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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

Lorsqu'elle en ressortit en s'ébouriffant les cheveux, Arthur, pour s'occuper, avait disposé sur la table les éléments nécessaires à la consommation d'un café, il baissait les yeux, visiblement il était encore troublé et Reine dans sa robe noire boutonnée sur le devant s'avança crâne vers lui.

 

"C'est super sympa, dis donc, le lit, le café, tu t'occupes de tout," "Oh, ce n'est rien, j'avais envie de vous voir, comme j'avais le temps, et puis il fallait que je débarrasse mon ancienne cave de ce canapé, c'est les restes de mon appartement quand j'habitais à Belleville, il y a deux ans"

 

Arthur prenait conscience de son émoi et de ses manifestations, il était clair que le rouge de ses joues n'avait plus rien à voir avec l'essoufflement dû à la montée de l'escalier, Reine avait voilé ses rondeurs et sa peau lisse et douce, c'était une aumône, elle lui faisait l'hommage de sa pudeur.

 

Elle ne chercherait pas à le séduire, c'était visiblement déjà fait, mais elle ne voulait pas non plus le rejeter, ce geste incongru et soudain l'avait fortement impressionné, ce gars-là n'était pas comme le tout venant, il donnait avant de prendre, serait-il jaloux, il faudrait voir cela.

 

Reine servit les cafés en faisant très attention à ne pas le frôler, à ne pas froisser la distance du respect de cet être nouveau dans son monde, il lui semblait bien que cela allait la changer de tous ces branleurs de quartier devenus camés ou dealeurs, c'est-à-dire impuissants, ou non baisant.

 

"Bon ben, assieds toi, tiens je vais faire un petit pétard, léger parce que Nora , ma grande sœur veut que nous soyons clairs pour aller voir l'imprimeur et régler les détails pour le paiement des milles Premiers numéros, il va falloir que l'on s'active, fini la rigolade, il y a du bouleau"

 

"Et vous? Votre bar, ça tiens? j'ai croisé Narco hier, il va peut être reprendre l'appart de Nora à Philippe Auguste, lui il pense que vous ne savez pas le tenir, ça va pas durer longtemps, enfin, c'est ce qu'il dit" "De quoi se mêle-t-il, nous n'y serions pas, le local serait constamment fermé"


"Et lui, il pense que s'il n'avait pas été là , vous n'y seriez pas" "La terre ne nous porterait pas , nous serions ailleurs dans l'espace" "Et où ça alors?" Nora venait de sortir de la salle de bains, c'est-à-dire que dans le même temps, elle avait fait irruption  dans leur début de romance.

 

C'était un peu cela de partager le plus clair de ses moments avec ses frères et sœurs, on ne savait jamais bien d'où ils pouvaient sortir ainsi avec une si grande pertinence de chaque coin de sa vie privée, et Nora venait de sortir de la salle de bain, elle reluqua Arthur, elle l'aimait bien.

 

Reine finissait de rouler le pétard," Du sérieux ma sœur, du sérieux, nous avons rendez-vous avec l'avenir" Nora intervenait, elle fila à demi nue, le reste protégée par une grande serviette de bain, sous la grande couette, la nuque atterrie sur la tête d'oreiller elle demanda "Et mon café?"

 

Il y a de ces princesses parfois pour vous rappeler la beauté des instants, Reine sourit à sa robe noire boutonnée sur le devant, elle servit un café à sa sœur, Arthur devenait comme un chat en quête de ronronnement, il devenait comme un gamin puceau au bordel, en plein bonheur.

 

Malgré toutes ses manières et ses rondeurs enveloppantes, Arthur devenait transparent à Reine, et, à partir de ce moment, elle l'aima, à sa manière, elle lui reconnaissait d'emblée le courage et la sincérité, mais ce n'était toujours pas le Prince Charmant, elle souriait toujours, finaude.

 

Ils étaient partis peu après, Nora était impatiente de pouvoir négocier, et Reine temporisait, ils partirent en métro, puis à pied, Arthur se sentait entraîné dans un tumulte inconnu, Reine avait encore un œil traînant derrière elle, consciente, elle avait un impact sur l'environnement, un trouble.

 

Puis Reine pensa à Arthur, elle se fit jeune fille, ne voulut pas l'intimider, n'était-il pas le compagnon tranquille dont sa vie avait tant manqué depuis son adolescence, et si ce jour était le début d'une histoire grave, Reine eut le pressentiment d'un assentiment, d'une histoire.


Elle fut émue à cette danse de pas de chat feutrés, Arthur enveloppait ses rondeurs charnues sans jamais les toucher, elle s'environnait de désirs purs, le vent la frôlait, sa puissance était encore plus forte qu'elle ne l'imaginait, même des types biens s'intéressaient à elle, la suivait.

 

Elle eut envie de le séduire, mais il était visiblement déjà amoureux, lui faire oublier ses cuisses, ses seins, ses reins, elle ne pouvait pas s'amocher tout de même, et puis elle ne lui réservait aucune exclusivité, elle resterait libre, mais elle ne le rejetterait pas, il lui plaisait, resterait-il?.

 

Etait-ce cette naïveté originelle de l'enfance des humains, ce regard clair de puceau, cette espérance et ce respect, il était touchant, le seul depuis longtemps, le seul depuis tout le temps, elle se surprenait à vouloir de son affection, elle espérait ses attentions les plus courtoises.

 

Ils filaient tous les trois le long des rues du onzième, il ne fallait pas louper le rendez-vous, Nora râlait en se retournant,"speedez-vous, c'est important", Arthur ne voulut pas quitter les pas de Reine , elle lui en su gré, mais elle accéléra, il ne fallait pas faire attendre Nora, c'était important.

 

Enfin ils arrivèrent , le type du rendez-vous était déjà attablé à une petite terrasse d'un bistrot confidentiel, Nora fit les présentations, Arthur fut affublé du titre honorifique et frelaté de collaborateur de l'équipe du journal, il s'en rengorgea, elles faisaient de lui un familier, il était en chaussons.

 

Tout le temps de l'entrevue, Reine se laissa tiédir non seulement par les rayonnements solaires mais par des sensations enfouies depuis longtemps, pour une fois elle échappait à son rôle habituel, elle devenait mère, elle devenait sœur, elle patientait après l'amitié, son sexe au repos.

 

Celui-là serait son ami, il faudrait un peu de temps, un peu de distance, elle ne devait pas le toucher, elle savait déjà pouvoir être tranquille, il ne la harcèlerait pas, il était de ceux si rares pouvant sublimer leur désir, il était brave et encore chevalier, elle se rendait à son hommage.

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