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Publié par Christian Hivert

C’était plus qu’un manteau, plus qu’une enveloppe terriblement ajustée, plus qu’un état morfondant, plus qu’un ravage intérieur, plus qu’une glue poissante, plus qu’un acide dévorant, plus qu’une force rongeante, une asphyxie émotionnelle, plus, et pis quoi, en mourait-il ?

Il avait mis des années avant de mettre un mot sur l’envahissement de son être, sans qu’il n’en soupçonne l’existence tant il était né avec, une hydre immortelle, indescriptible, invisible, phénoménale, hypocrite, enfouie, inattaquable, la souffrance, seul le rire aux éclats le guérissait.

Combien de fois était-il resté ahuri, aphone, apathique, comme un stupide sans direction, à angoisser de faire ce qu’il connaissait par coeur, apeuré de tout geste,restant immobile, comme pétrifié, connaissances enfouies, de longues minutes, autiste, dans l’imminence d’une catastrophe ?

C’était sans doute cela le pire, l’effet pernicieux le plus intense, cette impression de ne plus vivre, et de ne pas pouvoir mourir pour autant, de ne plus être en mesure de créer, d’agir, de transformer, encore moins d’imaginer, les chercheurs se pencheraient-ils sur cet étrange phénomène ?

Cent cinquante mille secondes plus tard, et parfois bien plus tard, il lui arrivait d’émerger, de ressentir à nouveau une bribe d’envie de bouger, ou bien encore la nécessité impérieuse de sa survie et des engagements pris le poussaient littéralement à avancer, une bête à l’abattoir.

Il lui arrivait alors parfois l’étrangeté de se morceler, un double de lui, automatique et inconscient, fonctionnant aux réflexes primaires, prenait le contrôle sans erreur de l’opération à mener à bien, c’était très pratique, il avait nommé en anglais cette fonction, le stand-by

Mais quelle était donc cette appréhension continue de ne rien pouvoir saisir, d’abandonner tout, de ne retenir rien, de ne plus vouloir construire pour ne plus être pillé, de refuser toute tentative de domination, toute incivilité affable, se soustraire aux arrogances, au défi de toute vie ?

D’autres avaient la possibilité de faire autrement, et ne s’en privaient pas, il s’était toujours étonné que cela fut possible, les systèmes de domination utilisés appartenaient à la grande panoplie des siècles d’avachissement de l’humanité, depuis les empires initiaux rien n’avait changé.

Dans nos sociétés modernes et prétendument policées, cela prenait en apparence des tournures moins barbares qu’au cours des millénaires précédents, mais les dégâts que génèrent les injustices cyniques étaient toujours aussi effondrants, un gâchis d’énergies et de ressources, une gabegie.

Il s’était souvent confronté à ces pilleurs des savanes, imbus de leur médiocrité, juste bons à profiter des efforts et du travail des naïfs et déshérités ses frères, incapables qu’ils étaient d’apprendre la moindre connaissance utile, les prédateurs, sans valeur, sans morale, sans dignité.

Il s’en tenait soigneusement à l’écart, rusant parfois des jours, ou bien se coupant d’une ressource et de l’accès à une facilité, s’obligeant à imaginer d’autres solutions plutôt que de risquer de tomber entre des griffes d’accapareurs et de payer un service de rien par une trop forte iniquité.

L’habitude et les fortunes diverses lui avaient appris cela, il n’avait jamais eu la prétention d’avoir besoin de plus qu’un autre, bonne nourriture, vie saine, banquets amicaux et nid pour ses amours du moment, c’était assez possible sans besoin de se soumettre honteusement à personne.

L’un d’eux malgré tout avait retenu largement son attention, dans les tout débuts de son installation en Ardèche, c’était de loin le plus beau, un archétype, intrigué, il s’était volontairement placé sur sa route, pour mieux l’étudier, il n’avait pas été désappointé, un parfait cas d’école.

Mâle dominant

Plus que tout autre vivant au détriment de plus faibles, physiquement et psychiquement, plus que les maîtres de la planète n’ayant plus rien à asseoir, possédant tout, plus que des nobliaux à l’ancienne manière pour qui tout est dû, même et surtout l’indu, c’était le mâle dominant.

Il était le maître de toutes les tribus d’hirsutes avoisinantes, ce milieu où logiquement ce genre de comportement aurait dû paraître le plus incongru et impraticable représentait son vivier de pêche le plus fécond, en toute-bonne conscience, dans la plus franche rigolade, un art.

Durant toutes ces années, la construction de sa maison ne lui avait pas beaucoup coûté d’efforts ni d’achats de matériaux, l’esprit de solidarité entretenu comme une valeur sûre était son plus profitable pourvoyeur de main d’oeuvre et de savoir faire, tous avaient travaillé sans rechigner.

Il suffisait d’organiser placidement et ouvertement un déséquilibre d’équivalence de compétences constamment à son avantage et bénéfice, dans un système d’échange consenti au gré à gré où il convenait de ne pas jouer les comptables, c’était droit dans les yeux, et tout pour lui.

C’était un type fort en gueule et carré d’épaules, à l’allure avenante, bien campé, souvent jovial et entraînant, un bon compagnon, sans nul doute un candidat à l’amitié, avec femme et enfants pour la réalisation de ses plans les plus compliqués, maître, débonnaire, accueillant.

De prime abord et sans le connaître particulièrement, un bon bougre débordant d’idées intéressantes, toujours à mijoter un projet, novateur en tout, activateur d’énergies, le plus généreux et parfait constructeur d’un monde juste et humain, très convaincant autour de sa ruine à remonter.

Mais peu à peu la vérité se faisait jour, peu à peu les détails troublants s’accumulaient, peu à peu la distorsion apparaissait, et tous ces efforts s’agençaient parfaitement dans une logique froide d’anéantissement, une défaite outrageante pour l’avenir des pratiques collectives.

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LADY MARIANNE 09/08/2009 21:22

Tu viens de recevoir un gros bisous parce qu'aujourd'hui la guerre des bisous a commencé sur le net. Pour la continuer, dépose un bisous sur tous les blogs de tes amis, y compris sur celui qui te l'a envoyé.LADY MARIANNE