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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

C’étaient les rudiments de toute humanité, et cependant il fallut des millions d’années pour en acquérir les principes de base, des milliers d’années pour en faire des principes de vie en communauté, et moins d’un siècle pour en anéantir toutes les promesses d'avènement, sans dédit.

Étaient-ils fiers les constructeurs et les propagandistes de cette horreur-là, ils avaient finalisé l’idéal nazi en le transcrivant patiemment en ordre économique mondial indépassable, au nom de l’efficacité moderne du profit de peu contre tous, de la barbarie comme choix inéluctable.

Le Brave était devenu un couillon, tout au plus une chair à canon, propre à défiler sans gloire à dates programmées, pour le souvenir d’époques peu glorieuses, de massacres injustifiés, de terreurs généralisées et d’animalité ordurière, dans la dégoûtation de l’espoir.

Il suffisait de détourner le regard de l’ordinaire menaçant, se croire à l’abri, le croire du fait de ses mérites, ne croire le devoir à personne quand bien même tout montre que l’on l’a pris à tous, et sans honte ni vertu, parvenir à vivre ignominieux dans l’infamie.

Le Brave bien souvent se prend la tête dans les mains, penaud et désemparé, se demandant comment la malfaisance est possible, désespéré de ne trouver nul remède, compatissant et simple, pesamment patient de rencontrer l’être noble, il soupire, jusqu’à travers ciel.

Le Brave ne sait être indifférent, il sait où sont ses affaires et où sont celles des autres, il ne se mêlera pas des conflits en cours, chacun est à même de se défendre, mais on ne le rendra pas complice, et il ne faudra plus compter sur lui, les grandes gueules se servent trop des belles idées.

En ces temps devenus ancestraux, sans qu’il n’y prît garde, au fil du temps et des vents, une cooptation mutuelle régulait les appétits indus et calmait les gourmandises tortionnaires, l’un dans l’autre et l’autre contre l’un, chacun parvenait à l’unisson de l’ensemble.

Il semblait, et beaucoup se complaisaient à le dire, que l’illusion d’un retour de valeurs serait pire remède que l’euthanasie générale de tout sentiment humain, l’apôtre de la liberté et de l’épanouissement étant devenu par voie de désambiguïsation sémantique le salaud à abattre.

Le courage des amorphes étant de ne point bouger, ils ont prétendu avoir résisté plus que tous pour mieux prendre le contrôle de chaque façon de s’organiser, pour en détruire toute volonté de vivre ensemble en harmonie et respect, leur réussite comptabilisée en points d’audimat.

Pauvres Braves, c’était comme si toute l’histoire du monde depuis la naissance de l’humanité leur fut descendue sur les épaules, alourdissant le moindre de leurs honnêtes gestes, anéantissant et leurs efforts et leurs espoirs, il ne leur restait plus qu’à tenter de se reconnaître.

Il faut plusieurs vies pour faire un village, en moins d’une génération, le flot grossissant de la consommation morbide a tout balayé, une hécatombe aux relents d’holocaustes délocalisés, une apologie du sur-animal devenu Homme-dégradé, les bienfaits de la civilisation.

Le Brave Homme sait qu’il n’a rien à voir avec le Brave Guerrier destructeur de vie et d’espoir aux ordres de lâches, avides, sans valeur ni honneur, le Brave Homme chemine sa vie à l’affût de l’amélioration de tout triste sort, simple, joyeux et efficace, souvent vagabond.

Si jamais quelque puissant groupe de maîtres sanguinaires le convainquent et l’obligent à participer à une boucherie inutile et avilissante, c’est la mort dans l’âme, bien avant de la recevoir ou de la donner, qu’il s’y rendra, et les cauchemars le hanteront à jamais s’il revient.

Le Brave alors seul sait désobéir et aider les résistants, et il ne distribue pas la mort sans y penser ou sans mûrement s’y préparer, jamais il ne s’en vanterait, si cela avait été possible autrement, s’il le fallait, le Brave déserterait ou s’insoumettrait, le Brave est rarement décoré.

Car les bandits qui sont cause des guerres nomment l’honneur et la gloire ce qui ferait vomir de dégoût tout être Brave, ils ont leurs mots mensongers pour abuser ceux qui reviennent, eux n'en meurent jamais, on ne tue que les innocents, sur la butte rouge.

Arthur savait être Brave pour l’avoir appris de gens sûrs depuis sa plus tendre enfance, et ainsi on lui avait transmis ce trésor indestructible de toute humanité au travers les continents, Arthur était un guerrier de l’improbable justice, le souvenir des origines des étoiles.

Le Brave reste solide face aux sollicitations du monde moderne, il ne lui viendrait pas à l’idée de ricaner bêtement d’un plus pauvre, d’exclure ou de mépriser, d’abandonner ou de dénigrer, toutes choses si couramment jubilatoires de nos jours que l’on s’y perd.

Le Brave sait résister à la manipulation des imbéciles et des médiocres, il connaît leurs paroles belles et sait leur incapacité d’avoir la moindre parole vraie, handicapés qu’il sont par l’apparence de leur pouvoir, les pauvrets si souvent incultes et sans qualités.

Le Brave ne trouve jamais de mauvaise raison pour nuire à un proche, quand bien même il eût été spolié, il réclamera la justice et son dû, mais jamais ne se déconsidérerait à employer les mêmes méthodes déshonorantes, l’argent ne peut servir de prétexte à l’infamie.

Le Brave jamais n’obéira aux injonctions actuelles des maîtres de l’empire sanguinaire saccageant tous les pays de la planète dans une euphorie extravagante sans aucune alternative bénéfique pour les peuples et leur descendance, détruisant l’idée même d’être humain.

Le Brave a la conscience immédiate de ce qu’il fait et de ce qu’il se refusera toujours à faire, fut-il menacé de mort, que vaudrait vivre une existence indigne de pervers ricanant, se moquant de toute valeur pour mieux s’y soustraire, indifférent à la misère et à la souffrance ?
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