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Publié par Christian Hivert

SEXE ET PUBLICITÉ : P.SELOS

Impossible d’échapper au sexe qui sert de dénominateur commun aux agences publicitaires. Leur créativité se réduit au graphique plat d’un encéphalogramme comateux.

Leur cible-clientèle a pour dominante un machisme exacerbé et surdimensionné. La femme-objet y est exploitée en tant que fantasme récurrent. Fatale et putain à la fois, aucun domaine marchand ne lui échappe, mêmes les plus inattendus. Il n’est pas jusqu’aux bonnes sœurs qui n’en fassent les frais.

La mode féminine est aussi une affaire d’homme car nombreux sont ceux qui se mêlent du choix de leur lingerie fine, robes fendues et minijupes pour exciter leur libido. Le père de famille bien rangé en est l’un des principaux consommateurs.

Seuls les biens d’équipements domestiques font une place prépondérante à la mère de famille. Monsieur aime bien faire les honneurs de sa table et de son chez lui en montrant qu’il a su choisir une épouse idéale, même si, après le départ des invités, on règle des comptes.

Dans cette cosmogonie du quotidien, la voiture occupe une place centrale. Que dis-je ? Sacrée. On la bichonne, on lui donne des petits noms, on la féminise. Elle est partie intégrante de la cellule familiale. Une rayure et c’est le drame.

L’enfance n’est pas épargnée par cette érotisation, la zone frontière entre préadolescence et adolescence étant de plus en plus floue. Petits mecs et petites nanas préfigurent déjà les stéréotypes des adultes.

Souvent d’aspect androgyne, les Batman et les Lolita ont droit aux pages des catalogues et des magazines. Maquillages outranciers, tatouages et piercings, cheveux coiffés à l’iroquois, en pétard ou en dreadlocks, leur mimétisme n’exprime pas pour autant une joie de vivre et une tonicité débordante. Les muscles étant physiologiquement en cours de développement, c’est l’image d’une tristesse anémique qui confine à la mode des mannequins anorexiques. C’est ainsi qu’on en arrive à la jeune fille aux paupières vertes, au lipstick noir tandis que le jeune homme au visage émacié et au teint hâve affirme sa récente virilité par un menton mal rasé.

La symbolique sexuelle s’est toujours manifestée via une mode qui s’apparente parfois au ridicule. Les chapeaux à crête de coq, les chaussures « à la poulaine » avaient toutefois le mérite de célébrer les couleurs, laissant le noir, le gris, le beige et le marron aux tristes sires du monde des moines et des gens de justice. Aujourd’hui, nous sommes vêtus d’une façon uniforme, en passes murailles ou selon des appartenances professionnelles.

Ayons au moins la décence de ne pas nous moquer des étuis péniens des hommes à plumes de Papouasie-Nouvelle Guinée.

P.SELOS

Paris, le 28 Octobre 2014

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