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Publié par Christian Hivert

Le ghetto est voulu, c'est l'arme prolophobe du PSFN au pouvoir…

Ghettos urbains : pourquoi les milliards de la politique de la ville ne parviendront jamais à acheter la paix sociale. Par Zohra Bitan

L'actualité met régulièrement en exergue l'échec que constitue la politique de la ville pour créer une paix sociale dans les banlieues. Davantage pansement économique que véritable remède, un diagnostic courageux aurait notamment évité de victimiser les populations pour imposer la justice et les principes républicains.

1972, une circulaire interdit la construction de nouvelles barres d’HLM. 1991, Rocard dénonce "une architecture quasi concentrationnaire et criminogène...". Et entre temps, le refrain "casser les ghettos" fleurit de discours en discours, que ce soit par la droite ou la gauche au pouvoir.

Tant que la violence n’avait pas traversé le périphérique, on pouvait se contenter de mots, d’incantations, de surfer sur les vagues, au gré des violences qui secouaient les quartiers.

Ah, la banlieue, avec ses ghettos, ses âmes qui y vivent ou survivent, à coup de larmes à l’œil un jour et de jets de pierre un autre, combien de scrutins a-t-elle entretenus, combien d’élections a-t-elle fait gagner ou perdre ? Tant que personne ne mourrait au-delà du périphérique, tout allait bien. Mais le déni et la complaisance ont frappé, atrocement, en ce début de mois de janvier 2015 où la "bonne année" a été décapitée net au profit de condoléances et de larmes qui n’ont pas encore séché un mois plus tard, et ne sècheront peut-être jamais pour beaucoup.

Mais ils sont encore là pourtant, les ennemis de la République, ses propres enfants, ceux qu’elle a élevés dans le bitume, à coup de séquences de com un jour, et de disparition des écrans politiques et médiatiques le lendemain. Oui, ils sont encore là, ceux qui tuent, volent, dénigrent, niquent la France, détestent les femmes, dealent, braquent etc… Certes bien moins nombreux que les autres. Et la majorité silencieuse des quartiers est punie, par leur présence qu’elle subit. Ils sont encore chez nous, près de nous, et nul besoin de nous rassurer en nous disant qu’ils ne sont qu’une minorité, on le sait, je le sais… Mais nul besoin d’être très nombreux pour tuer, il suffit parfois d’être un, deux, voire trois et les dégâts sont juste monstrueux.

Le déni et la complaisance ont tué cette fois, en deçà et au-delà du périphérique, mais il faut aussi dénoncer le déni et la complaisance vis-à-vis de la drogue, qui génère toutes sortes de violences et tue aussi. Ce n’est pas parce que cela ne dépasse pas nos ghettos qu’il faut faire l’omerta.

J’ai connu la drogue de près, et je ne suis pas la seule. Rien que d’écrire ce mot ou le prononcer me colle un sacré pincement au ventre, comme une trouille qui, je crois, m’accompagnera à jamais. J’ai connu ma première perquisition alors que je n’avais que 12 ans. Mes frères avaient encore fait les cons et voilà : "Police, ouvrez" à 5h du matin. J’avais juste eu le temps d’enfiler un peignoir que j’avais trouvé à portée de main ; il était beaucoup trop grand pour moi. La police nous avait tous rassemblés dans la salle à manger avec mes parents, enfants compris. J’avais une trouille monumentale et je n’osais même pas me coller aux jupons de ma mère, elle aussi terrorisée. Ma rencontre avec ce fleau commença ainsi. Et ça s’est poursuivi pendant des années. Je revois encore ma mère, en alerte permanente fouiller chaque jour tous les recoins de la maison pour savoir si mes frères ne cachaient rien ; et lorsqu’elle trouvait, elle jetait tout ! Elle luttait Maman, autant qu’elle le pouvait, elle pleurait, elle implorait qu’ils arrêtent de dealer. Ce n’était certes pas des gros bonnets, juste de petits trafiquants, mais juste assez pour nous pourrir la vie à tous. Mon père, quant à lui, disait "je ne dors que lorsque mes fils sont en prison", et il suppliait même la Police de les punir sévèrement et pour un moment. Mais que nenni, rien, des punitions de perlimpinpin à la sauce angélique. Dans quasi toutes les cités, il y a des parents qui souffrent de ce laxisme vis-à-vis de cette drogue qui pourrit tout, et des fratries entières qui subissent les dommages collatéraux d’un frère ou deux, qui dealent et mettent en danger toute une famille.

