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Publié par Christian Hivert

Le danger ne se manifeste plus sous la forme d’un flot d’hormones animales soudain et bêtement subi, poussant à l’action défensive ou au retrait protecteur, mais comme un  incident suscitant une réflexion dubitative, tout d’abord est-ce bien un danger, c’est tout aussi surprenant.

Il tenta un moment de faire l’inventaire des informations mises à sa disposition dans ce si bref temps de son passé récent, il avait tué le jars, bousillé sauvagement serait plus juste et il avait été se remettre de son accès d’affreuse bestialité au bistrot, mais maintenant il n’était plus ivre.

Le phénomène s’était complètement stabilisé, comme en apesanteur gravitationnelle, et il ne semblait pas devoir y avoir d’explication rationnelle satisfaisante ou permettant en tout cas de se mettre à l’abri d’un diagnostic de dérangement mental, il était fatigué, à bout.

Le voilà donc stupéfait, à supputer comme un inculte sur une manifestation originale et inconnue du réel usuel, largement parallèle à tout ce qu’il avait pu vivre jusqu'à présent, sans explication, sans aide, pas même de témoin sous la main, pas même le chien, endormi en boule.

Sa compagne était partie se coucher sans l’attendre, les plats sur la table étaient froids, et lorsque c’était comme cela, cela voulait dire qu’elle s’était occupée seule et à contrecoeur des bêtes et des fromages, cela eut été une faute majeure de tact que de déranger son premier sommeil.

Il aurait quand même bien voulu partager et communiquer avec quelqu’un son étonnement et son ignorance, garder une trace de l’événement lui était impossible faute de matériel photographique opérationnel, l’insolite résiste aux temps et se fraie une place dans les souvenirs.

Il parvint malgré  tout à s’endormir, comme un bienheureux d’avoir pu être témoin d’une exception magique au déroulement horloger de la routine habituelle, persuadé d’avoir eu une chance fabuleuse, d’être aux côtés des choses uniques, d’être au bon moment, au bon endroit.

Dans le courant de la nuit, une fraîcheur inopportune et inconfortable le fit se replier vers la maison, depuis le patio aux émanations paisibles où il s’installait parfois la nuit pour profiter des étoiles, la montagne avait repris son aspect assis de masse rassurante, le chien l’accompagna.

Le lendemain tôt levé, après avoir sorti toutes les bêtes et préparé les activités du jour, bu le café et s’être gratté cent fois la tête en regardant dans la direction de la vision de la veille, il résolut de s’en ouvrir à sa compagne, toute trace des anomalies avait disparu à la lumière du jour.

Ce fut une des scènes les plus démoralisantes qu’il soit et il ne convient pas de la raconter sans courir le risque de dévaloriser gravement les capacités de compréhension et de compassion d’une jeune femme pour autant pleine de qualités, Arthur lui pardonna en son coeur.

Mais puisqu’il n’était qu’un poivrot au bord du tremens en proie à un début de psychose mystique obsessionnelle, cela ne dérangerait personne, sans nul doute, qu’il aille soigner sa maladie parmi les humains ses frères dans des lieux particuliers où il sera entendu et compris.

Au bord de la fureur, de la rage et de la vexation, il préféra comme à son habitude ne déclencher nulle guerre et tourna les talons en direction du salvateur lieu de rencontre des oisifs et désoeuvrés de la vallée, ils avaient très certainement vu quelque chose, rien n’est inexplicable.

Il lui fallut patienter un certain temps avant d’avoir le renseignement, d’autant qu’il ne revendiquait pas avoir vu quelque chose de si exceptionnel que cela, n’ayant aucune ambition particulière à se faire ridiculiser, échaudé par les vivacités matinales, curieux et prudent.

Mais quand on lui demanda poliment et très doucement s’il s’intéressait habituellement aux phénomènes atmosphériques insolites, il se tint sur ses gardes et resta un moment coi, ayant l’excuse de vider son canon de rouge pays, que savaient-ils, avaient-ils vu les lueurs ?

On lui conseilla d’attendre une semaine jour pour jour, à la même heure, pour constater la même apparition, vraisemblablement au même endroit, au moment etpendant la période où la nouvelle boîte de nuit du village allumerait à nouvea  tout ses puissants projecteurs publicitaires.

Tout le bar fut prit d’un fou rire magistral, ils en hoquetèrent, il en fut fatigué des zygomatiques et des différents muscles du visage pendant plusieurs jours, sa notoriété et la sympathie naturelle qu’il inspirait dans la région s’en trouva nettement accrue, le rire est un bien commun.

Il oscillait ainsi continuellement entre marques d’estime amusée et indifférence vacharde, attitudes contradictoires ne lui semblant pas plus adéquates à sa personnalité l’une que l’autre, il ne dissuadait ni n’encourageait, la tranquillitéqu’il recherchait désirait certaines discrétions.

Il faisait plus cas de ses qualités personnelles et de ses compétences que de cellesdes autres, jusqu’à preuve d’un contraire irritant, il faisait largement confiance, mais alors il valait mieux ne pas le décevoir par des humeurs viciées et déloyales, il n’oubliait ni le bien ni le mal.

Il se promenait dans la vie tel un gamin constamment émerveillé par les immenses possibilités de l’espèce humaine, pour le pire et meilleur, malheureusement il se sentait englué de plus en plus dans une époque en pire, comme jamais depuis la sortie hominidée de la savane originelle.

L’équilibre oscillant du fléau d’une vieille balance de marché résumerait bien sa conception interne de l’ordre convenable des choses, bien pesées, bien vécues sipossible, ni trop fortes ni trop faibles, en instabilité entre le dominant et l’insoumis, neutre en option, soif de justice.

Pendant des années, il s’était mis à la tâche, avec sa compagne, laquelle lui apportait ce calme lui faisant défaut, et même en devenant polyculteur éleveur et vendant ses fromages de chèvre dans toutes les vallées alentour, la sérénité ne parvenait à s’arrimer, manque de certitude.

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