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Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 15:51
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nazisme-13.jpg Le réarmement nazi financé par les banques américaines

 

Le devenir de l’Allemagne était déjà déterminé après le traité de Versailles qui obligeait l’Allemagne à payer des réparations d’un montant de 123 milliards de mark-or et à donner annuellement 26% de la valeur de ses exportations. L’effondrement de la monnaie allemande suite à l’exigence des paiements de réparations était donc prévisible : On allait vers l’inflation chronique ! Dans ce chaos, l’Allemagne demanda un ajournement pour tous les paiements de réparations en argent liquide pour les deux années à venir.

 

 

Les vainqueurs refusèrent la requête. Ils votèrent le 9 janvier 1923 à trois contre un (l’Angleterre vota "non" sur l’ordre de la "City") pour déclarer que le Reich allemand était en retard dans ses paiements de réparations. Deux jours plus tard, les troupes françaises et belges occupèrent la Ruhr. Mais les ouvriers allemands en appelèrent à une grève générale dans cette région et l’occupation des Alliés s’avéra être un échec. Les troupes sortirent de cette impasse lorsque l’Allemagne déclara être d’accord pour accepter le compromis connu sous le nom de plan DAWES.

Le "plan Dawes" avait été élaboré par J.P. Morgan,collègue de Rothschild, et devait concéder à l’Allemagne des crédits de 800 millions de $ les quatre premières années. Le "plan Dawes" échoua lorsque les paiements de réparations de l’Allemagne s’accrurent. Il fut remplacé par le "plan Young" (d’après le nom de l’agent de Morgan, Owen Young). Pour mieux dévaliser le pays, les banquiers internationaux créèrent en Suisse la "Banque pour le Réglement International des Comptes".


Cela faciliterait les paiements de réparations des dettes de la première Guerre mondiale : il suffisait d’effectuer un virement du compte d’un pays sur le compte d’un autre pays dans la mesure où les deux pays avaient un compte dans cette banque. Dans ce cas aussi, les banquiers se rétribuèrent une fois de plus en prélevant des frais et des commissions pour eux.


Le professeur Quigley rapporte : "Il faut noter que ce système (les plans Dawes et Young) fut instauré par les banquiers internationaux et que le prêt d’argent à l’Allemagne leur rapportait très gros."


C’est une des meilleures démonstrations du système de Machiavel. D’un côté, les banquiers soutinrent tous les partis en conflit et d’un autre, ils prêtèrent aussi de l’argent aux Allemands pour les paiements des réparations.

Quoi que puisse faire l’Allemagne, on savait bien à qui elle s’adresserait pour emprunter de l’argent. C’était exactement le même groupement qui avait programmé la première guerre mondiale, qui l’avait financée, dirigée et qui en avait tiré un large profit.

Mais le jeu alla plus loin. Il fallait réaliser encore de grands projets et poursuivre des buts importants. C’était le tour de la deuxième guerre mondiale !

Les énormes capitaux américains qui furent transférés en Allemagne depuis 1924 sous la couverture du "plan Dawes et du plan Young" constituaient la base sur laquelle Hitler allait construire toute sa machinerie de guerre. Ainsi que l’expose le Dr Anthony C. Sutton dans "Wall Street and the Rise of Hitler" :

"L’apport fourni à l’Allemagne, avant 1940, par le capitalisme américain en vue de préparer la guerre ne peut être qualifié que de phénoménal.

 

Il fut, sans aucun doute, décisif pour la préparation militaire de l’Allemagne. Des preuves permettent de comprendre que le secteur influent de l’économie américaine était, certes, lucide sur la nature du nazisme, prêt à l’aider et à le soutenir financièrement par intérêt personnel, pleinement conscient que cela finirait par une guerre où serait impliqués l’Europe et les Etats-Unis...

"En connaissant les faits, il est impossible de plaider l’ignorance. Les preuves très soigneusement établies qui attestent que les milieux bancaires et industriels américains étaient largement impliqués dans la montée du troisième Reich sont maintenant accessibles au public.

 

On peut trouver dans les comptes rendus et les rapports sur les auditions du gouvernement publiés entre 1928 et 1946 par les différentes commissions du Sénat et du Congrès. Parmi les preuves les plus importantes se trouvent celles fournies par le Sous-Comité du Congrès enquêtant sur la propagande nazie ( "House Subcommitee to investigate Nazi Propanganda") en 1934, par le rapport sur les cartels publiés en 1941 par la Commission économique provisoire nationale du Congrès ( " House Temporary National Economic Commitee" ) ainsi que par le Sous-Comité du Sénat pour la mobilisation en 1946 ( "Senate Subcommitee on War Mobilization 1946" ).