Mais que fait la police, que fait la justice ? Ce qu’ils peuvent, au regard des ordres qu’ils reçoivent ; soyez gentils un jour, soyez durs un autre ; puis non, attendez là il y a une élection, on verra plus tard… puis si, allez-y, ça commence à sentir la poudre et les médias en parlent… bref, la banlieue, ses ghettos, sa majorité de braves gens, continuent de coexister avec la minorité agissante de délinquants, très agissante, qui finit par tuer, pour défendre son commerce d’abord, puis pour le Djihad maintenant ; il nous manquait plus que ça !

Et les habitants des cités sont ainsi devenus lamentablement les témoins, puis les acteurs fétiches, d’une comédie dramatique avec laquelle la classe politique joue depuis des années.

J’ai presque envie de l’insulter cette classe politique, mais je suis polie et bien élevée parce qu’ils nous ont abandonnés, ma mère et moi, mon père et mes sœurs alors qu’il suffisait de sévir, de prévenir, de punir comme il se doit et à chaque fois.

Ils ont même réussi à faire croire aux parents que l’école ferait tout, serait tout pour leurs enfants, les exonérant au passage, eux de leur rôle et part de responsabilité. C’est eux qu’il fallait aider en premier pour qu’ils soient accompagnés, soutenu dans ce rôle difficile au regard de leur condition sociale, territoriale ou ethnique. Non, l’Etat a privilégié les loisirs, les vacances pour des jeunes qui méritaient l’apprentissage de l’effort, de la rigueur et de l’estime de soi aussi.

L’histoire du pansement économique, que j’ai entendue maintes fois de la part d’élus, en off bien sûr, m’a retournée et me retourne encore les tripes : La drogue tolérée et donc justifiée comme anesthésiant social ! Ben voyons ! Et ce que ça cause comme drames humains on s’en fout ? Bah oui, ce ne sont que des immigrés des ghettos, qui finiront bien par régler tout ça entre eux. De temps en temps, une petite descente, et entre les deux, les affaires peuvent reprendre leurs habitudes.

Alors on nous a servi le chômage comme justification sociale. Mais dans les années 80/90 il y avait du chômage ? Non, alors ce fut au tour du racisme, par exemple, comme justification à l’angélisme. Eh oui, chaque décennie on décerne une plaie aux quartiers, histoire de justifier le laxisme et d’entretenir le label électoral "ce n’est pas de votre faute". Et au reste de la France qui sait et qui se plaint de la drogue et de ses ravages, on répond "bande de fachos" !

Moi, je ne veux pas mentir aux français, parce que je ne veux pas qu’ils amalgament la drogue et la violence avec mes fils ou ces millions de citoyens qui vivent dans ces cités, et n’ont rien à voir là-dedans. Qu’ils sachent que des mamans pleurent, que des papas sont désespérés, et que le bitume et sa crasse sont parfois plus forts que tout, même malgré une éducation rigoureuse. Et la réponse des pouvoirs publics qui abandonnent les parents est juste un scandale.

La drogue a tué par le Sida, tue par les règlements de comptes, par la violence que génère le fric qu’elle produit. Oui parlons du Sida aussi, qui contrairement à ce que l’on croit, n’a pas atteint que des citoyens homosexuels. Non il a fait des ravages dans les cités.

