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Publié par Christian Hivert

n°7 — décembre 2006

Les chemins de fer ou la liberté ?


Éditorial
par Bertrand Louart

Les États-Unis avant la grande industrie
Remarques sur La main visible des managers d’Alfred Chandler par Matthieu Amiech.

Raison et démocratie chez Christopher Lasch
par Julien Mattern.

La décroissance, l’Économie et l’État
par Catherine Tarral.

Morceau Choisi :
Les chemins de fer par Louis-Gabriel Gauny, 1840.

Référendum d’un jour, plébiscite quotidien.
Ceci n’est pas une fête.
Appel de Raspail.
La Décroissance, le journal de l’ordre.
A propos du lamellé collé.
Bulletin 13 x 21 cm, 160 pages, 5 illustrations, 10,00 euros.
Disponible aux bien nommées éditions de La Lenteur
127, rue Amelot - 75011 Paris

Bulletin critique des sciences, des technologies et de la société industrielle

Bien sûr au-delà de l’évolution des dépositaires attitrés de la domination capitaliste, ce qui importe le plus, c’est celle des conditions de vie concrètes et des dispositions des hommes et des femmes ordinaires.

Ces conditions et ces dispositions, qui rendaient envisageables un renversement de l’ordre politique et économique il n’y a pas si longtemps, ont été systématiquement sapées par l’industrie, au point de se trouver peut-être liquidées désormais. La fresque de Chandler et les analyses de Lasch suggèrent assez finement les ressorts de cette évolution dans le cas, extrême mais malheureusement paradigmatique, des États-Unis. Il faut en avoir pris la mesure pour prétendre élaborer des alternatives, là où nous nous trouvons aujourd’hui.
Matthieu Amiech

Ces dernières décennies n‘ont cessé d’accroître l‘emprise de la bureaucratie et l’artificialisation du monde, ébranlant la confiance des individus en euxmêmes, leur faculté et leur volonté de comprendre et de peser sur le cours des choses. Ces bouleversements impliquent un réexamen radical des grands idéaux modernes et des moyens d’y accéder. C’est ce à quoi nous invite Christopher Lasch. L’idéal démocratique, dans sa version minimale, peut être défini comme la recherche d‘un monde où les gens ordinaires auraient leur mot à dire sur les décisions qui affectent leur existence, et pourraient ainsi faire consciemment leur propre histoire. Sa défense passe aujourd’hui par la réhabilitation de la discussion collective sur les grandes questions de notre époque, contre la réduction de tout à des problèmes techniques et la multiplication des structures de représentation. Elle passe aussi par la réhabilitation de la sensibilité, contre l’omniprésence des raisonnements abstraits et des procédures numériques. Elle passe enfin par la défense du raisonnement et de   examen critique individuel, contre la recherche obsessionnelle de la fusion collective et toutes les autres tentations nihilistes, auxquelles notre impuissance et notre très légitime colère devant la gravité de la situation et l‘ampleur des problèmes à résoudre nous poussent de plus en plus.

Julien Mattern

Matthieu Amiech et Julien Mattern sont les auteurs du livre Le chauchemar de Don Quichotte,
sur l’impuissance de la jeunesse d’aujourd’hui
  paru aux éditions climats en 2004.


Extrait de l’éditorial

Dans ce numéro, nous revenons sur l’histoire méconnue des États-Unis avec deux auteurs, Alfred Chandler et Christopher Lasch, qui dans des styles tout à fait opposés éclairent de manière convergente la société américaine du XIXe siècle. Chacun à sa façon, l’historien de l’économie et l’historien du peuple et des idées suggèrent combien leur pays a été profondément bouleversé par l’émergence des grandes entreprises, la banalisation du salariat et la défaite des courants politiques qui s’opposaient à la réduction du mode de vie américain à un consumérisme de masse. On pourra seulement regretter que dans les ouvrages de C. Lasch ici recensés, il ne soit jamais question du génocide des Indiens, dimension pourtant incontournable de l’histoire « populaire » des États-Unis.


Le troisième article adresse des critiques de base aux promoteurs de la décroissance, dont les idées, qui sur certains points pourraient sembler proches des nôtres, attirent bon nombre de ceux qui ne se reconnaissent plus dans le spectacle politique classique et cherchent à construire sur d’autres bases leur réflexion et leur activité politique. Passée la polémique (quoique ce ne soit pas la matière qui manque : lire « La Décroissance, journal de l’ordre »), il s’agit bien plutôt de mettre au jour les insuffisances d’une critique qui a su ces derniers temps se donner une certaine publicité – dans tous les sens du terme –, et de faire apparaître les limites d’un discours qui fait litière de la réflexion politique au profit des aspects économiques

et techniques (la croissance, la consommation et le pétrole). Comme nous le montre si bien ATTAC, il ne suffit pas de prendre le contre-pied du discours dominant pour aboutir à quelque chose de juste…

Enfin, en Morceau choisi, le lecteur trouvera un texte écrit vers 1848 par un menuisier saint-simonien employé au chemin de fer de Lyon. Dans la période récente, certains scientistes ont raillé les craintes et les critiques suscitées par le nucléaire ou les OGM en les comparant à celles qui s’étaient exprimées lors de la naissance du train au XIXe siècle. La méfiance qu’avait manifestée à l’égard du progrès « une fraction de la classe dominante restée oisive et qui, par ses goûts et sa sensibilité, était attachée aux anciens plaisirs du voyage » est généralement rangée au rayon des protestations romantiques ou aristocratiques, bref, réactionnaires.


Bien qu’il rejoigne une même condamnation sans appel, le point de vue ici exposé sur le chemin de fer ne prête aucunement le flanc au mépris ni à la moquerie. Louis-Gabriel Gauny

ne dénonce pas seulement l’exploitation, la sujétion et l’abrutissement propres aux grandes organisations industrielles du XIXe siècle : se souvenant de son indépendance, des goûts et de la sensibilité qu’il avait développés grâce à son ancien métier, il juge durement la nature et les buts mêmes du chemin de fer, constate sa nocivité au plan économique, social, écologique, et imagine une organisation du travail fondée sur l’association et non plus sur la contrainte salariale et la compétition économique. Un ralentissement du rythme de la vie sociale, ajoute-t-il, rendrait caduque la nécessité de se déplacer à grande vitesse et nous épargnerait les gaspillages et les saccages qui vont avec.

À l’heure où, soutenus par la technocratie européenne et faisant fi de l’opposition déterminée

des populations locales du côté italien, les États français et italien tentent de faire passer la ligne de TGV Lyon-Turin à travers les vallées et les cols alpins, on peut mesurer la profondeur des vues de Gauny et celle de l’impasse à laquelle nous sommes acculés : notre vie quotidienne est toujours plus étroitement dépendante de la circulation des marchandises, dont l’accélération détruit les conditions d’une vie libre, par la production de déchets nucléaires ou par l’aménagement du territoire à grand renfort de bétonnage, de quadrillage et
de mise en valeur économique.

Contrairement à certains organismes internationaux, nous pensons que le problème le plus urgent à combattre aujourd’hui n’est pas la misère, mais l’esclavage (cf. l’encadré à la suite l’article sur C. Lasch) dû à la domination de l’économie et de la technique sur nos vies.


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