I.G. FARBEN

 

Une partie de cette histoire fascinante et troublante est dévoilée par l’historien G. Edward Griffin :


"Les années précédant la deuxième guerre mondiale virent naître un cartel "international" qui avait son siège central en Allemagne, qui contrôlait l’industrie chimique et pharmaceutique dans le monde entier et auquel 93 pays coopéraient. C"était une force politique et économique puissante dans certaines parties de la Terre. Ce cartel s’appelait I.G. FARBEN. "Les initiales I.G. (Interessengemeinschaft : groupement d’intérêts) signifient simplement qu’il s’agit d’un cartel. (...) Jusqu’à la déclaration de la deuxième guerre mondiale, le groupe I.G. Farben était devenu le konzern industriel le plus important en Europe et l’entreprise de chimie la plus importante du monde. Il faisait partie d’un cartel d’une puissance et d’une grandeur gigantesque, fait unique dans toute l’histoire."


I.G. Farben avait développé, en 1926, une méthode pour obtenir de l’essence à partir du charbon et conclut donc en 1939 un contrat de licence avec la "STANDARD OIL" (de Rockefeller). Cette dernière donna à I.G. Farben 546.000 de leurs actions ordinaires d’une valeur de plus de 30 millions de $. Deux ans plus tard, I.G.Farben signait le contrat ALIG avec Alcoa-Aluminium. I.G. Farben produisait environ la moitié de l’essence allemande et,plus tard, construisit des raffineries juste à côté des camps de concentration.

 

Les prisonniers furent contraints d’y travailler comme des forçats pendant qu’on produisait dans les raffineries le gaz pour les chambres à gaz. Le groupe I.G. Farben était un des plus importants konzerns contrôlés par les Rothschild et écoulait des sommes d’argent énormes dans l’économie allemande et particulièrement aux futurs SS. Le comité directeur d’I.G.Farben comptait parmis ses membres MAX et PAUL WARBURG (de la Federal Reserve) qui possédaient des grandes banques en Allemagne et aux Etats-Unis.

 

Deux autres membres du conseil d’administration de la "Federal Reserve" et de la "National City Bank", et H.A. METZ de la "Bank of Manhattan". HERMANN SCHMITZ, président de I.G. Farben faisait partie, en même temps, du comité directeur de la "DEUTSCHE BANK" et de la "BANQUE POUR LE REGLEMENT INTERNATIONAL DES COMPTES. "

 


Les frères Averell et Roland HARRIMAN (initiés en 1917 à Skull & Bones) contribuèrent fortement à financer, par l’UNION BANK, les nazis. De même, les filiales d’ ITT et de General Electric soutinrent directement les SS du Reich. James Martin, chef du service des affaires concernant la guerre économique au ministère de la Justice, fit des recherches sur l’organisation concernant l’industrie nazie et a rapporté les faits suivants dans "All Honorable Men" : "Le principal agent de liaison entre Hitler et les barons argentés de "Wall Street" fut HJALMAR HORACE GREELY SCHACHT, président de la banque du Reich, dont la famille était étroitement liée à l’élite des finances internationales. Schacht fut le cerveau du "plan Young" (plan de reconstruction par l’intermédiaire de l’agent Morgan Owen Young) et aussi de la "Banque pour le règlement international des comptes". Le plan conçu par Schacht fonctionna à la perfection et contribua à rendre explosifs les événements dans la république de Weimar. DR FRITZ THYSSEN, l’industriel allemand, expliqua qu’il ne s’était tourné vers le parti nazi que lorsqu’il dut constater que pour empêcher l’effondrement total de l’Allemagne, il fallait lutter contre le plan Young. (...)

 


L’acceptation du plan Young et de ses principes financiers accentua de plus en plus le chômage, on compta bientôt un million de chômeurs." Voilà un sol fertile que la "SOCIETE THULE" n’avait plus qu’à utiliser en se servant de l’outil dont elle disposait en la personne d’Adolf Hitler. Après le Krach en 1931, l’industrie allemande frôla la banqueroute.

 

Fritz Thyssen adhéra officiellement au parti nazi et soutint Adolf Hitler. La plus grande part de sa fortune s’écoula à travers la "BANK VOOR HANDEL" qui, à son tour, contrôla "l’ UNION - BANK". L’ "Union-Bank" était une alliance de Thyssen et Harriman. Jetons un coup d’oeil sur la liste des directeurs : quatre sur huit étaient membres de "SKULL & BONES" et deux étaient des nazis. Harriman finançait, en même temps, les Soviétiques et les nazis par l’intérmédiaire de la "BROWN BROS.HARRIMAN BANK". Un de ses plus proches collaborateur fut PRESCOTT BUSH, le père de GEORGE BUSH, ex-président des Etats-Unis. Prescott et George Bush sont, tous deux, membres de "SKULL & BONES".

Jusqu’en 1936, plus de 100 firmes américaines furent impliquées dans la construction de la machinerie de guerre allemande. Entre autres la General Motors, Ford, International Harvester et Du Pont. Les investisseurs ne visaient, en tout cas, pas des affaires à court terme puisque le contrat entre ces firmes et le gouvernement allemand stipulait que celles-ci n’avaient pas le droit de sortir un pfennig d’Allemagne.

 

Les profits ne débuteraient que cinq ans plus tard lorsque les Japonais attaqueraient Pearl Harbour entraînant, par ce fait, les Etats-Unis dans la guerre. De toute évidence, tout cela avait déjà été préparé dans les moindres détails. Cependant, seuls les initiés (Illuminati) étaient au courant.

