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Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /Juil /2009 20:09
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ciel en réponse au défi de lady marianne du blog chienne de vie

Du rififi sous les révélations fracassantes

Sur près de 4 kilomètres, quelque 2800 menhirs sont alignés à Carnac, en Bretagne. Ces grandes pierres, grossièrement façonnées ont été élevées vers 4500 avant Jésus Christ, elles sont témoins du plus grand secret existant à la mémoire des hommes de cette planète, l'un des tout premiers témoins, tandis que les hommes n'arrivaient pas encore à utiliser des signes abstraits et des combinaisons multiples pour communiquer entre eux, il fallait bien que nous puissions nous déplacer et conduire ces peuples incultes sur les chemins permettant à notre maître de se reproduire, nous leur apprîmes à célébrer son arrivée dans la gloire de son chariot de feu.

Nous réussîmes des accouplements performants entre notre espèce de stellaires et leurs spécimens féminins les plus évolués, ce ne fut pas simple, des erreurs de manipulation étaient fatals, mais les humains ont ce pouvoir étonnant de se fabriquer d'étranges histoires leur permettant de se masquer le réel et de se donner des explications absurdes au moindre phénomène des plus simples, utilisant ces facultés exceptionnelles nous leur fîmes réaliser de véritables prouesses étant donné la faiblesse de leurs moyens techniques d'alors, vers 2400 ans avant la deux centième renaissance de notre maître sous les traits de leur prophète Jésus Christ les premières constructions de Stonehenge, notre observatoire spatial, furent achevées.

Ainsi nous pûmes enfin débarquer de plus grandes quantité de matériaux indispensable à notre activité de survie sur leur planète, nous construisîmes dans les flots les plus reculés de leurs villes fortifiées une île artificielle où nous avons pu pendant quelque siècles diriger leurs civilisations naissantes dans toutes les directions de leur planète, au milieu de leur océan qu'ils nomment en souvenir d'elle l'atlantique, nous masquions nos diverses activités et déplacement aériens rapides sous les traits de leurs histoires mythologiques, de ce centre idéal nous touchions tous les continents et organisions les passages de techniques et de populations qui nous étaient nécessaires, mais ils devenaient curieux envers nous et il nous fallu organiser notre disparition sous la forme d'un faux cataclysme, tandis que nous organisions notre submertibilité au sein de leur immense cache sous marine.

Mais il nous fallait constamment trouver le moyens d'offrir une matrice charnelle féminine aux encodages de reproduction de nos petits stellaires nous arrivant régulièrement à bord des météorites programmées, nous avons réussi au cours des temps à bâtir des peuples et des tribus exclusivement féminines dédiées à ce fabuleux ouvrage , et d'où le mâle imbécile de l'espèce terrienne était irrémédiablement chassé afin de ne pas pervertir leur reproduction, ne reconnaissant que la filiation matriarcale, guerrières, elles se sont battues et ont envahi deux contrées en Asie mineure et en Grèce, les Amazones ont également affronté les troupes d'Alexandre Le Grand entre -331 et -324, ont pris part à la guerre de Troie au cours de laquelle leur reine Penthésilée est tombée amoureuse d'Achille, le meilleur de nos fils stellaires.

Mais nous leur avions donné beaucoup de moyens et leurs civilisations se propageaient sans règles ni code dans des scènes impitoyables de violences et de guerres, cette espèce planétaire ne sait construire sans détruire, si bien que leur éducation prend des millénaires là où le moindre de nos stellaires eut compris en dix minutes, sans cesse nous tentons de leur donner des guides, parfois c'est très imparfait et même une fois cela fut catastrophique, nos encodages poussiéreux voyageant sur les météorites programmés sont endommagés, mais une fois cela fut merveilleux, l'encodage de reproduction de notre fils fut-il en parfait état, ou bien cette vierge nazaréenne étaient elle si pure et intouchée par le moindre mâle imbécile de leur espèce planétaire?

Il fut très vite et sans difficulté leur prophète et sa renommée s'amplifia à un tel point que nous dûmes mettre fin à son apparition dans ce coin là du globe, sa mythologie était lancée et dure de nos jours, les plus grands et les plus majestueux des monuments furent érigés, mais même encore avec cette qualité d'origine, les terriens ne surent s'élever, ils rampent encore dans la fange de la haine et des massacres, ils dressèrent des bûchés, brûlèrent leurs premiers scientifiques, en attendant nous organisâmes le plus beau spectacle de passion jamais vécu dans toute leur histoire, sa célébration rituelle dure encore, ils aiment le sang et les souffrances ultimes.

Mais un de nos grand scientifique masqué de cette époque oeuvrait dans l'ombre et au prix d'un habile complot se procura des molécules véritables permettant la reproduction non sexuée de notre fils, ce qui nous permit peu à peu de cesser de récupérer nos encodages dégradés par leur voyage intergalactique sur météorite, parvenu en Europe, Joseph d'Arimathie constitua un ordre secret chargé de parcourir le globe à la recherche des jeunes filles intouchées susceptibles d'engendrer à nouveau notre fils, ce Saint Graal, renfermant le trésor infini de notre espèce stellaire, l'adn du meilleur de nos fils encapsulé dans ce graal qui fascine parce que cette coupe aura servi à Jésus-Christ pendant la Cène.

La connaissance imparfaite de l'existence de ce graal fit courir bien des chevaliers, contre les guerriers antiques et barbares nous ne parvenions pas à opposer autre chose que leurs imbéciles mâles blindés à cheval, et leurs recherches, nous le pensons maintenant heureusement, échoua, tant il nous parût qu'ils n'étaient pas tous animés des plus nobles idéaux, même réunis au 5e siècle autour de cette table ronde de pierre de granit, à égalité de placement et de parole les uns envers les autres, ils ne purent s'entendre, et que dire alors si le sang du maître fut marié à une de leurs immondes compagnes toutes harnachées d'orgueil et de volonté de gloire matérielle?

Joseph d'Arimathie, par un prodige inconnu même de nos services de plus en plus profondément enfouis sous les eaux du grand atlantique, capta la reproduction exact du visage de notre maître suplicié afin q'un jour ou l'autre nulle confusion ne fut possible, il en obtint comme une sorte de tableau peint et le cacha dans une crypte afin qu'il fut redécouvert par la suite des âges, lorsque enfin, espérait-il, les êtres de l'espèce humaine auraient évolué, mais le tissus d'ensevelissement des corps parvint en triste état, il fallut donc le transférer grâce aux techniques conservées par la mémoire de son ordre secret sur un nouveau tissu, ce fut fait en France au 14e siècle et ce suaire arriva à Turin au 16e siècle.

Tant que des nôtres restèrent sur ces terres celtiques où nous nous sentions si bien et comme sur le cœur paisible de nos étoiles incandescentes, nous aidâmes ces terriens si frustres et si imparfait à lutter contre leurs démons et leur bêtes sauvages, certains l'épée à la main faisant reculer les monstres les plus hideux et les plus enfouis, et faisant vivre également les mythes les plus absurdes protégeant l'accès aux passages les plus utilisés par notre espèce pour rejoindre par les méandres secret du fond du lac du Loch Ness la poussée sous-marine du courant magique du Golf Stream nous déposant non loin de notre base abyssale du côté du triangle des Bermudes, le mystère est relancé en 1933, lorsqu'un couple raconte avoir aperçu dans les eaux un animal gigantesque, le récit fait la une des journaux et passionne la planète, en 1934, un médecin du nom de Robert Kenneth Wilson produit même une photographie du monstre, rebaptisé Nessie, c'était un faux, mais nous devions continuer de conserver le secret sur les accès à notre base.

Afin également de protéger les différents accès de notre base nous encourageâmes un peuple charmant, les pascuans, à ériger des statues géantes, appelées moai, de 3 à 12 m de haut, taillées dans le tuf, roche volcanique, et réalisées au Xe siècle, elles maintinrent à l'écart durant des siècles les peuples superstitieux des îles environnantes et nous permirent de temps à autre de venir respirer à la surface et de terminer de démanteler les installations résiduelles de l'Atlantide que nous avions réussi à faire flotter jusque là prés de trois mille ans plus tôt, non loin le triangle des Bermudes nous servait en approvisionnement constant des moyens technologiques les plus évolués des terriens afin d'alimenter notre pauvreté en matériaux pour consolider notre base, nous étions démunis de tout, notre puissance antique s'amenuisait de manière inversement proportionnelle à l'accroissement exponentiel de la puissance humaine, le cas le plus célèbre remonte au 5 décembre 1945 où cinq bombardiers américains, partis de Fort Lauderdale, ne sont jamais revenus, l'arme secrète véhiculée protège désormais notre base, des bateaux sont également victimes de ces disparitions, des vaisseaux ont été retrouvés intacts, mais abandonnés, sans aucune trace de leurs occupants, des dizaines de navires et d'avions qui ont péri inexplicablement dans cette zone, la plupart faisaient état de condition météo optimales lors de leur dernier contact radio.

