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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

Mâle dominant sait si bien trouver la plaisanterie dépréciative pour réduire d’un bon mot un rival, c’est toujours une franche rigolade si l’on n’y réfléchit pas, puis avec le recul, on s’aperçoit qu’il a su rendre l’assemblée complice d’une vilenie, trônant au milieu des consciences altérées.

Mâle dominant est toujours très pressé pour rendre un service en échange d’un mur remonté dans sa maison, il ne faut pas que cela traîne, cela devrait déjà être fini, si cela avait été mieux organisé aussi, pourtant le travail avançait bien, tout le monde s’amusait, trop bien chez un autre.

Mâle dominant a toujours des idées fabuleuses pour gagner du temps et faire un travail plus vite, sur un petit chemin de terre en montée, on fait passer un camion bien mieux qu’une voiture, voyons, ensuite la voiture ne passe plus à cause des ornières, et le camion n’est plus disponible.

Pour apporter du fumier à quelques kilomètres le camion ira plus vite qu’une remorque et plusieurs voyages, travail à la chinoise, mais le camion doit être chargé et déchargé, entretenu, la journée est passée sans souffler, les voyages permettaient de se reposer, rien n’est gagné.

 Mâle dominant sait être particulièrement chaleureux et humain lorsqu’il a besoin de monde pour ramasser ses pommes, il sait être ferme et offensant au moment du travail, et être parfaitement disgracieux et insultant le travail fini, à dégoûter de la soirée conviviale, pour ceux qui restent.

Mâle dominant n’a jamais aucune hésitation sur aucun sujet, il sait toujours si parfaitement toutes les choses nécessaires à sa vie et celles superflues à la vie des autres, il a une connaissance absolue et innée de tous les thèmes connus et inconnus, il connaît bien son monde, le monde.

Mâle dominant sait impressionner à la perfection, lorsqu’il reçoit, avant de faire des travaux chez lui, il sait amadouer l’un, flagorner l’autre et conserver la maîtrise des débats en toute circonstance, valoriser ses amitiés, dans la mesure et le moment de ses besoins, un très bon convive.

Mâle dominant le dit aisément de lui-même, avec toutes les idées fabuleuses de son imagination, il lui manque le monde compétant pour les réaliser, il dirait tout ce qu’il faudrait faire, pas la peine de se mettre à plusieurs pour en discuter, il suffirait de faire ce qu’il dit, il surveillerait.

Mâle dominant ne parle jamais aussi longuement de quelqu’un que pendant son absence, il sait décortiquer toutes les âmes, toutes les intentions, il sait ce que les gens dont il n’a pas besoin sont vraiment, l’occulté derrière ce qu’ils montrent, chez les autres, ce n’est jamais très glorieux.

Mâle dominant persuaderait un mort de vivre si cela lui était d’une quelconque utilité, dans sa toute puissance souveraine, il se persuade lui-même de ses magies, il est le maître du festin, il dirige les éléments et les destinées, son puissant souffle conduit toutes les énergies, tous les destins.

Mâle dominant sait être généreux, et offre largement les rebuts usagés de ses possessions, il a donc un service à vous demander, il sera d’une amabilité complice et se fendra d’un compliment tempéré cependant par une critiqueacidulée, il a donc une idée à vous soumettre.

Mâle dominant possède des enfants, une compagne et des animaux, cela lui est toujours bien utile et aide à faire passer beaucoup de choses, comment en vouloir à des enfants, à un chien, des vaches, seriez-vous des monstres de vouloir les commander, des autoritaires de leur parler ?

S’ils cassaient chez un autre, c’était mal rangé, s’ils étaient désagréables avec vous, c’était mérité, s’ils répétaient les injustices de leur papa, la vérité sortait de leur bouche, s’ils se mettaient en danger, vous auriez pu faire attention à eux, vous n’aimez pas les enfants, vous les blessez.

Mais si vous avez la moindre critique à formuler à l’encontre de ce fonctionnement, vous êtes certainement jaloux, vous avez un sentiment rentré et pernicieux de frustration narcissique, un manque de reconnaissance, une blessure d’amour-propre, vous êtes pervers et dangereux.

Dans un monde où l’individualisme est survalorisé et où le résultat de la réussite sociale compte plus que la manière dont on y est parvenu, nulle doute que Mâle dominant figure en bonne place parmi les malhonnêtes gens bons, il a su se débrouiller, sa combine fonctionne, c’est efficace.

Arthur ne sait pas faire cela, il n’en fait qu’à sa tête, il impose sa manière de faire sur tout ce qu’il fait lui-même, il impose son aide, au bout d’un moment les enfants ne parlent plus que de lui, Arthur en était bien conscient, la maison de Mâle dominant était achevée, c’est fini les douceurs.

Mâle dominant doit être très malheureux, il ne sait pas se dominer, petit à petit beaucoup s’écartent de lui, vexés, trahis, la maison est finie, mais les amis n’y sont plus, Mâle dominant un jour vieillira, on le verra alors courir, poursuivi par le futur, plus jeune, plus dominant, plus mâle, plus.

Arthur s’est replié sans faire de bruit, il n‘a rien à reprendre, rien à comprendre, en a-préhension comme à son habitude, avec une larme pour la convivialité saccagée, au revoir les enfants, vous saurez oublier, la jalousie d’un père dégrade l’existence, votre maison est belle, c’était pour vous.

Arthur se plongea la tête dans l’eau du bidon, se secouer, se secouer, arrêter de ruminer, de ressasser, une place possible dans une vie possible, avec une utilité nécessaire aux autres pour en retour assurer sa stabilité, c’est tout ce qu’il voulait, c’était peu, le minimum Humain, c’est tout.

Le soir fraîchissait, le fourneau fuma un peu, par l’ouverture de sa tente il voyait les étoiles dans leur si lent mouvement apparent, ces boules de feu dense si anodines et figées émettaient leur lumière d’avant tous les temps humains, il frissonna d’immensité, le vaisseau Terre naviguait.

Le parfum du riz avait envahi son appétit, il mangea, presque reposé comme depuis longtemps, sa journée avait été bonne, il s’était senti en progression, le signe du jour suivant le mènerait-il plus en avant, sur son chemin d’Homme, il se coucha, il avait le temps, d’un rêve, d’une vie.
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