Griffin résume les derniers événements ainsi :

"Les banquiers internationaux et leurs agents sont à l’origine de la situation qui a conduit à la première guerre ; ils en retirèrent un bon butin ; ils financèrent la révolution Russe et obtinrent le contrôle de ce grand pays ; ils manipulèrent les événements dans l’Europe d’après-guerre de façon à "provoquer une situation" (selon les propres mots d’Edward Stanton) qui les amena, financièrement parlant, "au septième ciel" ; ils utilisèrent des fonds américains qui leur permirent d’empocher d’énormes commissions pour "équiper l’industrie allemande d’installations techniques de pointe" et l’amener, ainsi, "largement à la seconde place au rang mondial". Ces vautours sans scrupule qui détenaient les monopoles ont manipulé et utilisé les Allemands, ils les ont tant et si bien exploités qu’ils auraient mérité leur haine à tout jamais.

 

Pendant qu’ils mettaient sur pied l’industrie allemande tout en luttant dans le même temps contre eux, ils allaient permettre à un homme fort d’entrer sur la scène politique. Celui-ci, à son tour, gagnerait les masses à sa "cause" en leur promettant de les libérer des rapaces financiers internationaux. L’Allemagne des années trente était une bombe à retardement, fabriquée par les banquiers internationaux. elle était dans l’attente d’une personne telle qu’Hitler qui allait entrer en scène et prendre le pouvoir."

 

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 19:29
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i752dos-RwandaGenocide.jpg Une conspiration financière internationale conduit-elle les événements de notre monde ?

'Ils sèment la désolation et ils appellent ça la paix.' -Tacite

Alan Greenspan était-il aussi idiot qu'il y paraît lorsqu'il a créé la récente bulle immobilière qui menace d'amener l'ensemble de l'économie occidentale basée sur la dette vers un crash total ? Et si c'était le cas, pourquoi ? Tournons nous vers un personnage américain que les théoriciens de la conspiration mentionnent le plus souvent comme se trouvant à l'épicentre d'un quelconque plan d'une élite étant réputé exister. Ce serait David Rockefeller, âgé de 92 ans, le grand-père multimilliardaire de l'élite financière mondiale.

par Richard C. Cook


Traduit de l'article http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=8450


Global Research, 27 mars 2008


Tournons-nous vers ce personnage américain dont les théoriciens disent souvent qu’il se trouve à l’épicentre de tous les projets de l’élite. Il s’agit de David Rockefeller, le multimilliardaire de 92 ans, le parrain de l’élite financière mondiale.


Le très long article de l’encyclopédie Wikipedia qui lui est consacré reproduit le texte d’une célèbre déclaration qu’il aurait faite lors du discours d’ouverture de la Conférence de Bilderberg à Baden-Baden en juin 1991 :


«Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au Time Magazine et à d’autres importants organes de presse dont les directeurs ont assisté à nos réunions et tenu leurs promesses de discrétion pendant près de quarante ans. Nous n’aurions pas pu développer notre plan pour le monde si nous avions été exposés aux regards de l’opinion publique pendant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus complexe et mieux préparé à s’acheminer vers un gouvernement mondial qui ne connaîtra plus jamais la guerre, mais seulement la paix et la prospérité pour l’humanité tout entière. La souveraineté supranationale d’une élite d’intellectuels et de banquiers mondiaux est certainement préférable à l’autodétermination pratiquée au cours des siècles passés.»


Ces paroles ont été prononcées il y a 17 ans. C’était le début du gouvernement Clinton. Rockefeller dit «nous». Les personnes désignées par ce «nous» ont tenu des réunions pendant près de 40 ans. Si l’on y ajoute les 17 ans qui nous séparent de la date du discours, cela fait 57 ans, c’est-à-dire deux générations.


Non seulement les personnes en question ont développé un «plan pour le monde» mais de toute évidence, cet essai a eu du succès. Leur objectif ultime est de créer la «souveraineté supranationale d’une élite d’intellectuels et de banquiers mondiaux». Selon Rockefeller, cela conduira à un «gouvernement mondial qui ne connaîtra plus jamais la guerre».


Supposons, à titre de pur exercice intellectuel, que David Rockefeller soit une personne aussi importante et puissante qu’il semble le penser. Accordons-lui quelque crédit et supposons que lui et les personnes désignées par «nous» ont réussi dans une certaine mesure. Cela signifierait que les principales décisions et les principaux événements depuis que Rockefeller a prononcé son discours, en 1991, ont fait partie du plan ou qu’ils ont du moins représenté ses caractéristiques et révélé ses intentions.


Par conséquent, en examinant ces décisions et événements, nous pouvons établir si Rockefeller a dit vrai en affirmant que l’utopie qu’il avait à l’esprit est en train de se réaliser ou du moins plus près de se réaliser. Voici, dans le désordre, quelques-unes de ces décisions et quelques-uns de ces événements.