Mais nos interventions se devaient d'être de plus en plus secrètes et discrètes à mesure que se développait cet esprit critique et scientifique de certains des éléments de l'espèce humaine, et parfois il nous fallu en passer par l'établissement de véritables sociétés secrètes fortement structurées et puissantes, dont l'ombre chatouillait désagréablement l'orgueil des puissants d'alors, fondé en 1119 à Jérusalem, notre ordre du Temple regroupe des moines combattants entre idéal monastique et idéal chevaleresque, ils sont identifiés par leurs manteaux frappés d'une croix rouge, fidèles parmi les fidèles à notre fils préféré, grâce aux guerres et aux Croisades, notre organisation terrestre s'enrichit et possède plus de 3 000 châteaux dans toute l'Europe et en Terre Sainte, mais nous dérangions les seigneurs et ne pouvions révéler nos secrets, en1311, pendant l'Inquisition, Philippe Le Bel fait emprisonner les nôtres, les brûle et dissout l'ordre.

Nous abandonnons alors toute idée de création de force matérielle et d'empire physique, ne générant tout au plus que de nouvelles guerres et de nouveaux massacres et préférons nous intégrer dans le monde des idées et des réalisations scientifiques de cette espèce devenue au fil des millénaires si étonnante et en définitive attachante, si l'on pouvait un jour leur retirer le goût de s'étriper, ils nous ressembleraient, nous essuyons quelques pertes, l'un des nôtres savait l'or et l'immortalité, en 1679, un mystérieux homme encapuchonné de fer est emprisonné d'abord à Pignerol, dans le Piémont, puis au château d'If sur l'île Sainte-Marguerite. en 1698, il fut enfin transféré à la Bastille, où il trouva la mort en 1703, sans jamais avouer.

Nous suivons les pérégrinations invasives des peuples européens, au désespoir de les retenir d'éradiquer ces civilisations d'Amérique que nous avions mis tant de temps à rendre simples et fières, vivant en symbiose avec leur milieu naturel, nous tentâmes d'ensemencer quelques unes de leurs pucelles, ils en avaient un grand nombre du fait de leur interprétation puritaine des enseignements de notre maître, fils de notre étoile, las autorités religieuses et politiques de la ville s'inquiètent et réagissent, le 1er mars 1962 trois d'entre elles sont accusées de sorcellerie, lors de l'ouverture du procès des "sorcières de Salem", le 1er mai1692, 150 personnes sont en prison, à son issue, en octobre, 19 personnes, condamnées, meurent par pendaison dont 6 hommes, accusés de les avoir aidées, nous avions été obligés de noyer nos activités en leur faisant ingérer de l'ergot de seigle.

Nous subîmes un nouvel échec dans notre tentative de contrôler les familles royales régnantes d'Europe, après la réussite de notre malédiction lancée sur la descendance de Philippe Le Bel, suite à l'extermination de notre ordre du Temple, nous parvînmes à faire engendrer la dynastie des Bourbons par un échantillon abîmé mais cohérent pensions nous de notre encodage, il nous fallut ruser pour réussir à conserver le dernier rejeton de ceux là vivant et le remplacer par son souffre douleur frère de lait, l'enfant mort dans la prison du Temple, en pleine Révolution française, n'était pas le dauphin de France, Louis XVII, fils de Louis XVI, emprisonné avec sa famille en 1792, nous substituons le jeune Louis par le petit scrofuleux à l'âge de 10 ans, plusieurs hommes se font passer pour lui par la suite, dont le plus connu Naundorff, afin de brouiller les pistes des polices de plus en plus efficaces, protégeant la descendance secrète de notre maître.

Parfois nous avons du nous résoudre à commettre l'irréparable, à notre grand regret, il n'est pas une légende, Jack l'éventreur a bel et bien existé, seule son identité n'est pas un mystère pour nous, nous nous étions fait chiper une bribe de notre encodage et dieu sait ce qui aurait pu se produire si ces enfantements avec ces femmes impures et sans attaches avaient été menées à terme, il nous fallait agir dans l'ombre, furtivement, rapidement, à la faveur des nuits glacées et la terreur s'est emparée du quartier d'East End de Londres, lorsque entre 1881 et 1891 onze femmes ont été sauvagement tuées, sept d'entre elles ont eu la gorge coupée et toutes ont subi des mutilations à leur abdomen, d'où le surnom d'éventreur, signe de l'agissement d'un même tueur, dès lors la police s'est lancée dans une intense chasse à l'assassin, quatre suspects ont été entendus mais aucun n'a été identifié comme l'auteur de ces meurtres, l'histoire de Jack l'éventreur, qui a fait la une de tous les journaux et terrifié le monde entier, continue de fasciner les historiens et policiers, on penserait même à une femme, c'est une femme, la plus pure d'ente elles, nous n'en sommes pas fiers.

Nous avons souvent du nous résoudre à tuer, le 4 novembre 1922, Howard Carter et Lord Carnarvon trouvent l'entrée de l'hypogée, tombe souterraine, et pénètrent dans la chambre funéraire du pharaon Toutankhamon, dans la Vallée des Rois, elle renferme un incroyable trésor archéologique dont son tombeau encore intact, un an plus tard ils meurent, le mythe de la malédiction est lancé, 26 autres personnes, parmi lesquels d'éminents égyptologues, trouveront la mort, la cause serait simple, l'intrusion dans le lieu sacré aurait déclenché la fureur de Toutankhamon, une légende jamais prouvée mais qui a renforcé la fascination pour ce roi d'Egypte, en 1985, des chercheurs ont identifié des champignons toxiques, présents dans les chambres funéraires égyptiennes, qui auraient provoqué ces morts mystérieuses, il nous avait fallu faire vite et laisser des traces derrière nous, mais les preuves absolues des contacts entre les stellaires et les anciennes civilisations, notamment Egyptiennes ne devaient pas être connues.

Notre plus monstrueux échec fut bien évidemment l'utilisation d'un encodage tellement corrodé dans la matrice humaine d'une femelle humaine si monstrueusement impure sous ses dehors de jeune allemande prude que nos services furent abasourdis, comment une jeune fille à l'aspect si angélique pouvait-elle être si salace et instruite dans les comportements les plus pervers, nous espérions un messie, nous eûmes un führer, la guerre qu'il déclancha, heureusement prit fin quelques millions de morts et de torturés plus tard, le 30 mars 1945, Hitler et sa femme Eva Braun se suicident par arme à feu, leurs corps sont découverts le 2 mai par l'armée soviétique, il nous avait fallu agir vite pour soustraire ce corps aux expertises de plus en plus précises des nations, aperçu sur tous les continents, le supposé Hitler est poursuivi par les agents du FBI jusqu'en Argentine, en 1956, la justice allemande authentifie formellement les deux corps retrouvés dans le bunker comme ceux d'Hitler et de sa femme, en 1972, la parution du livre Le dossier Odessa, écrit par l'anglais Frederick Forsyth, raconte la traque d'un criminel de guerre nazi, qui se serait échappé d'Allemagne grâce à une mystérieuse organisation baptisée Odessa pour Organisation des anciens membres SS, elle aurait été fondée à la fin de la Seconde guerre mondiale par des officiers SS, parmi lesquels Martin Bormann, secrétaire particulier de Hitler, et Heinrich Himmler, les échappés du nazisme ont irrigué toutes les structures de répression des mouvements sociaux à travers le monde, notamment en Amérique Latine, sous couverture secrète américaine et au prétexte de l'anti-communisme, leur mondialisme qui en découle nous fait trembler, nous ne sommes plus de taille.

Un témoin posthume de notre puissance descendante et de l'apogée de la puissance terrienne fut le Président mafieux américain John Fiztgerald Kennedy, il était notre allié, quoique de mauvaise vie et de moeurs troubles, il voulait la paix, nous n'avons pu empêcher son assassinat au profit des forces ténébreuses des fabricants d'armes et des possesseurs de la puissance pétrolière, ils ont tous été tués, John, ses frères, ses neveux, ses amantes, les témoins et certains des assassins même, rien ne semble arrêter cette nouvelle puissance mondiale, nous nous enfouissons au plus profond des abysses, nous y sommes parfaitement bien, nous avons abandonné tous les oripeaux mécaniques, toutes les technologies, nous avons fait disparaître toutes traces et ce témoignage même ne sera qu'une fiction supplémentaire dans votre imaginaire électronique collectif, à peine mieux qu'un rêve oublié dans le marécage des neurones d'un dormeur s'éveillant aux matins blêmes, le prochain OVNI que vous apercevrez ne sera pas un de nos chariot de feu utilisé pour nos déplacement furtifs mais un de vos engins secrets.

