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Publié par Christian Hivert

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"T’écris des poèmes, mais c’est super ça" "Et ma Reine, que prendras-tu" "Un café, Rachid, avec un verre d’eau" "La même chose, merci", un des deux cousins avait toujours une amabilité dans ses propos, les jeunes filles pénétrant la pénombre de son café étaient trop rares.

 

Elles en étaient chassées par l’appréciation masculine encore trop répandue chez ses clients habituels, une femme entrant chez les hommes buvant est femme à s’offrir en payant, selon qu’elle soit jeune ou bien vieille l’argent ne passe pas dans le même sens, Reine était sa protégée.

 

Il ne fallait plus vivre en grand parents, le monde évoluait, il fallait en finir avec ces idiots mensonges, l’autre cousin, Mansour, était plus froid, cette présence féminine émoustillait trop violemment la chair abreuvée d’alcool de ces esseulés dont certains dansaient les bras en l’air.

 

Claquant des mains et trémoussant le bassin, ils étaient ivres ces princes du désert déracinés, et son sens de la prudence le faisait s’inquiéter, d’autant que la jeune fille en question était une petite fille des montagnes de Kabylie, tout comme lui en était un petit fils, faut s'entraider.

 

On la voyait plus souvent en compagnie de roumis à mauvaise réputation, jamais à la recherche du parti honorable, toute jeune fille de bonne famille devrait avoir à coeur de s'en trouver, il n’était pas certain mais cette évolution de société n'allait pas dans une bonne direction.

 

Mais Allah choisit ses prophètes et ils font entendre leur voix, en tant qu’individu, si ça ne foutait pas la merde dans ses affaires ce n’était pas son histoire, "maktoub ! inch’Allah !, c'est la vie,"  Reine se débrouillait bien, "Et à part écrire des poèmes ? Tu fais quoi d’autre ?"

 

"Je cherche à vivre en conservant la liberté de mon temps !", elle sourit, lui aussi "Alors pour le moment, j’ai trouvé un plan avec un propriétaire d’immeuble vide, il m’autorise à occuper un appartement et je le préviens si des squatters s’installent." "Ah, t’’es gardien alors ?"


"On peut dire ça comme ça, concierge du néant, gardien des murs murés" "Poète avant tout ?" "Tentative, modeste embryon, et vous ?" "Mais c’est amusant qu’on se rencontre comme ça, justement avec ma soeur Nora, on se disait qu’il y avait pleins de poètes, de musiciens, écrivains,

 

Des artistes cachés, partout dans nos villes, on faisait l’édito du numéro zéro de notre journal en disant, si vous ne venez pas maintenant, nous nous rencontrerons par hasard, pourquoi attendre, et maintenant tu viens me parler, toi, un poète",  "C'est magique", elle aimait les candides.

 

"Ouais, ben moi, c’est un peu comme toi, j’essaies de ne pas me faire voler mon temps, et puis là, avec ma soeur, on monte une association pour la découverte des artistes inconnus et on prépare le lancement de notre journal, on espère en vivre" "Un journal, c’est un sacré boulot ça"

 

"Assez, ouais, mais heureusement ma soeur travaille dans un atelier de photocomposition et on peut utiliser leur matériel en dehors des heures d’ouverture, alors on y va travailler la nuit sur le journal, ça économise des frais" "Ah, piratage des moyens, excellent"

 

"Eh ! Oui ! Au départ on n’a pas d’argent pour faire ça, tout ce qu’on gagne on le fout pour boucler les frais d’imprimerie, même en faisant la moitié du travail nous même, il nous reste quand même dix mille francs à trouver" "Ca fait une somme, mais ça reste tout à fait trouvable !"

 

Jusqu’à ce qu’ils se retrouvent, sa queue à lui plongée dans la chaude intimité de son ventre à elle, ils eurent entre eux plusieurs heures de discussion animée et de promenade, et elle désira à l’orée du soir visiter sa loge, elle lui mit aussi la main sur son sexe durci, elle faisait tout.

 

Alors il lui faisait l’éloge de la qualité amoureuse des témoignages épistolaires de tel grand écrivain, alors elle lui ferma la bouche d’une langue fouineuse avide de montrer des talents digne de la parole, alors elle le poussa sur le matelas garni de couvertures SNCF, alors elle était nue.


Elle lui baissa aussi son pantalon et le dirigea de deux doigts au devant de son sexe mouillé, puis les cuisses entourant son bassin elle l’encouragea enfin à pistonner sans relâche, en elle, elle l’imagina puceau, quelle merveille, quels délices, il n’osait pas encore la prendre.

 

Elle les prenait, les mettait, non pas eux, mais la part d’eux la plus utile lorsqu’ils se taisent, la plus utile pour la combler de jouissance, elle n’aimait que le va et vient, hésitant et empressé, va et vient jusqu’à la folie, angoissé et rassuré, va et vient infini, savoureux et rude, labourant.

 

Glissant et retenu, va et vient pilonnant, musclé et attentif, elle râlait, criait, incessant va et vient, le meilleur d’eux-mêmes, en général, après il fallait les chasser avant de les rendre fiers,  sans leur autoriser de droits sur la viande, elle ramassait ses dentelles, elle s'essuyait.

 

Il s’était séparé d’elle depuis un moment déjà, avait lentement glissé de la position du missionnaire triomphant à celle du chien couché dormant, telle était la vie se dit-elle, se faire mettre, puis parvenir à se faire oublier avant qu’ils ne se réveillent, et s'esquiver sans regrets.

 

Il lui suffisait de se dégager du lit, souple et féline, d’enfiler ses vêtements en silence et de tracer, leur laissant un joli rêve au creux des reins, emmenant leur semence perlant entre ses cuisses, c’était un échange correct et sain en toute espèce de mesure, ses mesures apaisées.

 

Du moins le comprenait-elle ainsi, mais le monde en général était moins compréhensif, la plupart des humains mâles vindicativement contrariés, s'ils avaient obtenu le privilège de l’intimité et de la pudeur, si ça leur avait plu, ils réclamaient le corps entier, pas le sien.

 

La jouissance du corps à demeure pour toujours, cette fois ci, elle n’eut nulle envie de disparaître ainsi, Albert non seulement ne ronflait pas à ses côtés, il semblait, peut-on jamais en être sûr, ne pas avoir de prétention à disposer de plus qu’il ne pouvait à l’instant consommer.

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