L’application de l’Accord de libre-échange d’Amérique du Nord par les gouvernements Bill Clinton et George W. Bush a entraîné la disparition de millions d’emplois industriels et la destruction des exploitations agricoles familiales en faveur de l’agrobusiness global.


D’autres accords de libre-échange similaires, dont ceux conclus sous les auspices de l’Organisation mondiale du commerce, ont entraîné la délocalisation de millions d’autres emplois industriels vers la Chine et ailleurs.


Le revenu moyen par famille aux Etats-Unis n’a cessé de diminuer alors que la part de la richesse du pays détenue par les plus ­hautes tranches de revenus est montée en ­flèche. Certains gestionnaires de fonds spéculatifs de Wall Street gagnent 1 milliard de dollars par année alors que le nombre des sans-abri, dont des anciens combattants, frise le million.


La bulle immobilière a conduit à une énorme inflation des prix de l’immobilier aux USA. Des millions de maisons tombent entre les mains de banquiers à la suite de saisies. Le prix des terres et des fermages a en outre décimé l’agriculture familiale et le petit commerce. L’augmentation des impôts fonciers basés sur la surestimation des terrains a contraint des millions de personnes à revenu ­faible ou moyen et de personnes âgées à abandonner leur maison.


Le fait que des banquiers contrôlent maintenant la totalité du système monétaire national sous des lois qui veulent que l’on ne crée de l’argent qu’en prêtant à intérêt a entraîné une pyramide de dettes considérable qui menace de s’effondrer. Ce système «monétariste» a été lancé par des économistes de l’Université de Chicago payés par la famille Rockefeller. Le hic, c’est que quand la pyramide s’effondre et que tout le monde fait faillite, les banques, qui ont créé de l’argent «comme par magie», peuvent alors saisir des biens précieux pour une bouchée de pain, comme J-P. Morgan Chase s’apprête à le faire avec les commerces de Carlyle Capital. Le gouvernement a abandonné la régulation judicieuse de l’industrie financière et tout politicien qui essaie de s’y opposer, comme Eliot Spitzer, est brisé.


La charge fiscale totale des Américains (impôts fédéraux, impôts des Etats et impôts locaux) dépasse maintenant 40% du revenu et est en train d’augmenter. Aujourd’hui, au début d’une récession, le Congrès, contrôlé par les Démocrates, tout en soutenant le très faible rabais «stimulus», continue d’augmenter hypocritement les impôts, même ceux des revenus moyens. Les arriérés d’impôts, de même que les emprunts des étudiants, ne peuvent plus bénéficier de la protection de la loi sur les faillites.


Le prix de l’essence augmente alors que des compagnies comme Exxon-Mobil enregistrent des profits records. Les prix d’autres produits de base, dont ceux de l’alimentation, ne cessent d’augmenter et certains pays sont au bord de la famine. Aux Etats-Unis, 40 millions de personnes sont officiellement considérées comme «food insecure» (en situation de précarité alimentaire).


Les sociétés qui contrôlent l’eau et les ressources minières se sont emparées d’une grande partie de ce qui appartenait à la collectivité et la dérégulation de la production énergétique a entraîné d’importantes hausses du prix de l’électricité dans de nombreuses régions.


La destruction des exploitations agricoles familiales par l’Aléna (Accord de libre-échange américain entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique) s’est reflétée dans les politiques du FMI et de la Banque mondiale à l’égard d’autres pays. Dans le monde entier, en raison de la pression exercée par le «consensus de Washington», l’autosuffisance alimentaire locale a été remplacée par des cultures destinées avant tout à l’exportation. L’exode rural a considérablement augmenté la population des bidonvilles dans les pays sous-développés.


Depuis les années 1980, les Etats-Unis ont mené des guerres dans le monde soit directement soit par procuration. L’ex-Yougoslavie a été démembrée par l’OTAN. Sous prétexte du 11-Septembre et en se servant de projets déjà élaborés, les USA sont engagés maintenant dans la conquête et l’occupation militaire permanente du Moyen-Orient. L’encerclement mondial de la Russie et de la Chine par les forces armées des USA et de l’OTAN est en cours et de nouveaux efforts pour militariser l’espace ont commencé. Les puissances occidentales sont nettement en train de se préparer à l’éventualité d’une nouvelle guerre mondiale.


L’expansion de l’empire militaire américain à l’étranger se manifeste par la création d’un système totalitaire de surveillance à l’intérieur du pays: On espionne les activités des particuliers grâce à la technologie et à des systèmes mis en place au nom de la «guerre contre le terrorisme». On commence à utiliser des implants électroniques permettant de suivre à la trace les intentions des individus. Le complexe militaro-industriel est devenu l’industrie la plus important et la plus prospère du pays. Elle emploie des milliers de planificateurs qui planchent sur de nouveaux et meilleurs moyens, officiels ou secrets, d’anéantir les «ennemis» aussi bien indigènes qu’étrangers.


Cela dit, les Etats-Unis possèdent la plus importante population carcérale du monde. En outre, la vie quotidienne de millions de personnes constitue un fardeau écrasant: administrations, assurances, factures, paperasseries. Les plus simples transactions commerciales sont alourdies de frais occasionnés par des légions de comptables, d’avocats, de bureaucrates, de courtiers, de spéculateurs et d’intermédiaires.