Parfois nous sommes obligés de laisser des traces, le 8 juillet 1947, un fermier découvre près de son ranch des débris d'une prétendue soucoupe volante, mais les autorités parlent de ballons-sondes, oubliée pendant 30 ans, l'histoire ressurgit en 1978 quand le Major Jesse Marcel, qui a participé à la récupération des débris, confie lors d'une interview que l'armée cache depuis des années la vérité sur la découverte de cet Objet Volant Non Identifié, depuis le milieu des années 1950, de nombreuses théories sur la zone 51 et l'atterrissage d'OVNIs circulent, la base de Groom Lake est leur lieu d'étude, tout commence le 25 juin 1947 lorsqu'un aviateur rapporte avoir observé une grande lumière dans le ciel et plusieurs soucoupes volantes près de la zone 51, nos moyens technologiques sont fortement concurrencées par les découvertes constantes de ce peuple planétaire si déroutant, si attachant, si brillant, mais si massacrant, nous ne sommes pas en compétition, nous observons, nous ne sommes pas encore dépassés, si le vaisseau planétaire tient quelques millénaires, quelque force de l'esprit ensemencera cette espèce et l'élèvera au rang des fils des étoiles mais ils sont si étranges, ils sont encore en train de s'entretuer.

Dans vos abysses nous sommeillons, sous la forme brute de nos encodages, nous jouons aux formes colorées et étranges des vies possibles, c'est notre récréation artistique en attendant, à l'abri de la chaleur du cœur de votre planète, sous des milliers de mètre d'eau, protégés de toutes vos folies, nous patientons, disparaîtrez vous engloutis sous vos folies meurtrières? Nous réapparaîtrons alors avec toute la force des vies ensemençant les océans, et nous recommencerons l'aventure de votre planète. Subsisterez vous? Nous sommes bien où nous sommes, cela ressemble un peu au cœur de notre étoile, en un peu plus froid.

Bonne route, terriens.

Christian Hivert Le Libonès Jeudi 16 Juillet 2009,

en réponse au défi de Lady Marianne,

du blog "Chienne de vie" à chienne de vie

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 19:25
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006Pour que le processus puisse tirer l’humanité de l’obscurité, il fallait qu’il s’impose, se renforce et s’étende. Il n’y avait pas le choix. Si pour cela il fallait briser les structures économiques d’un pays fanatisé derrière son tyran, alors tant pis. La reconstruction prendrait, prenait du temps mais grâce aux programmes de kouchnérisation, les populations démunies pourraient survivre, peu à peu se faire défanatiser, et reconstruire leur pays sur le modèle exemplaire du processus. Jojo, franchement, ne voyait pas d’autre solution ! En attendant, Jojo savourait ses moments.

De temps à autre il se sentait un peu seul et désoeuvré, alors il s’occupait de son bien-être avec la plus minutieuse des attentions. Ce soir peut-être irait-il à cette soirée privée où sa cousine l’avait invité. Comme cela il n’aurait pas à se faire à manger lui-même, et puis ça le changerait un peu de ces soirées passées seul à pianoter sur son visiocom pour d’éphémères rencontres entre câblés du réseaux de télé-convivialité. Elle était un peu fofolle sa cousine, toujours à la traîne de personnages les plus marginaux et les plus extraordinaires qui soient. Une ribambelle de peintres, poètes, rebelles et contestataires en tout genre. En général, il s’éclatait bien parmi eux, et puis ça ne prêtait pas à conséquence.

Peut-être y reverrait-il Marion ! Il avait déjà vu des jolies filles, mais jamais son appétit libidineux ne s’était autant aiguisé qu’à son contact. Ce n’est pas qu’elle puisse prétendre rivaliser avec les courbes parfaites des filles de cristaux liquides qui s’affichaient sur les panneaux publicitaires, mais dés qu’elle lui apparaissait, c’était comme si son sang se mettait à faire des folies dans ses veines.

Son seul problème était de réussir à retenir son attention. Comme elle était un peu artiste, sculpteur entre autre, il avait bien tenté de potasser des revues d’art sur son écran, mais ça l’avait passablement endormi. Et il avait déjà deux ou trois fois eu du mal à soutenir une conversation intéressante sur ce sujet. Si l’occasion se représentait il faudrait qu’il trouve autre chose.

Mais quoi ! La dernière fois, il avait appris incidemment que la belle fréquentait les entrepôts et les bureaux squattés par les artistes dans le quartier en réfection de l’Opéra. Pourquoi ne pas se prendre d’intérêt pour ces lieux si « fascinants par leur côté sauvage et la perversité de leur utilisation ».

Tiens, à voir, il faudrait peut-être qu’il tente une incursion de côté là. On ne sait jamais. Sa décision du coup était prise. Il irait à cette fête où il avait été invité. Marion, cependant, loin de se douter à quel point elle poussait à la réflexion les garçons qu’elle croisait était en train de bien se prendre la tête à coller un nénuphar en résine algophtylique sur le front d’une sculpture de bois qu’elle venait de finir. Le titre en serait « idée absconse » mais pour le moment cela ne tenait pas.

Elle fit une nouvelle tentative, puis laissa tout tomber pour aujourd’hui. Il faisait beau et peut-être que Pat-Lou passait l’après-midi dans son atelier. Ses petits seins durcirent d’un coup à l’idée d’aller le surprendre et que là dans quelques minutes si elle le souhaitait elle se ferait prendre, couchée dans la sciure de l’atelier, sous le regard impavide du vieux moustachu du sixième en face, dont la fenêtre se reflétait dans la monumentale glace de l’armoire sur laquelle travaillait justement Pat-Lou. Il suffisait de.....

Pat-Lou était bien là, mais le vieux n’était pas à sa fenêtre. Elle le quitta au bout de quelques instants et s’en fut en baguenaude rêveuse le long des rues. Elle avait une décision importante à prendre pour sa vie et cela la hérissait de partout. Décidément rien n’était simple. Rien n’avait jamais été simple pour elle et rien ne le serait jamais. Mais il fallait qu’elle arrive à se décider et vite, l’échéance était fixée à la fin de la semaine. D’ici là il fallait qu’elle prépare sa réponse, et depuis des mois elle tergiversait.

Voyons, qu’est-ce qui était le plus important pour elle ! Jusqu’à présent elle avait toujours mené sa vie à tâtons, sans trop y réfléchir, sans pour autant faire n’importe quoi, mais aucun choix qu’elle avait fait n’avait présenté d’engagement total, en profondeur comme celui qu’on lui demandait de faire maintenant. Elle n’arrivait pas à s’y résoudre. Si elle suivait sa logique de vie, ses principes, ses engagements moraux, elle ne pouvait pas reculer, il fallait qu’elle accepte.

Si par contre elle suivait son instinct, son caractère, ses lubies et ses fantasmes, si elle n’était pas prête à rompre avec ses envies de l’instant, si elle ne se sentait pas de se contraindre à une trop grande discipline de vie, il valait mieux qu’elle refuse, incontestablement. Mais en refusant, elle heurtait profondément son éthique personnelle. Pourrait-elle vivre comme cela. Jusqu’à présent le problème ne s’était jamais posé .

Elle avait toujours pu mener ses bagarres, ses luttes sans se contraindre, en continuant sa vie de plaisirs, sans jamais se refuser quoi que ce soit que son corps ou son âme n’ait envie. Alors pourquoi maintenant. Qu’est-ce qui ne collait pas ? Elle marchait lentement en ruminant et plus elle ruminait, plus elle s’embrouillait, mais la réponse, claire et lucide, survenait.

Comme elle passait devant la gare St Lazare elle eut une idée qui peut-être aiderait à la résolution de son tourment. Grâce à sa carte « travailleur toutes zones », elle pouvait se rendre partout où elle voulait dans toute la région Ile de France, sans achat supplémentaire de crédit transport, ni justificatif de déplacement. C’était un privilège assez peu partagé, mais avec des parents cadres à la Société Publique de Transports Urbains, cela n’avait rien d’extraordinaire. Depuis la grande rationalisation et les petites qui en découlaient, il était devenu très ardu pour tout un chacun de pouvoir circuler où bon lui semblait.

Des postes de contrôles électroniques étaient installés partout et seuls ceux qui étaient munis des cartes d’autorisation d’utilisation du transport public pouvaient les franchir sans risque. Peu à peu la rationalisation de l’utilisation des transports public s’est mise en place. A chacun une autorisation en corrélation avec son activité et son utilité dans la société. De la même manière avait été rationalisée la circulation automobile.

