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Publié par Christian Hivert

Aller voir comment c'est. Entrer dans la photo, être là sur ce chemin de sable, entrer dans le film, aller là-bas converser avec ce type accroupi, pour vivre une différence, pour rompre avec sa vie quotidienne et se la ré-apprivoiser, devenir soi-même l'étranger de l'autre, c'est-à-dire se retrouver en se comparant avec celui que l'on n'est pas et qui vit là.

Les voyages sont petits ou grands, proches ou lointains, toujours préparés, programmés ou plus aventureux. Ils nous font jouer avec notre peur de nous perdre, notre plaisir de nous retrouver, notre faculté de nous émerveiller et de nous attendrir, notre appréhension de l'inconnu, notre éblouissement à l'entrée d'un village.

Les Chinois, tout le long de notre voyage, nous criaient "Lao Waî'"Lao Waî" (littéralement "Vieil étranger") en se cachant de leur audace, pour pouffer de rire depuis un lointain bus brinquebalant et bondé. Mesurer une différence et reconnaître son appartenance, retrouver l'origine d'une ressemblance.

Se ressourcer à ses origines plus ou moins lointaines ou s'écarter de son monde connu et affronter sa différence, se ré-appartenir en se reconnaissant, s'éloignant de soi pour se rapprocher de l'autre, plonger dans un inconnu mesuré de paysages et de cultures lointaines et inattendues.

Le voyage est un mouvement entre l'imaginaire, la peur, la surprise, la déception, l'étonnement, l'amusement, la connivence, le commerce, l'observation, et combien d'autres réactions aléatoires dues aux rencontres furtives, croisements des regards ou contacts plus appuyés.

Mettre le doigt sur une carte les yeux fermés, y aller les yeux ouverts. Profiter de son temps, flâner ou courir pour prendre un bus, foncer à une gare, négocier sa place, négocier son tarif, être de passage, goûter à d'autres saveurs, saisir une fragrance au détour d'une rue, surmonter sa peur et gagner la prochaine étape.

Le voyage régénère, on en revient rechargé, prêt à reprendre sa place ou à en trouver une que l'on saura adapter à ses possibilités. S'en souvenir et le redire ou l'écrire structure la perception que l'on a des choses et des évènements et relativise l'importance des différences constatées. Il ouvre des fenêtres pour sortir de soi-même et affronter le monde.

Se gorger les yeux et tous les réceptacles des sens. Redevenir sensible et en découverte, retrouver la fraîcheur de la curiosité. Hommes avant tout, nous ne faisons pas tout pareil, notre différence est un facteur d'enrichissement général, nous avons pu en êtres surpris et même ébahis, imaginer des routes de la soie, des caravanes, dormir sous une yourte.

Revenir d'un voyage, c'est se retrouver chez soi comme si c'était ailleurs, un peu plus neuf.

Christian Hivert         Prunaret, Octobre 2003

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