Enfin, la dégradation de la vie quotidienne a provoqué une augmentation considérable des maladies liées au stress, telles les dépendances à l’alcool et aux drogues. Même les gouvernements de certains pays sont impliqués dans le trafic de drogue. Au lieu de faire en sorte que le travail soit moins stressant, la politique avantage la colossale industrie pharmaceutique qui s’enrichit grâce à la dégradation de la santé publique due au fait que l’on traite les symptômes plutôt que les causes. Un grand nombre de médicaments vendus à grand renfort de publicité ont des effets indésirables dévastateurs.


Cette liste devrait suffire à nous faire nous poser une difficile question. En supposant une nouvelle fois qu’il s’agit là d’éléments du plan élitiste que M. Rockefeller se vante d’avoir mis au point, n’est-il pas un peu étrange que les moyens choisis pour obtenir «la paix et la prospérité pour l’humanité tout entière» impliquent tant de violence, de mensonges, d’oppression, d’exploitation, de corruption et d’escroquerie ?


Il me semble que «notre projet pour le monde» est fondé sur le génocide, la guerre mondiale, le contrôle policier des populations, l’accaparement des ressources mondiales par l’élite financière avec ses marionnettes politiques et ses forces armées. Existe-t-il un meilleur moyen d’obtenir tout cela que ce qui semble être un projet destiné à priver les peuples du monde entier de leur aptitude à produire eux-mêmes leur nourriture ? Finalement, le génocide par la famine peut être lent, mais il est efficace, en particulier quand on peut l’attribuer aux ­«forces du marché».


Et se pourrait-il que le «nous» qui est à l’origine de tout cela, dont fait partie le grand David Rockefeller, soit tout simplement constitué de criminels qui ont pratiquement pris le pouvoir ? S’il en est ainsi, ce sont des criminels qui ont fait tout leur possible pour protéger leurs arrières et effacer leurs traces, notamment en contrôlant le système scolaire et les principaux médias monopolistes dominants. En tout cas, une chose est certaine: les électeurs américains n’ont jamais rien approuvé de tout cela sciemment.


Source: Global Research du 27/3/08


(Traduction Horizons et débats)


* Richard C. Cook est un ancien analyste du gouvernement américain. Il a notamment fait partie de la Civil Service Commission, de la Food and Drug Administration. Il a été conseiller du président ­Carter, de la NASA et du Ministère des finances. Ses articles sur l’économie, la politique et la politique spatiale ont paru sur de nombreux sites Web. Il prépare un ouvrage sur la réforme monétaire intitulé We Hold These Truths: The Promise of Monetary Reform. Il est également l’auteur de Challenger Revealed: An Insider’s Account of How the Reagan Administration Caused the Greatest Tragedy of the Space Age dont un critique a écrit que c’était le livre le plus important des vingt dernières années sur la navigation spatiale.


Son site: www.richardccook.com

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 18:45
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Faut-souffler.jpg Mais maintenant Maria était tranquille, elle n'avait plus peur, même plus de la police. La police ne venait pas seulement dans les bidonvilles pour seconder les agents recenseurs, elle y effectuait aussi des visites dans un but précis : éviter toute extension du bidonville.

 

L’équipe de policiers investie de cette tâche, parfois appelée selon les lieux “brigade Z”, brigade des démolisseurs ou brigade des casseurs dépendait administrativement du Service d’assistance technique (SAT) de la préfecture et était composée de punis de la police

 

Ils étaient vêtus d’un treillis bleu leur servant d’uniformes avec les insignes apparents de leur fonction et d’énormes bottes. Ces brigadiers représentaient la face répressive du pays d’accueil pour les familles d’immigrés. Ses premières interventions datent du début des années soixante.

 

Pour faciliter leur surveillance, les policiers établissaient régulièrement un relevé du plan d’emplacement et procédaient au numérotage des baraques. Un numéro peint en gros sur la porte. Leur spécialité était la brutalité. Ils entraient sans prévenir à l’intérieur des habitations en enfonçant la porte.

 

Ils se servaient du café, jetaient les étals en l’air, piétinaient puis déchiraient les affaires, les jetaient dans la boue. Parfois, avec un pétard à mèche à la main, ils s’amusaient à apeurer et disperser les familles. Les brimades étaient fréquentes, on coupait l’eau pendant plusieurs jours.

 

Les équipes, composées de trois à huit policiers munis de masses ou d’arrache-clous parcouraient toute la journée les ruelles en quête d’une construction à détruire. Face à ces abus de pouvoir, les habitants ne pouvaient rien opposer. Les sanctions étaient d’une sévérité graduelle.

 

Menaces ou démolition, vieilles planches, vieux volets, tôles confisqués, sacs de ciments éventrés, embryons de jardin saccagés, amoncellement de tas de terre devant les habitations, interdiction de commerces à l’intérieur du bidonville, pose d’un grillage entourant grossièrement les baraquements.