Seuls pouvaient emprunter les tunnels automobiles à bord d’un véhicule privé ceux qui occupaient un rang supérieur et avaient une activité indispensable au processus. Selon des critères déterminés par les gros ordinateurs processoraux et la caste de ceux qui les géraient. Les autres se contentaient de remplir les wagons dans les tunnels ferroviaires de transports urbains. Et leurs autorisations de transport, en dehors des va-et-vient domicile-lieu de travail étaient déterminés en fonction de la catégorie socio-professionnelle à laquelle ils appartenaient. Pour exemple un père de famille, travailleur de classe A, (travail sans responsabilité ), la plus répandue, ayant de la famille dans l’agglomération des trois Paris avait une autorisation pour un aller-retour par week-end.

S’il en désirait plus il devait faire une demande spéciale et remplir un dossier avec justificatifs, les frais de transports supplémentaires (très élevés) étant déduits automatiquement de son crédit salarial mensuel. Tout un système complexe de dérogations et d’exonérations pour les situations les plus diverses assuraient un minimum de fluidité à l’ensemble. Mais, là, Marion, elle, n’avait pas de souci à se faire de ce côté là, ce qui était très agréable.

Elle pouvait se rendre où elle voulait dans les limites horaires de circulation soit de 5h du matin à 1h du matin tous les jours. Elle en profitait. Et ce privilège représentait justement une partie du problème qu’elle avait à résoudre. Au moment où Marion montait dans le train, Jojo se leva et s’étira et Omar de la bande des Milles, l’un des seuls qui puisse se dire ami intime avec Miro, sortit de la salle de prière, comme chaque jour à la même heure, régénéré. Lorsque Marion débarqua, parmi la cohue des travailleurs des cité-bidons, à la gare de Mantes-cités, le contraste la chopa aux tripes.

Ca faisait longtemps qu’elle n’était pas venue traîner ses guêtres par ici et c’était vraiment saisissant. Sa mémoire l’aida à se réadapter à ce qu’elle voyait. Mais comment les gens qui vivaient là pouvaient-ils l’endurer. Cet espace morne et bétonné. Ces grilles de protection autour de chaque barre de logement et ces gardes avec leurs chiens, c’était tout simplement délirant. Elle se demandait si les gens qu’elle venait voir allaient la reconnaître et vouloir l’aider . Elle était bien consciente qu’elle avait un style de vie beaucoup plus paisible, et que l’on pouvait bien lui en vouloir, lorsque l’on n’avait rien d’autre que son instinct de conservation pour survivre.

Le seul dont elle était sure de pouvoir le trouver c’était Alfred , vu qu’il venait trimbaler sa trombine régulièrement dans les squatts radicaux de Paris, elle avait son contact, il pourrait la guider. Mais en même temps, si elle s’adressait à lui, elle éventait un peu du secret qu’elle se devait de garder pour elle. Et ce crétin d’Alfred avait tellement le désir de se rendre utile pour se faire voir que c’en était louche.

Si les psychopols ne l’avait pas déjà repéré et catalogué, c’est que vraiment leur réputation était surfaite. Mais cela, elle ne le croyait pas. Mais en même temps le fait que cet Alfred soit si crétin et si répertorié comme crétin pouvait être une protection. Si seulement elle pouvait se passer de lui pour atteindre Omar. Il n’était pas question qu’elle aille l’attendre à la Mosquée, trop d’yeux indiscrets et curieux la dévisageraient et tenteraient de se renseigner. Il ne fallait pas qu’elle se fasse repérer ni par les islamistes ni par les Dogues. Et comme Omar fréquentait les deux, c’était pas mal coton.

Elle avait bien pensée à se maquiller, se déguiser, mais trop en faire était bien des fois pire que de ne pas prendre de précautions. La nage en eaux troubles demandait beaucoup de doigté pour passer inaperçu. Mais elle savait faire. Elle se dirigea d’un pas décidé vers l’immeuble qu’Alfred lui avait indiqué à deux pas des barres de travailleurs. Il faudra qu’elle affronte la fameuse Samira qui viendra la flairer à coup sûr. Mais ça ne la dérangeait pas , au contraire un peu d’amusement pervers lui ferait du bien. Samira avait horreur qu’une belle fille traîne dans se parages, à moins qu’elle n’en ait besoin. Et Marion avait horreur des reines.

Sa figure préférée était le cavalier. Le cavalier qui galope librement et fièrement, ou encore le fou distrayant comme Jojo, ou encore la tour solide et imprenable comme Omar. Mais pas la reine avec ses privilèges. A cause de ses privilèges, justement ! Elle avait en horreur ces individus qui se permettaient de régner au milieu de leur petite cour. Mais s’il fallait se servir d’eux et si c’était pour la cause, il n’y avait pas le choix. L’ascenseur fonctionnait, c’était déjà cela.

C’est vrai qu’au niveau de la bidouille c’était de bons artisans ! Si seulement ils pouvaient comprendre un jour que cela ne rimait à rien de se construire ces petits privilèges , que le monde en crevait de ce genre d’arrogance et de ces comportements faussement rebelles, réellement envieux ! Mais là-dessus les bannis avaient certainement raison. Tant que pèserait la chape de domination du processus, les rapports humains ne pouvaient vraiment progresser. La seule chose dont elle n’était absolument pas certaine, c’est la confiance qu’avaient les conspirateurs dans l’insurrection programmée.

S’ils se plantaient, la tuerie générale qui s’ensuivrait forcément ne servirait à rien et le processus renforcerait son pouvoir pour des années encore. Et elle ne voulait pas participer à un fiasco pareil. C’est pour cela qu’elle avait besoin de l’avis d’Omar. Avant de prendre toute décision. L’ascenseur s’était arrêté à l’étage. Elle entendait le claquement d’une porte au fond du couloir, instinctivement elle bondit se cacher dans le réduit à ordures ménagères. C’est quand elle vit Farid, le jeune frère d’Omar s’engouffrer dans l’ascenseur qu’elle bondit à nouveau le rejoindre en lui faisant signe de se taire.

Les portes se refermèrent et l’ascenseur redescendit. La chance était de son côté, tout allait bien. « Mais tu es Marion, dis-donc ça fait bien au moins... » « Oui, ça fait au moins... c’est cela. S’il te plaît, ne me vieillit pas , soit gentil ! » « Tu venais pas à l’appart ? » « Non, enfin si, mais c’est très bien comme ça, il faut que tu m’amènes discrètement à Omar ! » « Rien de plus simple ! Pour Marion et pour Omar, à votre service ! » Il sourit de toutes ses dents.

Elle le trouvait furieusement à son goût, tout comme Omar quelques années plus tôt. Si l’ascenseur avait une panne, c’est pas elle qui s’en plaindrait. « Et mais tu sais, c’est Omar qui va être content. C’est sacrement chouette d’être venue. Je me souviens bien de toi. Comme si c’était hier ! » « C’était hier, non ? » Il sourit à nouveau. En voilà un qui avait bien fait de grandir. Elle sentit à nouveau l’envie lui caresser les seins, elle frissonna. Mais c’était pas pour la gaudriole qu’elle était venue.

L’ascenseur les libéra au rez de dalle et ils sortirent. « Alors, quel bon vent t’amène ? » « J’ai encore besoin de conseils du grand frère » « Ah ! bon ben, ça me regarde pas après tout, allons-y. C’est pas loin ! » « Il est toujours surveillé ? » « Comme si, comme ça, pas en ce moment, je ne pense pas ! » Ils cheminèrent en silence un moment, puis arrivèrent. Omar préparait le thé de fin d’après-midi.

Il n’eut que le temps de poser sa théière pour la recevoir dans ses bras. « Oh, petite soeur, petite soeur, tu es venue ! » Farid s’éclipsa.

Extrait de "Ne peut-être vendu" Roman copyleft disponible à NE-PEUT-ETRE-VENDU.doc NE-PEUT-ETRE-VENDU.doc Christian Hivert Paris Squats 1990-Chine 1995
Par Christian Hivert - Publié dans : ne peut être vendu - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /Juil /2009 18:35
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qing-haï-hu-chineJean-Marc, comme pourraient l’attester par la suite les documents relatifs à la surveillance de sa personne, conservés par les services psychopolitiques du service réservé des actions extérieures de l’Espace Européen, Jean-Marc Boeldieu ainsi qu’il était répertorié par l’Etat civil de la mairie de Neuilly/Seine près du groupement urbain parisien en France, Jean-Marc Boeldieu, capitaine de resserve à la retraite dans le contingent Français de l’Armée Européenne ainsi que le consignait ses états de service, Jean-Marc, Gièm pour ses relations les plus assidues, était confortablement installé dans le fauteuil B432 du théâtre lyrique Parisien de la place du Châtelet, il y écoutait une interprétation de Woyzeck par la troupe de l’Opéra de Pekin dans une adaptation nouvelle du thème par le grand compositeur chinois contemporain Wan Chi-Mahn. On en était à la scène où Franz Woyzeck alias Guo Mi-Rou se faisait ausculter par le docteur et ses étudiants en médecine.