Voilà les effets de ce déni et de la complaisance qui durent depuis des décennies. De quoi ont-il accouché ? D’enfants de la république élevés au rang et au statut de victimes en tous genres, qu’on a laissé jouer aux artificiers avec leur propre vie, celle de leurs parents et de la société toute entière. Allez dire maintenant aux Français que dans les cités il y a des gens merveilleux, formidables, méritants, et que la France multiculturelle est une chance, alors que la classe politique a laissé depuis 30 ans dans ces quartiers une minorité faire sa loi et imposer son spectacle à tout l’hexagone. La télé a parfois dénoncé cette situation, mais à chaque fois, les journalistes se sont fait incendier et reprocher de participer à la stigmatisation. Il faut donc que ce soient des gens comme moi qui parlent, moi qui ai connu ces maux, pour que les Français se ressaisissent et trient le vrai du faux. Les politiques ne disent jamais la vérité, ils disent ce qui arrange leurs affaires, leur carrière. Et nous en faisons tous les frais chaque jour.

La parole publique est tellement décrédibilisée qu’il devient nécessaire, indispensable même de préciser d’où l’on parle. La bienpensance est trop forte, trop puissante si bien qu’elle a besoin parfois qu’on la gifle de vérités, quitte à parler de soi s’il le faut afin qu’elle se taise et qu’elle ait même honte de ses leçons de morales qui font des ravages !

J’aime mon pays, j’aime mes compatriotes, c’est ici que je veux finir mes jours ; je ne veux plus que l’on mente aux Français et qu’ils fantasment sur des idées toutes faites, sans savoir ce qui se passe réellement. Oui il y a de la drogue, oui elle tue, oui elle décime des familles, oui elle pourrit la vie de tout le monde mais réfléchissez : dans une cité qui compte 5 000 habitants, il y aurait 5 000 dealers ? Non il faut rester sérieux, ils sont minoritaires mais puissants, bruyants, violents, et on n’entend qu’eux.

Le refrain "casser les ghettos" que l’on nous chante depuis 40 ans, a juste cassé la France, mis en miette le "vivre ensemble", lui aussi, discours de com, de pin’s et de plaquettes publicitaires, et qui se résume aujourd’hui à ce que plus personne ne veut vivre avec personne. Avoir fermé les yeux sur tous ces fléaux est une erreur politique grave qu’il va falloir réparer. Et il ne suffit pas de resservir les refrains qui ont rythmé les discours depuis des décennies pour que tout cela cesse.

Un homme politique honnête dirait : "je n'ai pas de solutions immédiates pour casser 40 ans de ghettos. La tâche est d'une ampleur considérable. Nous allons palier au plus urgent : sécurité, rôle et responsabilité des parents, prévenir, punir… Ensuite nous allons travailler à un plan d'ensemble et de fond que nous partagerons en toute transparence avec les Français et l’opposition, car les ghettos nous concernent tous !". Voilà c'est simple la politique quand on prend les Français pour des gens capables d'entendre tout, même le plus dur !

Je suis parvenue à éduquer mes enfants pour les éloigner de tout ce qui les guettait, drogue, délinquance, violence, haine de la France, leur patrie et de la République. Ce fut ma principale mission de mère, notre mission de parents avec mon époux !

Parce que je savais que la République, l’Etat, l’Ecole, en cas de danger, ne m’aiderait pas, et j’ai eu raison !

Zohra Bitan est cadre de la fonction publique territoriale depuis 1989, ancienne conseillère municipale PS de l'opposition àThiais (94), et était porte-parole de Manuel Valls pendant la primaire socialiste de 2011. Elle a tout au long de son parcours eu pour fil conducteur la lutte contre la misère intellectuelle. Elle est fait maintenant partie du du contre gouvernement de l'UDI, chargée de l'intégration sociale et la laïcité. Les thématiques des cités, des classes populaires, des jeunes, de la citoyenneté, du civisme sont celles qui l’intéressent particulièrement. “Dire c’est agir” sont les moteurs de son engagement par la plume. Elle est l'auteur de Cette gauche qui nous désintègre, Editions François Bourin, 2014.

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