De plus, la discrétion officielle des municipalités était la règle au sujet de l’action des policiers : mairies et services sociaux toléraient ces pratiques sans les dénoncer à un point tel, que ce mutisme, proche du racisme, touchait la grande majorité des personnes amenées à travailler au bidonville.

 

Toutes ces mesures de démolition s’avérèrent inefficaces. Bus, camions désaffectés, roulottes ou caravanes remplaçaient les taudis et si la superficie d’occupation était limitée, il en allait autrement pour la densité. Il existait des possibilités d’agrandir discrètement la superficie des habitations.

 

Alors Maria avait échappé à son père, avait échappé aux passeurs, avait échappé aux brigades d'assistance technique, avait échappé à l'incendie, avait échappé au bidonville, avait échappé à l'usine, et maintenant elle voulait bien se reposer en faisant ce que les hommes parfois voulaient.

 

Arthur termina sa première Sagres et en commanda une autre, Simon lui avait dit de ne pas s'en faire, il viendrait avec le camion de son patron. "Tu n'as pas l'impression de passer tes journées à attendre?" "Ne faisons nous pas tous cela? En attendant la fin de la vie, nous la remplissons"

 

"Dominique, aucune vie ne remplacera celle que je n'ai eue à tes côtés. Pourquoi est-ce ainsi? Pourquoi est tu l'unique et l'absente? Pourquoi as tu été ma mauvaise rencontre? Et pourquoi m'as tu fui? Pourquoi étais tu folle? Puisque rien n'a d'importance, je peux encore être utile à quelques uns."

 

Dans la rue il ne s’agit pas de tracer son chemin car il faut vivre au jour le jour. C’est la liberté totale, c’est la joie de trouver un copain, c’est une joie de rouler les gens de bien, voler, raconter des histoires, c’est la loi de la jungle, on forme une bande et on défend son territoire. 

 

 

 

Par Christian Hivert - Publié dans : Les chevaliers ivres : II Destin majeur - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 18:41
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Tout-va-bien.jpg Tant que ses difficultés ne seront pas comprises et résolues, il récidivera. Quand on a passé une nuit dehors, qu’on a eu faim, froid ou peur, on a à la fois marqué une rupture, montré ce qu’on est capable de faire, et touché les limites de sa toute-puissance, on recommence. Mendes recommençait.

 

Cela n'aurait été les soucis que lui procurait régulièrement Mendes, Maria se disait qu'elle avait trouvé sa niche de vie, elle s'estimait veinarde, dans tout le passage et rue du Landy elle était connue et respectée, elle cuisinait la meilleure baccalhau et les meilleurs accras de tous les bidonvilles alentours.

 

Et surtout elle disposait d'une adresse reconnue, pas comme aux Francs Moisins ou la majorité des cabanons n'étaient pas desservis par les services postaux, le bidonville n’étant pas considéré comme un lieu d’habitation, le courrier s’égarait, provoquant de fâcheuses complications.

 

Chaque médaille ayant son revers, cela voulait dire également que les différents services administratifs savaient où venir la chercher. Mais cela ne posait aucun problème à Maria. C'était même vraiment bien, ainsi elle avait régulièrement des nouvelles de ses deux petits, l'un placé, l'autre en fugue.

 

Car Maria avait sa boite aux lettres avec seulement son nom dessus, et ce n'était pas un simple numéro sur un mur de boites alignées et empilés comme elle en avait entendu parler, non c'était sa boite personnelle avec seulement son courrier à elle, c'était privé, c'était à elle, le secret de la correspondance.

 

Parfois, l'assistante sociale de secteur venait regarder dans tous les coins et recoins de la cour et de la chambrette, vérifier que la situation ne s'empirait pas, ne s'améliorait pas, que non vous voyez bien je n'ai pas de place pour les petits, non je n'ai pas déclaré de travail, oui les amis ils m'aident.

 

Le faible revenu de sa cantine sauvage suffisait à Maria pour les besoins essentiels. Parfois un cadeau imprévu améliorait l'ordinaire, on pouvait l'inviter au cinéma, ou à faire la fête dans des petits bals locaux. Maria était fière de sa poubelle, elle la nettoyait de fond en comble tous les jours.

Car dans les bidonvilles les municipalités ne procédaient pas à l’enlèvement des ordures ménagères. Là où les cabanons ne se serraient pas les uns contre les autres les tas d'ordures fleurissaient d'adventices vivaces et donnaient à toute cette ville campée une odeur de décharge publique.

 

Tandis que désormais Maria disposait d'un droit à l'enlèvement des ordures ménagères dont elle acquittait scrupuleusement la redevance, les papiers étaient à son nom et portaient le nom du passage et le numéro de l'adresse. Maria se sentait installée, elle payait la taxe d'habitation.

 

Elle était donc chez elle, l'ancien propriétaire, le révolutionnaire espagnol n'avait rien voulu lui prendre. Il s'était trouvé un meilleur logement à Paris et n'avait pas besoin de louer, et puis à quel prix loue t on un taudis? D'aucuns ne s'en seraient pas privé, mais lui avait des valeurs.