Tout l’esprit de Jean-Marc vibrait à l’évocation musicale et vocale de cette fabuleuse scène. Georg. Bûchner avait bien eu raison de dire que quelque chose nous avait manqué à l’instant de notre création, mais Jean-Marc pensait qu’il n’avait pas forcément eu raison de dire qu’il était inutile que nous cherchions ce qui nous manquait dans les entrailles les uns des autres. Jean-Marc était un grand mélomane. Il allait aux grands concerts ou aux grands opéras comme d’autres allaient à une grand-messe. Il se choisissait toujours une des meilleures places, bien au centre acoustique et bien en vue de la scène pour ne rien perdre et il se laisser aller totalement comme un bébé suçant le sein de sa mère, calé dans son fauteuil, les yeux mi-clos, voracement attentif aux moindres détails, le cerveau libre de toute attente, pleinement réceptif. Et c’est là que bizarrement et de manière très désagréable il se fit surprendre par un souvenir enfoui. Nonchalamment, comme on chasse un moustique trop entreprenant, il se secoua un peu, puis se réinstalla, se mettant dans un état de tranquillité maximum et réorienta peu à peu sa concentration sur la scène du théâtre.


Il aimait bien ce théâtre que l’on avait conservé dans ses ors anciens. Quand il venait s’y installer, cette atmosphère riche et feutrée lui donnait pleinement conscience d’appartenir à une élite. Il se considérait lui-même par ailleurs comme une élite parmi ces élites. Il se savait fabuleusement intelligent et cultivé, bien au dessus de la moyenne des classes supérieures de la société où il évoluait, et à des kilomètres au dessus du reste de l’humanité. A sa manière, et sans rien respecter du décorum et des convenances sociales, il était un des maîtres de ce monde. Mais il ne s’en contentait pas comme pouvaient le faire tout ces Jean-foutre qui ne profitaient de leurs privilèges que dans l’étroit cadre où ça leur assurait une vie luxueuse, une vie où aucun objet de consommation et ou la satisfaction d’aucune de leurs envies ne pouvaient leur être refusé, mais une vie dramatiquement pauvre en événements. Pour Jean-Marc, ils n’étaient rien d’autre que des veaux grossiers dans des palais, rutilants certes, mais sans âme, sans esprit, la carapace bien astiquée mais le corps creux, avachis et sans grâce, sans distinction ni devenir, sans savoir ni créativité, misérablement possédants. Ils possédaient, et puis rien !


Lui, Jean-Marc ne se satisfaisait pas de ce rôle là de porc engraissé ni d’abruti couronné. Il lui fallait tout, tout ce qui pouvait se vivre, tout lui était dû, rien ne pouvait se refuser, il avait tout les droits, du moins se les accordaient-il, comme cela, de son propre chef, et il méritait ce qu’il prenait, parce qu’il le prenait lui-même. Woyzeck-Guo-Mi-Rou courrait comme un possédé sur la scène, éructant des monosyllabes de tonalité accordée à la musique des cymbales et des clochettes. C’était poignant. L’esprit de Jean-Marc aurait du être accaparé. C’était pour cela qu’il était là, uniquement pour cela, pour avaler toute la substance de cet opéra, sans en perdre une once, pas comme ces singes savants luxueusement costumés qui ne sauraient tout au plus qu’adapter une des multiples critiques déjà parues sur cette pièce en y adjoignant le nombre de points d’exclamation nécessaires pour en faire un avis personnel, qu’il ne savaient plus, et depuis trop longtemps, avoir.


Mais que se passait-il ? C’était agaçant à la fin ! Il s’agita sur son fauteuil, mal à l’aise. C’était bien une des premières fois que ça lui arrivait. Ca ne pouvait pas durer, il devait se reprendre. Ce n’était quand même pas à lui Jean-Marc, parfaitement maître de lui-même comme des autres que cela pouvait arriver. Depuis fort longtemps déjà, il en avait décidé ainsi. Lorsqu’il faisait une chose, il la faisait pleinement, totalement, en y mettant tout son être et sans se laisser perturber ni détourner par aucune émotion ou événement extérieur qui ne servait pas directement à l’action qu’il menait. Il n’était pas un avachi, lui. Il était un homme forgé, et à quarante-cinq ans parfaitement maître de toutes ses forces et de tous ses moyens. Alors là, il était venu voir Woyzeck, il regardait et entendait Woyzeck, adaptation chinoise de qualité extraordinaire de l’Opéra ancien d’Alban Berg, c’était pour cela qu’il était venu, c’était cela qu’il faisait, et rien ni personne n’avait le droit de s’interposer. Il se cala à nouveau dans son fauteuil. Les souvenirs attendraient la fin de la pièce.


Marie-alias Xiao-Lin agaçait, émouvait, aimait, repoussait, excitait et ne voyait plus Guo-mi-Rou qui devenait fou. L’intrigue se dénouait et le final approchait. Et c’est là dans toute la force de la matière rouge de la lumière qui pulsait stridement la mort de Xiao-Lin éventrée dans la nuit théâtrale, alors que Guo-Mi-Rou se pataugeait, déjà perdu dans les méandres poisseux du marais où il tentait de se débarrasser de son couteau assassin, maculé et dénonciateur, c’est là, dans l’horreur humaine des entrailles humides chaudes et déversées, c’est là que Gièm se figea dans un spasme douloureux et que de drôles de souvenirs lui explosèrent à la caboche sans qu’il ne put le moins du monde les maîtriser.


Ce qu’il redoutait depuis tant d’années se produisit en tempête immobile. Un long moment il resta hébété, sourd et aveugle, statufié, absent au monde, intérieurement transporté dans son passé. Et ses voisins de fauteuil, pourtant concentrés à l’unisson, applaudissant frénétiquement le salut des comédiens, sursautèrent violemment et furent saisis de peur lorsqu’ils entendirent le commandant  « Muerte » lancer un énorme rire sauvage et démoniaque.


Gièm resta assis, blême, dégouttant de perles de sueur et ahuri, tout le temps des quinze rappels tumultueux qui suivirent. Cela lui permit de reprendre la maîtrise de ses émotions. Il sentit les regards fuyants et effrayés que de nombreux bourgeois faisaient furtivement glisser sur sa personne. Il attendit patiemment que la rangée de spectateurs qui le séparait de la sortie s ’écoule cérémonieusement, mit sa gabardine qu’il avait conservé pliée sur ses genoux, et serpenta lentement vers l’air libre de la Cité piétonnière. Après avoir croisé et distraitement salué diverses personnalités du monde politique de sa connaissance, le commandant « Muerte » reprit sa place anodine et clandestine dans la double vie du capitaine Jean-Marc Boeldieu qui parvint enfin à la sortie. Au dehors il pleuvait et la nuit s’annonçait fraîche. Jean-Marc, alors se permit d’aller écluser quelques godets dans le dernier bar à la mode du quartier. Cela faisait bien longtemps qu’il ne s’était pas pris une bonne cuite d’alcool fort et il se demandait si ce ne serait pas là l’exact remède du moment à son malaise.

« Allons ! se dit-il » en remontant le col de sa gabardine pour se protéger du froid humide qui le faisait frissonner. « C’était juste une perte passagère de contrôle, il est temps de reprendre une mission, le Dab voulait me voir, ça tombe bien, il me verra ! »
Il était encore un peu secoué lorsqu’il poussa la porte du bar et quelques minutes plus tard, en plongeant le nez dans son verre de gin-brandy, il se laissa aller confortablement dans ses rêveries et ses réminiscences.

La nuit s’était doucement éclipsée et les guetteurs du commandant « Muerte » qui encerclaient le village musulman Akki de la région du Xinjiang en Chine populaire, aux abords de Aksu , rampèrent sans faire de bruit pour présenter leur rapport. Tout allait bien, les opérations prévues allaient pouvoir se dérouler sans histoires, comme d’habitude. En enfilant sa cagoule, Le commandant « Muerte » se surpris à tenter d’imaginer la quiétude et l’insouciance de ces familles plongées dans le sommeil à quelques pas au dessous de la colline d’observation où il se trouvait. Ce village avait particulièrement été choisi et étudié par les services spécialisés du Dab. C’était l’un des seul de la région à correspondre parfaitement aux critères de faisabilité énoncés par les psychopols de l’ingérence humanitaire. Et même si le Dab leur pissait à la raie à ces Jean-foutres de rafistoleurs de bras cassés, il ne s’en voulait pas le moins du monde de leur emprunter quelques unes de leurs théories les plus fameuses concernant les sous-équilibres régionaux dans les régions pluri-éthniques du monde.


