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Publié par Christian Hivert

canalisationsPour l'autogestion des luttes Face à la crise, il convient de dissiper les brouillards, les illusions; faire la clarté sur les responsabilités des « décideurs »; sur l'efficacité des solutions proposées.

C'est pourquoi il faut se réjouir d'entendre, lancé par des millions de salariés « la crise c'est eux, c'est pas nous » ou encore, fustigeant « Sarkozy, le pouvoir au service des riches »; et surtout du développement du rassemblement d'un nombre grandissant de salariés de toutes les catégories dans l'action contre les méfaits du capital financier. Cela dit, il y a beaucoup à faire encore sur ces questions.

On ne peut se contenter de déclarations tonitruantes « anti-capitalistes »: il me souvient par exemple de François Mitterrand chantant « l'Internationale », le poing levé devant des dizaines de milliers de manifestants; mais qui assurait devant un quarteron de grands patrons « seul le PS peut demander aux travailleurs les sacrifices nécessaires » et qui imposa au « peuple de gauche » le fameux plan de rigueur au printemps 1983, gel des salaires; étatisation (et non pas nationalisation) de quelques grandes entreprises dont les fonds publics assumaient les pertes, tandis que les parties « profitables » leur restaient.

Ce plan auquel, hélas, le PCF fut associé fit des dégâts dans l'opinion dont une grande partie fût littéralement anesthésié par l'échec des espérances de changements. Et c'était bien là le but poursuivi! Qu'est-ce que c'est qu'un social-démocrate demandait un jeune militant à un vétéran des luttes « c'est quelqu'un, bien mis, bien propre sur lui qui apparaît lors des tensions sociales dans ta boîte, et qui vous assure de son « indéfectible soutien », aussi il vous propose d'intervenir au Parlement, au Conseil général, ou à celui de l'Europe!

Car il veut lui « pacifier les relations patron-salarié »! Ne pas se tromper d'adversaire Mais à ce point de mon récit je reste pantois: SARKOZY SOCIAL DEMOCRATE ? N'est-ce pas ce qu'il fait lors qu'il vitupère « les patrons voyous »; exalte le travail et les « travailleurs qui se lèvent tôt »; à qui il demande de ne pas bouger: lui il va intervenir auprès de la Merkel du patron d'Arcelor ou des banquiers réunis à Londres, démarches pétaradantes et spectaculaires mais tout aussi inefficaces l'essentiel pour lui étant la paix sociale...

Bien sur il y a une opposition parlementaire: le PS que quelques journalistes exaltent comme leader « naturel » de l'opposition, pourtant dès le 10 Mai 2007, il proposait comme alternative l'échéance... de 2012, c'est à dire d'attendre! A la fois effrayés par la crise et la réaction des salariés en lutte il propose un projet qui grosso modo est une re-sucée, légèrement actualisée, du « programme commun du gouvernement de la gauche ».

Madame Buffet est aux anges car, dit-elle, « avec des communistes au gouvernement on peut faire du bon boulot », en attendant, lui aussi, son parti meuble le temps, en distribuant des capotes anglaises devant la cathédrale de Paris. Malheureusement il avait oublié de venir saluer et soutenir les « Conti » venus de l'Oise pour manifester devant l'Elysée. Mais pourquoi est-ce ainsi?

Non, ce n'est pas inscrit dans leurs gênes; non ce n'est pas une dérive de leur nature. Incontestablement c'est le système de représentation politique. Comment les salariés peuvent espérer faire avancer leurs revendications par une Assemblée Nationale qui compte un tiers de médecins (! ) qui soutient un gouvernement qui, en plus de son chef compte sept autres avocats d'affaires sur une trentaine de ministres!

D'autant que les salariés en activité sont absents totalement: aucun ouvrier employé ou cadres, même si certains font état de leur passé « ouvrier » ils sont devenus des professionnels de la politique: préoccupés par leur audience électorale.

Quant aux partis politiques, tous tournent le dos au travail, aux lieux où il s'exerce, laissant ceux-ci à leurs patrons. Aujourd'hui la majorité des gens condamne le grand capital; mais peu considère qu'il est temps que les salariés prennent les commandes POUR L'AUTOGESTION DES LUTTES.

En attendant cette véritable révolution, les luttes se développent et réclament des solutions immédiates et ce n'est pas en chantant « grève générale » sur l'air des lampions qu'on aide les salariés. La grande grève de Mai-Juin a révélé la raison de son efficacité: dans chaque entreprise la grève fut sous contrôle des grévistes de A à Z.

 L'autogestion c'est ça la démocratie

Elie

vu sur http://eldiablo.over-blog.org/article-30706542.html

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