 

Les migrants dont l’adresse n’était pas reconnue devaient utiliser celle d’une autre personne afin de pouvoir obtenir carte de séjour et de travail par le biais de certificats de complaisance rapidement devenu un moyen de gagner de l’argent. Maria avait échappé à ce système d’exploitation. 

 

Cela faisait donc quatorze ans que Maria améliorait son habitat de mille trouvailles.

Et Mendes avait quatorze ans et n'était toujours pas casé. Parfois lorsqu'il n'y avait plus de copain du moment, elle lui faisait savoir par la bande qu'il pouvait venir, elle allait le chercher là où elle pensait le trouver.

 

Mais maintenant il avait quatorze ans, il était trop grand vous comprenez, elle n'avait qu'un lit à deux places se transformant en journée en canapé, ce n'était pas bien, il avait l'âge de comprendre. Elle voulait bien le prendre avec elle, mais il fallait un logement plus grand et un travail.

 

Elle était devenue la reine de la récupération et du détournement d'objet en vue de rendre agréable la courette et accueillante la soupente. Beaucoup lui disaient qu'ils se sentaient bien chez elle, ils connaissaient donc pire. On lui disait même que c'était coquet, que c'était bien arrangé.

Il n’existait aucun statut d’occupation du sol, tout était fondé sur l’illégalité. La perception des loyers, l'achat ou la location de sa baraque n’avait aucun fondement juridique, n'aurait pu reposer que sur des pratiques d’intimidation de la part de pseudo-propriétaires, elle avait eu de la chance.

 

Cela faisait longtemps que les ruelles de la petite Espagne s'étaient pérennisées, ce petit passage n'était plus considéré comme faisant partie du bidon ville. Comment s'étaient ils débrouillés. Il y avait l'électricité, Maria disposait de son compteur et avait le téléphone depuis peu, tout était en règle.

 

Mis à part qu'elle était sans droit ni titre, un petit cran au dessus des cabanons boueux. L'installation électrique avait été savamment bricolée par un passionné du Système D, et les sanitaires s'évacuaient non loin dans un trou dans le terrain vague vers la voie ferrée, mais la chasse fonctionnait.

 

L'eau courante était apportée par un tuyau d'arrosage de grosse section desservant plusieurs numéros du passage, il prenait sa source à l'un des anciens robinets de la pompe du maraicher sur les terrains duquel s'était bâti en moellons grossiers toutes les masures au fil du temps depuis le début de l'ancien siècle.

 

Ce qui avait démarré comme un bidonville s'était peu à peu intégré dans la ville, du fait de cet ancienneté les habitants des passages et impasses de ce coin de la petite Espagne étaient mieux vus, on disait au moins c'est entretenu, même s'ils n'ont pas les droits juridiques d'occuper ça reste propre.

 

Car à Saint-Denis, dans les années soixante, les frictions entre habitants du quartier et Portugais des Francs Moisins furent évitées de peu, des habitants de la cité Floréal jouxtant le bidonville se plaignirent au commissariat de police et signèrent de nombreuses pétitions pour le faire déplacer.

 

Les propriétaires des terrains se montraient tout aussi hostiles au développement de baraquements sur leurs parcelles, à Aubervilliers l’empiétement des Portugais sur les berges d’un canal appartenant à une société privée motiva plusieurs notes de service à la préfecture de la Seine en 1963-64.

Par Christian Hivert - Publié dans : Les chevaliers ivres : II Destin majeur - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 18:36
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Belle-montagne.jpeg Mais elle était toujours la mère, elle n'avait jamais abandonné ses petits. Elle pouvait aller voir son premier, le Nonio, quand elle le voulait, ce n'est pas parce qu'elle ne voulait pas le déranger, elle pouvait, elle avait les droits, c'était elle la mère, et eux s'en occupaient, c'était bien.

 

Parce qu'elle était seule vous comprenez. Tout le jour il fallait aller travailler, gagner beaucoup, un jour acheter un appartement, parce qu'avec une toute petite pièce là où elle était, et puis chère, c'est cher la France, et les Français, on fait le ménage, tout propre, tout bien, mais ils ne paient pas.

 

Quand Marx était réapparu dans sa vie Maria avait pu se calmer, elle angoissait moins, elle finissait par penser pouvoir garder Mendes auprès d'elle, trouver des solutions, s'arranger pour agrandir la pièce sur la cour, ne plus recevoir d'hommes, Marx trouverait peut –être quelque chose de plus grand.

 

Le 15 juin 1970, 600 baraques du bidonville du Franc Moisin, à Saint-Denis, disparaissent dans la nuit lors d’un incendie, sans heureusement provoquer de décès. Une grande part de la population riveraine, habitant dans les HLM voisins, se relaie la nuit pour éteindre l’incendie

 

Passant ainsi d’une indifférence ou d’une hostilité diffuse à des gestes concrets de solidarité Au vu de son état Maria fut une des premières à être assistée. Le gouvernement se prend alors d'une subite urgence d’agir. Le 10 juillet 1970 est votée la loi Vivien dite de «résorption de l’habitat insalubre».