Une brève agitation réveilla les lueurs de l’aube, en bas, dans le village et quelques coqs se mirent à saluer le jour. Ses hommes étaient prêts, il le sentait. Par dessus leurs cagoules ils avaient fixé le masque guerrier des soldats du grand commandeur lamaïque du Qinhaï distant d’à peine mille kilomètres. Les quelques rares mercenaires européens qui avaient été recrutés en raison de leurs compétences techniques se devaient de rester muets jusqu’à l’accomplissement des opérations vers la fin de la mi-journée. Tous les hommes étaient vêtus des pieds à la tête de combinaisons de couleurs sombres comme en possédaient tout le groupes spéciaux d’intervention du monde. Quelques portes claquèrent en bas, un vieil homme, après s’être lentement étiré et gratté copieusement se disposa à faire ses ablutions rituelles d’avant prière devant le baquet d’eau qui trônait au milieu de sa cour. Le commandant « Muerte » sourit sous sa  cagoule et fit le signal convenu qu’attendaient tous ses hommes.


Alors, tous en silence ils descendirent à travers les hautes herbes et pénétrèrent en surprise dans les ruelles du village, trucidant à l’arme blanche tous les lève-tôt qui avaient eu l’imprudence de mettre le nez dehors ce matin là.


Puis les encagoulés disposèrent les corps égorgés devant les portes des demeures encore endormies. Voilà un village qui se souviendrait à jamais de ce jour. Le commandant « Muerte » s’était approché sans bruit derrière le vieux en prière et avait glissé par dessus son épaule son petit sabre de combat, il avait tiré d’un coup sec en arrière, tranchant net gorge, cordes vocales et carotide. Le vieux s’était éteint en glougloutant, toujours prostré dans la même attitude de prière où la mort l’avait surpris, au milieu de la flaque de son sang qui s’élargissait autour de lui. De la belle ouvrage se dit le commandant, et il commença à jubiler. La journée se promettait d’être fabuleuse. Puis, comme le faisait ses hommes suivant leurs instructions, il se cacha dans la cour en attendant le signal de la deuxième partie des opérations.


Ils n’eurent pas à attendre bien longtemps, à peine dix minutes. Un long hurlement de terreur d’une fillette déclencha une multitude de portes claquées, d’interpellations, de cris, de fenêtres refermées suivis immédiatement de nouveaux hurlements. Dans la cour où était caché le commandant, ce fut une vieille qui s’en fut la première à s’enquérir des raisons de cet assourdissant vacarme. Elle botta, assez peu cérémonieusement il est vrai, les fesses de l’homme en prière, assortis de quelques phrases peu amènes qui pouvaient vouloir dire tout autant :

« Debout feignant, tu finira tes bondieuseries une autre fois, va donc voir ce qui se passe... » comme tout autre chose.
Bien entendu la bonne femme vit le corps basculer sur le côté et bien entendu elle s’aperçut avec effroi qu’elle avait les pieds dans une mare de sang. Bien entendu également le commandant  « Muerte » jouissait du spectacle en connaisseur.

La vieille resta un long moment sans comprendre à se balancer stupidement d’un pied sur l’autre. Enfin elle redressa la tête, puis elle lança une série d’ordres brefs, d’une voix grave, et absente d’émotion. Le commandant ne s’attendait pas à cette variante de scénario, mais qu’importe, tout était savamment prévu.

Une jeune fille mit le nez à une fenêtre tandis qu’éclataient dans le frais du jour déjà levé plusieurs rafales d’armes automatiques.
Des cris de frayeurs et des portes qui claquent puis ce fut à nouveau le silence entrecoupé de sanglots et pleurs hystériques.

C’est dans ce semblant de silence que la jeune fille se fit copieusement engueuler et qu’elle consentit à refluer à l’intérieur de la maison. Des autres maisons fusèrent des interrogations apeurées auxquelles la vieille répondit par un long discours lamentatif. Le commandant « Muerte » l’ajusta pour la faire taire, il y eut une détonation, elle se tut. La troisième phase pouvait commencer.


Il prit dans sa sacoche de ventre quelques billes colorées qu’il lança un peu au hasard dans toutes les directions de la cour. Il prit un appareil de la taille d’un paquet de cigarettes dans la poche de sa combinaison, appuya sur un bouton et les billes s’enflammèrent déclenchant l’incendie de la cour. Puis il quitta sa cache et sortit du village en flamme, tranquillement en sifflotant. Lorsque tous les hommes se trouvèrent à l’extérieur du village à nouveau encerclé, ils se postèrent en formation de tir et attendirent. Oh pas bien longtemps. Les premiers fuyards apparurent et s’immobilisèrent devant ces figures anonymes qui les mettaient en joue. Derrière : la mort dans les flammes ; devant : peut-être la mort, peut-être la pitié. La quatrième phase de regroupement des villageois tremblant de peur et d’horreur ne prit qu’à peine vingt minutes.


C’est alors que viol commença : vingt cinq femmes d’âge adulte et sept fillettes à peine adolescentes furent dépouillées de leurs habits devant leurs pères, leurs mères, leurs frères, leurs époux, leurs enfants ! Les soldats européens qui n’avaient pas le droit de laisser voir la blancheur de leur peau tinrent les bras, les jambes et maintinrent en joue le reste du troupeau humain affolé. Deux femmes enceintes furent abattues et éventrées. Les plus récalcitrantes furent assommées. La jubilation du commandant « Muerte » n’était cependant toujours pas à son comble, et ce malgré la tête de ce moutard braillard qu’il venait d’éclater d’un coup de crosse. La cinquième phase allait finir lorsque le commandant eut son idée de génie pour la clôre en apothéose.




Il s’approcha d’un homme d’âge mûr qu’instinctivement les membres de cette communauté saccagée semblaient entourer comme pour le protéger et lui fit signe d’approcher. Ses hommes regroupèrent les femmes en pleurs et toujours nues avec les hommes et les enfants et les tinrent en « respect ». Alors le commandant put tout à loisir mettre en scène la vision qu’il venait d’avoir.


Il se débarrassa au loin de son attirail guerrier ne conservant en main que son mini-sabre et commença sa besogne.


L’homme se battit comme il put mais il ne savait pas.


Cinq minutes plus tard, il était nu, tous ses vêtements habilement découpés par le commandant gisaient à terre.


Alors le commandant lui fit une série de prises de taïchi qui se ponctuaient toutes par un coup du tranchant de son arme ; au cou de chaque côté, puis à l’attache des bras au torse, là où passe la veine, de chaque côté également, puis à l’attache des jambes au torse de chaque côté, également là où passe la veine, il termina par une prise qui mit l’homme à terre, agenouillé comme en prière et la lame trancha les testicules.


Le commandant se releva et se recula pour mieux jouir du spectacle, il n’avait mit que trois secondes. Les spasmes de la mort et le sang giclant par saccades des blessures faisaient se secouer convulsivement le corps du mort. Les sphincters s’étaient relâchés, et le trou du cul pointé vers La Mecque laissa dégueuler la merde. Le commandant alors, éclata d’un rire tonitruant et féroce.


Le commandant récupéra son armement et le groupe se retira dans les collines, laissant les survivants les maudire. Il fallait bien qu’il en survive quelques uns pour porter la haine. Car sans la haine, les marchands d’armes ne pourraient réaliser la sixième phase de l’opération.


Depuis six mois, maintenant, des conflits « inter-ethniques » comme les nommait les magazines d’information de l’Espace Européen se faisaient de plus en plus nombreux, violents et meurtriers entre les populations chinoises, tibétaines, musulmanes et ouïghours occupant les plateaux du Qinhai, de l’Anhui et du Xinjiang à l’ouest de la république populaire de Chine. Au point où le gouvernement Européen s’était vu obligé de notifier clairement à la Chine d’avoir à coopérer avec les contingents humano-militaires qu’il se préparait à envoyer dans la région.


Et ce sous peine de sanctions graves affectant l’ordre et la stabilité des grandes puissances mondiales. C’était le début de la septième phase des opérations.


Et Jean-Marc Boeldieu, le nez dans son gin-brandy, le sixième de la soirée se mit à éclater de rire.


