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Publié par Christian Hivert

Les mémoires d'un poilu de 14 : (4)

A mes neveux et nièces Jean et Jeanne Marie et à leurs enfants Christian et Dominique en témoignage de la grande affection que j’ai pour eux. Gaston Hivert le 21 Décembre 1969

—La vie de tranchées —

C’est dans cette région du nord, que nous connûmes la vie de tranchées la plus pénible. Nous vivions dans une atmosphère de mort. Les rats, les mouches, les asticots, la boue jusqu’à l’enlisement et le froid. Je veux citer, qu’un exemple : dans un certain secteur, que nous avons tenu, la division qui nous avait précédé, avait dû pour se parer au plus vite, murer et élever les lèvres d’un boyau, avec des cadavres et de la terre entassés les uns sur les autres, et même quelques abris individuels qui étaient recouverts de la même façon. Aussi, un matin au petit jour, avions nous notre toile de tente recouverte d’asticots. Nous avions vraiment perdu tout sens de la dignité humaine, nous vivions comme des bêtes… Nous descendions des lignes pour nous reposer dans un petit patelin où imprudemment était resté une femme pour tenir une buvette ou épicerie, je ne veux pas dépeindre les orgies de toutes sortes qui pouvaient se passer. Ah ! Les gars… un civil, masculin ou féminin, pour nous, c’était quelque chose d’humain…

Puis vint la grande offensive d’Artois ! Après un bombardement roulant, nuit et jour, pendant 8 jours, on attaqua, avec pour objectif, Lens. Nous sommes arrivés aux portes de cette ville, presque « l’arme à la bretelle », tout était pulvérisé devant nous, même les batteries d’artillerie ennemies étaient abandonnées sur place, en piteux état. Heureux de cette avance, nous avions le sourire ?. Quand le soir au crépuscule, nous recevions l’ordre de rejoindre nos positions de départ… ce que nous fîmes, un peu déçus, au cours de la nuit. Nous avons appris un peu plus tard, que la 6e armée anglais qui était sur notre droite était enfoncée et, nous étions menacés d’être pris par derrière.

Notre régiment obtint la fourragère. Plus tard, la tactique de notre état major a dû changer ! Car, lorsque l’on devait attaquer, pour occuper une ou deux tranchées ennemies, on pratiquait un bombardement de toutes nos pièces d’artilleries sur la Ière tranchée boche, pendant une ½ heure ou I heure au plus, et à la minute H, l’artillerie allongeait le tir, réglé par un officier de cette armée qui était avec nous, afin d’éviter toute erreur, et par bonds successifs nous allions occuper la tranchée bombardée. Ceci dit, en passant, nous trouvions des boites de singe allemand, bien meilleures que les nôtre. Si nous faisions un second bond en avant, le même processus recommençait, c’est là, que parfois, nous laissions dans cette première tranchée conquise, les nettoyeurs de tranchées… En principe des volontaires, armés de grenades et de couteaux, qui avaient pour mission de capturer morts ou vivants les quelques soldats allemands qui auraient pu rester dans un abri ou une guitoune, et pour la suite, nous tirer dans les dos. Heureusement pour eux, la presque totalité é faisait « Komrad ».

Nous avons donc tenu ce secteur agité pendant quelque temps. Un jour, après un violent bombardement et malgré les conseils de prudence de notre commandant C… , nous avons, avec mon camarade Schlaegel, toujours sous le feu de l’artillerie, secouru 13 de nos camarades plus ou moins grièvement blessés, et avons fait évacuer les plus atteints, après pansements, par les brancardiers régimentaires…Cet acte de notre part, bien naturel et humain, nous valut une citation qui à cette date était rare, pour les simples soldats.

—Relèves —

Je ne puis passer sous silence les relèves, qui étaient fatigantes et parfois meurtrières. Elles se faisaient par des boyaux interminables, et pris en enfilade par l’artillerie ennemie. Aussi, après ces expériences malheureuses, nos chefs et nous même , nous avions remarqué de nos tranchées, que les boches, méthodiques, mais un peu routiniers, arrosaient toutes les nuits, aux mêmes heures et pour un temps limité les mêmes endroits de nos arrières. Comme nous restions un certain temps dans le même secteur, et que nos lieux de repos étaient fixes, nos gradés décidèrent de pratiquer nos relèves par petits groupes, connaissant le point de rendez-vous final. Nous partions donc des tranchées par les boyaux, mais arrivés à quelques deux cents mètres du terrain bombardé, nous nous arrêtions, attendant le prochain marmitage et sitôt celui-ci suspendu, nous accourrions sur la piste parallèle au boyau et, à toutes jambes, nous franchissions les quelques centaines de mètres dangereuses, et après, nous descendions tranquillement à notre lieu de repos.

—Retours de permissions —

Comme tous mes camarades, j’avais droit quand le secteur était calme, à une permission dite de détente, d’une dizaine de jours, au bout desquels, nous retournions, au frontavec un « cafard » sans limite !

Mais, je veux raconter deux cas de retours de permissions tragiques et qui m’ont fappés durement !

1°—Je rentrais une fois, avec un camarade du nom de RENARD, et notre train aboutissait dans le Nord, à une petite gare au milieu de la campagne et naturellement de la nuit !

A peine descendu du train, nous apprenons que notre compagnie était en réserve à quelques kilomètres de là !

Mon camarade voulut partir aussitôt de crainte de se faire eng… par le Capitaine, parce que nous étions déjà en retard de 12 heures, imputables au train, pour des raisons inconnues de nous ?

Je lui dis, pars si tu veux, mais moi, je remonterai demain matin, avec les « cuistots », voir cuisines roulantes.

En arrivant, le lendemain matin comme je l’avais décidé les copains me disent tout de suite : « tu sais… RENARD est mort, vas le voir dans l’abri ! … Quel spectacle, tout le bas ventre, noir et brûlé !

J’ai su aussitôt les causes de cette mort atroce, car il eut la force de raconter avant de mourir dans des souffrances inhumaines ce qu’il avait fait en revenant du train ? Pris d’un besoin naturel, il baisse son pantalon et se soulage dans un trou d’obus… ypérité… ? C’était la nuit !

Pauvre gars ! Avec la transpiration due à la marche, que cette partie du corps offrait à ce gaz, ce fut une proie facile et il est parvenu à rejoindre sa compagnie, ressentant de plus en plus cette brûlure et malgré le « toubib » il est mort dans l’heure suivant son arrivée !

Deuxième cas, que je vais vous narrer et qui me concerne personnellement :

Je rentrais d’une permission spéciale de 4 jours… pour me marier ; or mon train était à son terminus à Villers-Cotterêts.

Nous arrivons donc à cette gare, la nuit comme toujours, pour éviter d’être repérés par les avions boches, mais à peine étions nous arrivés, qu’un avion vient laisser tomber 3 ou 4 bombes sur la gare.

Une bombe tomba sur le wagon précédent le nôtre ; bilan une vingtaine de morts et blessés ; notre wagon s’en tira avec quelques planches des parois arrachées, mais pas un blessé !! Quelle chance ! Mais quel retour de lune de miel ! …

Ce ne sont que quelques souvenirs qui seraient à rajouter à bien d’autres encore vécus par tous les camarades du front ;

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