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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

Le Brave ne sait jamais dire qu’il ne savait pas, il se déjugerait et serait piteux, et ce serait pour lui un malheur, si quelqu’un venait lui dire avoir pâti d’une de ses actions ou de ses paroles, si, par méconnaissance, il ignorait l’affliction de l’un ou l’autre, sa désolation est pure.

Le Brave se moque d’être bon ou de répondre à un quelconque qualificatif dépréciant dont sont très friands les évanescences d’individus se partageant certaines prérogatives publiques et la gloire d’apparaître, il les sait jaloux et incapables, il va faire son jardin.

Le Brave sait bien qu’ils seront bien peu, de tout temps, à résister efficacement à l’infamie des attitudes d’exclusion et à la corruption des moeurs, ils ne seront jamais aussi nombreux que les collaborateurs des brutes dominantes et autres délateurs et racailles molassonnes.

Le Brave n’accorde pas à la planète financière plus d’intérêt ni d’importance qu’il n’en faille pour subvenir correctement à ses besoins, et il connaît le courage de limiter ses demandes, il en faut pour tout le monde, il lui déplairait de prendre le nécessaire d’un autre.

Le Brave s’indigne peu, chacun a sa conscience, et chacun peut se protéger, ne pas se faire écraser et défendre ses intérêts, mais parfois il se sent bien seul, le monde est-il en train de disparaître, de s’enfouir sous une couche crasseuse d’indifférence à l’odieux, c’est cela la misère ?

Le Brave résiste à la solitude dans laquelle parfois il s’englue, les temps modernes considèrent les souffrances liées à la solitude au même niveau que les douleurs physiques, en beaucoup plus dures à soigner, il lui faut de la compagnie, mais il faut savoir s’entourer.

Le Brave résiste également aux injonctions sociales aberrantes de rejet de tel ou tel aux motifs absurdes de conditions de vie plus ou moins valorisées, il se sent bien avec les réprouvés, ce sont souvent des Braves eux aussi, est-ce pour cela, il les estime mieux que d’autres ?

Le Brave sait la souffrance d’être rejeté d’un groupe d’êtres humains, l’inhumanité des animateurs de clans s’autorisant de pouvoir juger les uns les autres sur des critères médiocres d’une prétendue intégration sociale, il ne s’approche pas de leur ghetto.

Le Brave sait que le triste jeu de l'élimination sociale, dirigé par les actuels tenants de l’économie, est la forme la plus aboutie des tortures et de l’anéantissement de l’être, touchant des générations entières, sous les ricanements indignes des indifférents encore à l’abri.

Le Brave souhaite vivre dans un village où chacun se salue et se parle, et où l’exclusion est absente des coeurs et des intentions, beaucoup lui en veulent pour cela, mais le Brave sait gentiment les braver, il sait la valeur de la résistance à l'abjection, il est prêt à la payer.

Le Brave sait le besoin essentiel que l’Homme à de vivre en harmonie avec ses proches, voisins, collègues, famille, et la misère et le ressenti des réprouvés n’ayant de place nulle part en toute injustice, simplement pour ce qu’ils ne seront jamais, intégrés à la barbarie générale.

Le Brave ne juge personne, chacun dispose de sa conscience, mais il n’ira pas vers les tortionnaires si nombreux de nos jours, il marque sa place là où il vit et, par ses actes, modifie les effets néfastes des arrogants et des médiocres arrivés, il n’adoptera jamais leurs usages répugnants.

Le Brave aime bien rire avec tous, il ne ricanera jamais, les moqueries l’effraient, il aime les plaisirs simples, lorsque la société rassemblée se sent bien pour un temps, et quelques verres arrosent la rigolade générale, devant un bon plat, il n’est pas besoin de démunir quiconque pour cela.

Le Brave aime bien séduire et se faire coquet, nous avons tous le besoin inhérent à toute espèce de nous plaire les uns les autres, mais la jalousie des médiocres le suffoque, les meilleurs ne colorent plus la vie, l’être s’enfouit sous la carapace brillante de l’automobile.

Le Brave se demande toujours jusqu’où l’imposture peut se développer, et il sait, malheureux, l’infinie variété des tourments et des supplices moraux dont sont capables ceux dont la position est assise au creux du confort de leur inutilité et de leur incompétence.

Le Brave aimerait que tous considèrent primordial et essentiel à la survie de l’humanité entière de laisser à chacun une place, sans envier ce que ne possède pas le pauvre, et que chacun s’astreigne à faire correctement son travail, au lieu de tricher et de convoiter.

Le Brave n’aime pas les couards imbus d’une bravoure surarmée face à des paisibles, ils aiment trop se mettre à plusieurs pour tourmenter et massacrer les inoffensifs lorsque leur cruauté en reçoit l’approbation ou l’incitation des intérêts des supérieurs de l’empire, leur zèle est confondant.

Le Brave déteste les pervers si nombreux à notre époque, violeurs de gentillesse, confondeurs de principes moraux, rusés et séducteurs, calomniateurs à l’occasion, allumeurs de guerres sociales, pourfendeurs de qualités humaines, ils renient toute création, dépouillent l’humanité.

Le Brave aime les poètes au teint pâle, les grands sensibles faisant vibrer la phrase et enrichissant l’esprit, séduisant en transportant vers l’infini du futur possible afin d’accomplir l’humain, débarrassé enfin des brutes primitives nuisibles à l’épanouissement général.

Le Brave a des idées simples, mais longues dans leurs développements, obligé d’utiliser les mêmes mots, pour des actes différents, pour affirmer la liberté et la responsabilité, pour respecter jusqu’au souffle d’air et la création universelle, ses désirs puissants face au vent.

Le Brave sait trop combien il est indispensable, pour vivre en paix et mieux, de se sentir fort et apprécié, combien le regard bienveillant peut illuminer, combien la médisance répétée peut détruire, que chaque être détruit nous détruit tous, que chaque joie bénéficie à tous .

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