Le lendemain, la tête encore un peu cuité de la veille, il se présenta, au centre de rééducation spécialisé des victimes de guerre qui abritait le Q.G. du Dab. Dés qu’il mit les pieds dans son bureau, il perdit son état-civil.

« Alors, commandant, asseyez-vous !Comment allez-vous ? L’inaction vous pèse, je le sais. Mais quoi ? On ne peut pas toujours être sur le front, n’est-ce pas ? Vous avez fait du bon travail la dernière fois, si nos psychopolitiques ne font pas trop les andouilles, on va pouvoir tous s’en mettre jusque là, le plus dur, comme d’habitude, sera d’arrêter le conflit quand nous aurons réalisé le bénéfice. Mais les curetons humanitaires sont là pour ça, on les subventionne pas pour rien ! »

Le commandant sourit et se tut, attendant.

« Je vais avoir besoin de vos services sous peu, êtes-vous prêt ? »
« Je suis toujours prêt, vous le savez bien ! De quoi s’agit-il ? »
« Chaque chose en son temps, voulez-vous ?  Une goutte ?» Il lui tendit un gobelet d’argent et lui montra la bouteille de scotch du doigt.
« Avec plaisir ! »
« Une partie ? » fit le Dab en sortant le jeu d’échec d’un tiroir de son bureau.
La question était superflue ! Après quelques échanges des pièces mineures, le Dab reprit:
« Les agglomérats suburbains s’agitent, les psychopols ont encore foiré un coup et la situation menace de leur échapper, cette bande de cons s’était imaginé avoir détruit la conspiration révolutionnaire, les andouilles, ils l’on seulement déstructurée, mais les idées courent toujours, ils se sont cru tout permis, et puis voilà....
Nous allons encore devoir colmater les brèches, enfin, c’est notre boulot, sinon on s’emmerderait, n’est-ce pas.... »

« Mat ! » lui répondit posément le commandant en le regardant droit dans les yeux.

En quatorze coups et neuf minutes, le Dab sourit de toutes ses dents, son meilleur élément était en pleine forme !

Extrait de "Ne peut-être vendu" Roman copyleft disponible à
NE-PEUT-ETRE-VENDU.doc NE-PEUT-ETRE-VENDU.doc Christian Hivert Paris Squats 1990-Chine 1995
Par Christian Hivert - Publié dans : ne peut être vendu - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture.. - Ecrire un commentaire
Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /Juil /2009 15:11
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Mais s’il n’avait pas rencontré Reine, jamais il ne se serait dévouée à cette cause,  à partir de cette matinée avec les deux soeurs l’orbite de sa vie dévia de sa trajectoire, lui qui n’avait jamais ressenti d’autres émotions que des émotions apprises, défaites, enfouies, voir frelatées.

 

Même s’il avait souffert de certaines frustrations, même si certaines souffrances l’avaient mené aux portes de la folie, il semblait toujours avoir erré dans un bagne intérieur, un exil au monde où aucun pont ne lui avait permis de relier cette souffrance à des événements de ce monde.

 

Si seulement Dominique avait bien voulu lui parler, si seulement elle avait bien voulu condescendre à lui expliquer gentiment, ne pas l'exclure de sa vie, il s'était retrouvé jeté comme un étron sur le trottoir, ferait-elle donc toujours cela, jouer les importantes, se croire du dessus du panier.

 

Etait-il donc possible qu'il se soit fourvoyé à ce point, qu'il soit tombé amoureux fou à vie de la seule future petite réactionnaire de la cité, lui le libertaire, l'Autonome, et quand bien même, c'était là le risque de la liberté qu'il prisait tant, Reine aussi devait être et rester parfaitement libre.

 

Il lui avait toujours semblé être émotionnellement absent des aléas de ses déambulations, sa vie n’avait fait que suivre les événements qui se présentaient à lui comme autant de routes identiques se suivant les unes les autres, il les suivait jusqu’à leur dénouement, leur bifurcation.

 

Leur croisement le restituait au hasard des rencontres, avec l’impression de ne choisir jamais, d’être mort psychiquement dans un corps ressentant tout, une seule sensation surnageait comme un espoir inattentif, l’angoisse, une angoisse terrible et diffuse aux crises accablantes, chroniques.

 

Mais cette angoisse, constamment présente, même lorsqu’elle sommeillait, n’était pas reliée à des faits précis, elle l’accompagnait et telle une respiration changeait de volume, il s’arrangeait d’elle, pestait lorsqu’elle le submergeait, désespérait de s’en séparer jamais, mais il en était prisonnier.


Les mouvements et ses choix semblaient être guidés par son intérêt immédiat doté de quelques valeurs humaines ramassées sur la chaussée commune, ou peut-être léguées, comme abandonnées par une époque révolue, dissolue, l’ordonnancement de ses attitudes était déterminé par sa raison.

 

Sa raison commandée par un sentiment de justice emprunté au magasin de la générosité humaine, les règles si elles avaient été conscientes auraient été simples, se laisser porter, ne pas s’étonner, ne pas juger, ne rien interdire, comprendre, ce n'était pas le moins délicat, être Autonome.

 

Le lendemain, de bon matin, il commit son Premier acte d’amour et s’engagea tout entier dedans, le pont était dans le brouillard, il ne savait où il mettait les pieds, mais il s’élança vers l’autre rive de lui-même, si longtemps verrouillée, délivrant son être et chamboulant son existence.

 

Aucune des multiples personnes qui le croisèrent avec son curieux fardeau sur le dos, sur le boulevard entre Couronnes et Père Lachaise, ne se douta un instant que cet uluberlu peinant et soufflant à porter, tirer, traîner un canapé convertible deux places faisait là son Premier geste Autonome.

 

Il faisait chaud et il était en nage, épuisé par ses efforts, un point au côté et le souffle court, il crut qu’il n’y arriverait jamais, comptant les pas, les mètres, tirant de nouvelles forces de son exaltation, faiblissant et s’arcqueboutant, il parvint enfin à destination, il restait l'escalier à monter.

 

Au Premier étage, la porte s’ouvrit à son coup de sonnette, devant une Reine éberluée, "Mais qu’est ce que tu fous ? Qu’est ce que c’est que ce truc ?" "C’est un canapé lit, je l’avais dans la cave de mon ancien appartement, j’en avais plus besoin, je suis venu te le donner, il est propre"

 

"J’ai vu hier que tu dormais sur un matelas par terre, ça m’a donné l’idée de te l’amener, voilà !" "Mais t’es dingue ! Enfin, merci, c’est sympa, mais t’as porté ça tout seul ? Tu viens d’où ?" "Oh, c’était pas loin, juste à Couronnes, maintenant c’est fait, on le met en place, ça t’intéresse ?"


"Qui c’est" la voix de Nora s’échappa de la salle de bain, "C’est Arthur, il vient de m’amener un canapé-lit, il est complètement fou ce gars là !", Arthur mit le canapé à sa place, sous le matelas, des vibrations encore inconnues de lui le faisait palpiter intensément, il se sentait fort et béat.

 

"Tu veux un café?" "Bien sûr", Arthur reprenait son souffle, l'exercice l'avait exténué et à sa fatigue s'ajoutait de pleines volutes d'émotions diverses, l'appréhension folle, la pudeur mise à nue, jamais de sa vie il n'avait osait témoigner un si grand intérêt pour une personne.

 

 

Reine souriait, la candeur de ce type était phénoménale, il était passé deux ou trois fois chez elle et il avait vu un matelas par terre, ça lui avait donné l'idée de ramener un canapé clic-clac, tout seul, sur le dos, et le canapé était de bonne qualité, service à domicile gratuit,  sans demande.

Elle se serait trouvée seule, elle aurait éclaté de rire, elle en était bluffée, c'était bien la première fois qu'un tel truc lui arrivait, il s'était intéressé à son lit, se doutait-il bien de l'usage tumultueux qu'elle en faisait, il était rouge encore de ses efforts, ou pour une autre raison, elle s'attendrit.

 

Il n'avait pas apporté une table pour remplacer la vieille planche sur ses tréteaux, non, le lit, mais cela ne voulait peut-être rien dire, il avait apporté le lit parce qu'il avait le lit à donner, mais tous les mecs pensaient bien à la même chose, elle le soupesa derrière ses paupières mi-closes.

 

Il était rouge comme un puceau devant une belle et jeune fille, et il y avait fort à parier que ce n'était pas pour les fesses de Nora qu'il s'était éreinté la paillasse, Reine eut envie ce jour-là de traiter Arthur autrement des autres, celui-là était amoureux, elle le sentit pur, elle le voulut.