 

Les municipalités de la région parisienne, souvent communistes, vont collaborer activement avec les services préfectoraux et les bulldozers pour une éradication effective des bidonvilles. Mais la France des Trente glorieuses n'a jamais voulu endiguer les flots de bidonvilles, seulement les réguler.

 

Et cette France très à cheval sur la question des droits dans les pays de l'Est ne règlera jamais la totalité de ces graves problèmes de logement dans des taudis. L'Humanité pourra écrire : "Il est vrai que depuis deux ans des travailleurs immigrés ont été relogés. Il est vrai que des foyers ont été construits.

"Mais à côté se développe et grandit chaque jour un habitat insalubre où l'on entasse dans des caves et greniers des centaines d'hommes les uns sur les autres, au mépris de l'hygiène la plus élémentaire. Les taudis sont certes moins voyants, moins scandaleusement criants que les bidonvilles. Ils sont plus nombreux. »

 

Il était débrouillard Marx, il l'avait sorti du bidonville dont une bonne partie avait brûlé. Comme sinistrée de l'incendie et enceinte de Mendes, elle avait eu le droit à quelques égards. Maria aimait bien accoucher, L'hôpital était blanc, propre, calme, tout le monde prenait soin d'elle, elle était bien.

 

Le problème était là, juste après l'accouchement, que faire du petit? Les services Français avaient toutes sortes de solutions. On venait la voir et lui posait plein de questions. Non l'homme n'était pas resté, ne reconnaissait pas l'enfant, c'était un homme qui voulait, vous comprenez, quand un homme le veut?

 

Même en faisant un gros effort Maria n'aurait pas pu donner le nom du père, des pères. Ni la contraception ni la connaissance de son existence n'était diffusée largement dans les populations pauvres et chrétiennes. Maria, parfois, avait bien voulu de ce que les hommes voulaient.

 

Tout de suite installée dans le cabanon abandonné, aidée des deux amis et de quelque voisins émoustillés, elle avait su se rendre utile à nombre de célibataires, cela lui avait fourni sa pitance, elle était femme toutes mains, cuisinait, lavait rapiéçait, elle n'avait plus peur de son père.

 

Ni les deux amis ni Marx ne lui avaient jamais fait la moindre proposition offensante. Les deux amis parce qu'ils n'en avaient pas l'envie, et Marx parce qu'il n'en avait pas l'idée. Pour Marx, Maria était une petite frangine à protéger, cette gamine l'avait sauvé, il devait l'aider.

 

Mais pour ce qui était de l'organisation de sa vie, Maria faisait comme bon lui semblait, il suffisait à Marx de la savoir à l'abri sous un toit et avoir de quoi manger et il était rassuré, il pouvait alors retourner à sa chambre de bonne et ses universités, devenir quelqu'un dans le devenir du Portugal.


C'était justement par la fréquentation de ses amis étudiants et révolutionnaires qu'il avait déniché cette occasion en or suite à l'incendie des Francs Moisins. Un vieil anar espagnol avait trouvé à s'installer mieux dans la rue des Vignoles, Paris Vingtième, et laissait sa piécette libre.

 

"Vous savez Marx, je ne sais pas si c'est un vrai cadeau, ce sera démoli sans doute prochainement, c'est une bicoque bâtie en dur sur les terrains d'un maraicher. C'était il y a longtemps, avant guerre, je suis propriétaire des murs, s'il vend son terrain la maison sera rasée, je n'y pourrais rien."

 

Mais comme l'avait écrit l'Humanité, c'était un taudis un peu plus coquet que les cabanons alignés des bidonvilles, et d'un aspect extérieur discret, au fond d'une courette, au bord de la rue du Landy. Le passage avait un nom en lettres de peinture lessivées par le temps sur une palissade "Bois-doré".

 

Maria en avait profité pour agrandir ses activités. Elle était devenue la cantinière de cette armée paisible de travailleurs en déroute. Elle était parvenue à se procurer hebdomadairement des produits frais du Portugal, la courette se métamorphosait discrètement en auberge sauvage à chaque repas.

 

Et en dehors des repas, le soir notamment, les hommes esseulés revenant de leur  travail venaient faire un peu de conversation, sans penser à mal, si ce n'est au mal de se faire du bien. Certains prenaient l'habitude d'être assidus, n'avaient d'autre famille, et parfois ils voulaient, que voulez vous?

 

Et Mendes fuyait ses beaux-pères, Maria avait fuit son père, toutes les vies étaient elles des fuites. Pour Mendes, quand on le retrouvait, fatalement un jour quelqu'un s'apercevait de l'incongruité de la présence du môme en tel lieu et à pareille heure, on disait qu'il s'agissait d'une fugue d'un mineur.

 

Un numéro simple et facile à retenir était alors composé discrètement derrière une vitre sale. L'enfant grandit, viennent alors les petits délits, la consommation d’alcool et de cannabis. La fugue n’est qu’un symptôme, ce n’est pas en retrouvant le jeune fugueur et le ramenant qu’on résout le problème.

Par Christian Hivert - Publié dans : Les chevaliers ivres : II Destin majeur - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire

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