinois créateur de jardin, la petitesse revient à ôter le dernier semblant de réalité et par là l'élève au-dessus de cette dernière, devient magique.

Le jardin chinois se doit de refléter la nature, l'harmonie générale est recherchée bien plus que la symétrie et l'ordre, les arbres y sont ainsi plantés de manière asymétrique, ils mettent en valeur d'autres éléments, pierre, étendue d'eau, moins est mieux, tout est dans tout.

L'harmonie naît et vit par la présence d'éléments opposés comme beauté et laideur, clair et obscur, ces équilibres entre éléments opposés sont mis en valeur, les rochers par leurs formes tourmentées contrebalancent

l'eau du bassin ou de la mare où s’ébattent les espèces rares. La montagne et l'eau constituent les deux éléments primordiaux, ils sont le squelette et le pouls de la terre, l'eau favorise la contemplation méditative, sa sonorité apaise, et c’est la force molle capable d'éroder n'importe quelle roche, l'Homme d'une vertu supérieure est comme l'eau.

L'eau excelle à faire du bien aux êtres et ne lutte point, elle habite les lieux que déteste la foule, parmi toutes les choses du monde, il n'en est point de plus molle et de plus faible, et cependant, pour briser ce qui est dur et fort, rien ne peut l'emporter sur elle, Lao-tseu, Tao Te King.

Les immenses roches érodées représentent le cours du temps et notre avenir décomposé, les jardins chinois ont de très profondes racines philosophiques, les éléments naturels y sont soigneusement choisis pour leurs significations historiques, littéraires ou symboliques

Le jardin est une oeuvre, un spectacle s'offrant aux yeux du visiteur, jamais on n’arrive à le saisir dans son entier, l’ensemble est rythmé par un réseau de murs troués ici, de portes rondes là, de fenêtres ajourées, finissant par transformer le jardin en une infinité de cours et de recoins.

C’était ainsi depuis tous les temps, depuis la Chine impériale jusqu’aux haricots des Mayas, la Terre s’était couverte de jardins de toutes tailles et de toute utilité, depuis les démonstrations de puissance des grands du monde aux oasis de paix et de liberté des philosophes.

Arthur se redressa, son oeuvre était accomplie pour ce jour, c’était plaisant, simplement plaisant, il fit un ballot de vêtements et d’affaires à emporter qu’il fixerait sur le porte-bagages de sa mobylette, sans un regard pour le passé, il franchit la rivière, sans un regard en arrière.

De l’autre côté Le temps était gris comme tous les matins, ils étaient partis au marché avec les voyageurs Basques, ils avaient acheté des cuillères à soupe locales en bambou, pris leur petit-déjeuner de nouilles et de papaye, avec un poisson grillé et pimenté, l’ordinaire d’un voyage durant.

Le long fleuve de l’Asie, le fabuleux Mékong, n’était encore qu’une grosse rivière nécessitant malgré tout un bac pour être traversé, il coulait devant eux chaque matin, derrière la femme de l’ethnie Baï, élégante en robe colorée, retournant ses poissons sur le gril en riant avec ses copines.

Ils étaient parvenus au bout de la ligne de bus pour touristes occidentaux, dans une sorte de réserve de minorités nationales chinoises, où les anglo-saxons cherchaient désespérément à introduire le chocolate pancake et repeignaient en rouge toutes sortes de directions pour améliorer la signalisation des lieux.

That is here et This way se disputaient l’honneur des figurations avec More cheap et Number one ou The best, tandis que les Chinois de la majorité nationale bétonnaient peu à peu les ruelles du village de maisons de bois et bambou, ces peuples pacifiques et fiers allaient disparaître.

Alors un constat s’était imposé, aucun occidental ne prenait le bac pour traverser, les panneaux à la peinture rouge en anglais n’indiquaient aucun Fabulous spot, les Chinois majoritaires eux mêmes ne semblaient s’intéresser aux peuples des minorités, de l’autre côté.

Alors les xiao minzu (minorité nationale) français, et Arthur et sa compagne se s’étaient senti la fibre des explorateurs, le chemin de terre s’enfonçait dans la forêt vierge, à l’arrivée du bac, fréquenté par des peuples paisiblement à pied, cela sentait bon la forêt de bambou.

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