 

 Reine alors eut envie de se couvrir un peu plus que les autres jours, ne pas lui donner d'envies, ni d'espoirs, le peu qu'elle lui montrait en ce moment était de trop, elle ramena vivement le pan de son peignoir sur sa cuisse nue et fila dans la salle de bain, avec Nora, s'habiller d'une robe.

Par Christian Hivert - Publié dans : Les chevaliers ivres: I Reine - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture.. - Ecrire un commentaire
Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /Juil /2009 11:30
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bien"Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue. Ce n’est pas la moindre de ses vertus. À ceux qui voudraient absolument espérer, il dérobe tout appui. Ceux qui prétendent détenir des solutions sont démentis dans l’heure. C’est une chose entendue que tout ne peut aller que de mal en pis. « Le futur n’a plus d’avenir » est la sagesse d’une époque qui en est arrivée, sous ses airs d’extrême normalité, au niveau de conscience des premiers punks.

Ce livre est signé d’un nom de collectif imaginaire. Ses rédacteurs n’en sont pas les auteurs. Ils se sont contentés de mettre un peu d’ordre dans les lieux communs de l’époque, dans ce qui se murmure aux tables des bars, derrière la porte close des chambres à coucher. Ils n’ont fait que fixer les vérités nécessaires, celles dont le refoulement universel remplit les hôpitaux psychiatriques et les regards de peine. Ils se sont faits les scribes de la situation. C’est le privilège des circonstances radicales que la justesse y mène en bonne logique à la révolution. Il suffit de dire ce que l’on a sous les yeux et de ne pas éluder la conclusion. (...)"

Le présent a-t-il besoin d'avoir une issue, ce n'est qu'un avec des lendemains, beaucoup de lendemains, ne pas avoir d'issue serait une vertu, cela fait frissonner, on ne peut plus qu'espérer absolument, c'est une activité névrotique alors, je ne connais pas grand monde prétendant détenir des solutions, et pas beaucoup de démenteurs, mais tout ne peut aller que de mal en pis, c'est entendu, à savoir cela a la valeur d'une universelle vérité, depuis quand et par qui, le futur n'a plus d'avenir est rhétoriquement joli

Un collectif imaginaire est composé d'esprits virtuels, et les rédacteurs ne sont pas auteurs, le livre n'est pas un ouvrage et les phrases n'ont pas de sens, ce qui est dit n'est pas dit mais c'est la vérité, et tous les refoulés qui n'en sont pas immédiatement convaincus vont dans les hôpitaux, d'assertions fantaisistes en fantasmes de placard, pour résumer on en arrive au néant en passant par la révolution, toute phrase est déconstruite avant d'être finie, toute injonction est paradoxale et tous les lecteurs sont des crétins à qui on demande de réfléchir.

L'Ehess nous prépare les savants du futur qui vont nous adapter à la vie assistée par ordinateur dans le monde assisté par ordinateur (VAO dans le MAO), or pour instaurer un nouvel ordre rendant obsolètes les civilisations les plus guerrières et massacrantes de l'humanité il faut commencer par détruire le plus rapidement possible des pans entiers de monde actuel, des quartiers, des villes, des habitudes, des modes de vie, à cela il n'est qu'une seule solution, la guerre générale et permanente, et la double pensée, ce qui est nécessaire est inutile.

Jusqu'à : "laisser cristalliser en nous le fatal complexe de peur-haine que produisent immanquablement les rouages des pouvoirs dans lesquels nous sommes pris, et d’être ainsi entraînés dans le cycle persécuté / persécuteur qui empoisonne sans fin les relations humaines.
Car il ne suffit pas de fuir la normalisation des âmes qui nous façonnent en masses apeurées : nous devons repousser aussi la tentation de hurler avec les loups par peur d’être moutons. Ni craindre ni haïr. Refuser d’être victime pour ne pas, malgré soi, devenir bourreau à son tour. Savoir que, si l’homme est un loup pour l’homme, c’est que trop souvent l’homme accepte d’être un mouton pour l’homme. Connaître ses peurs, toutes ses peurs, jusque dans le moindre fibre de son corps", disait Orwell.

Sur la base des décombres du désastre voulu et programmé nous avons déjà l'hypothèse de simulation généralisée : " A l'inverse, au lieu de se poser la question de la validation des simulations par leur correspondance avec d'autres objets, on peut se demander si notre activité sociale toute entière n'est pas une vaste "simulation", au sens d'une re-constitution d'opérations ou de processus auxquels nous n'avons pas un accès direct et qu'il nous faut reconstituer en simulation interne pour pouvoir les appréhender. Ce serait là une transposition de l'hypothèse de Metzinger sur la conscience au domaine de la connaissance du social. Cette hypothèse pourrait s'appuyer sur  une ontologie à la Varela, où n'existeraient que des activités auto-poiétiques, chacune tournant sur elle-même, et développant ses propres réactions internes aux perturbations qui constituent pourtant - perturbations et réactions- le mode d'interaction avec l'environnement, une interaction qui va dans les deux sens (l'enaction) Mais il faut ré-insister sur le fait que la simulation n'est pas constitution ni même re-constitution, mais simulation, donc supposée différente de la réalité qu'elle simule. Le problème est alors de savoir comment apprécier et penser cette distance, ce décollement entre phénomènes à simuler et simulation. " Pierre Livet

Les logiciels sont opérationnels et les programmes de modélisation générales pour la gestion de ressources locales par des populations données fonctionnent déjà grâce à cela : "Un « agent » est une entité logicielle relativement autonome pouvant percevoir de l’information sur son environnement, communiquer et agir. Les « actions » d’un agent peuvent être motivées par des objectifs, conditionnées par des ressources, des compétences et l’information disponible. Un agent « cognitif » peut être doté de capacités de représentation, d’apprentissage et de décision plus ou moins sophistiquées. Un Système Multi-Agents (SMA) comprend un environnement, un ensemble d’objets dont les agents, un ensemble de relations entre objets et/ou agents et un ensemble d’opérateurs associés à ce complexe (charte ComMod, cours / atelier Nils Ferrand Jean -Pierre Muller, François Bousquet ). Pour Axtell (2000) il y a trois usages distincts des SMA en sciences sociales, économiques ou de gestion : un autre moyen de réaliser des simulations “classiques”, comme complément de la modélisation mathématique, comme substitut de la modélisation mathématique" etc.

L'ordinateur moderne, méga machine formatée servira à l’accompagnement de processus collectifs de décision : " Simuler pour comprendre au niveau intraurbain: l’émergence d’une discontinuité spatiale (ségrégation), d’une organisation polycentrique, renforcement ou dilution d’une organisation centre-périphérie… les relations entre infrastructures de transport, choix individuels et pollution..  la dynamique des déplacements piétonniers, des mouvements de foule… et au niveau du système des villes l’émergence et l’évolution d’une configuration spatiale, d’une organisation hiérarchique.."

Après donc le grand déblaiement général produit par les bombardements chirurgicaux,
nos grosses têtes de l'Ehess et d'ailleurs produiront de nouveaux logiciels pour assister par ordinateur les processus collectifs de décision en situation. Tandis que d'autre se mettront à l'écoute de nos velléités disparates d'expression et d'humeurs, histoire de mieux repérer les quartiers à bombarder rénover en premier.


"Depuis quelques années, la tâche de « sentiment classification » (encore dénommée « opinion mining » ou « sentiment analysis ») est un domaine de recherche actif. Il consiste principalement à trouver l’opinion, le sentiment et l’attitude qui sont exprimés dans un document textuel ou plus souvent des flux de documents comme les flux du web, les échanges e-mail (dument et massivement captés) ou les commentaires sur les blogs et forums. Les sociologues peuvent détecter les rumeurs qui sont reflétés dans les notes des blogs."

"Les objectifs scientifiques sont ambitieux,
car l’extraction des sentiments doit faire appel aussi bien à des techniques statistiques que linguistiques. Le potentiel applicatif est énorme car ces méthodes peuvent complémenter les enquêtes classiques en offrant des outils bien plus réactifs et dont la portée est largement supérieure. Les modèles développés auront pour application la détection d’opinions sur le Web et viseront au développement d’une application qui, à partir de sites Web 2.0 (blogs, forums, etc…) permettra d’identifier les rumeurs en cours." voir plus à http://www.atala.org/

Nous espérons bien que ce monde sans monde ne sera pas le nôtre, notre volonté de vie se refuse à l'expression de leur volonté de néant, nous voulons et défendons des valeurs qui ne se nient pas elles-mêmes, la perversité des manipulations mentales des sectes findumondiste nous effraye, nous voulons vivre bien, vivre mieux, nous voulons du futur, nous ne souhaitons pas que les aspirations morbides des imaginaires pour le néant ne dépasse le cercle étroit de leurs invisibles amitiés.

Christian Hivert

 

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire

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