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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 14:07
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chine marché Invitation au 2ème Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles Imposés, du 7 au 11 juillet

   par Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles Imposés 

à Notre-Dame-des-Landes

En 1992, le Sommet de la Terre (CNUDD), à Rio de Janeiro (Brésil), établissait le premier calendrier mondial et les 27 principes pour le développement durable. Vingt ans plus tard, toujours à Rio (20-22 juin 2012) loin de leurs engagements, les gouvernements vont promouvoir « l’économie verte», renonçant à placer les choix politiques, la justice sociale et la durabilité au-dessus des logiques économiques. Leur économie soi-disant verte conduit à l'extension de la marchandisation et de la financiarisation de la nature et de la société, alors même que nous vivons un contexte de crises sans précédent (crise financière, économique, sociale, écologique...).

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Partout dans le monde, des populations, conscientes des enjeux de la période, se lèvent contre les dégâts engendrés par la poursuite à marche forcée de ce « mal-développement ». Alors même qu'elles exigent d'autres choix de société, elles constatent la multiplication de projets pharaoniques imposés [aéroports, autoroutes, lignes ferroviaires à grande vitesse, grands barrages, méga-projets industriels ou commerciaux...], dévastant les écosystèmes et les terres agricoles, détruisant les modes de vie et les solidarités existantes, engloutissant les fonds publics au détriment de leurs besoins essentiels. Elles s'organisent donc pour s'opposer à leur réalisation, proposent des alternatives...

Les opposants au projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes (France, région de Nantes en Loire-Atlantique), unis dans la lutte contre un projet vieux de 40 ans, ont choisi d'organiser le 2ème Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles Imposés. Cette initiative prendra la forme d'un Forum thématique du Forum Social Mondial. Elle vise à permettre le regroupement de nombreuses luttes actuelles contre ces grands projets inutiles, afin de les identifier, les recenser, les combattre. Elle développera les solidarités par l'organisation d'actions convergentes au niveau européen..., pour avancer sur le chemin de de la transition sociale, écologique et démocratique.

Nous invitons donc toutes celles et ceux, collectifs locaux, réseaux, organisations ... engagés dans ces combats à nous rejoindre sur le site de Notre-Dame-des-Landes, du 7 au 11 juillet 2012, pour avancer et agir ensemble.

Charte des principes du Forum Social Mondial (en français)
http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?id_menu=4...age=3
Contact : contact.forum.gpii@free.fr
Site internet : http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.com/

Pour diffuser l'information : téléchargez et diffusez ce flyer (https://docs.google.com/open?id=0B8VF-xmbEA2yS0pYa1Vvel...Ho0dw)

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 17:25
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Assemblée Le Comité des mal-logés était un collectif parisien fondé en novembre 1986 par des militants autonomes du groupe Prolétaires Pour Le Communisme ayant participé à l'ouverture du squat du 67 rue des Vignoles (Paris), dans le 20e arrondissement.


Le Comité des Mal-Logés (CML) tient une permanence dans ce squat et ouvre de nombreux autres squats dans Paris, principalement des logements HLM appartenant à l'Etat, ce qui sera sa revendication légitime (Un logement décent et garanti à un prix raisonnable n'éxcedant pas 20% des revenus du ménage), parfois 22 logements d'un coup dans le même immeuble.


Cette focalisation sur l'occupation et la revendication du logement social d'Etat est sa caractéristique fondamentale et le fait se dissocier des autres composantes humanitaires qui réclament l'entassement des familles dans des taudis ubuesques et inflammables.

En janvier 1989, le CML ouvre un nouvel immeuble entier d'appartements HLM au 92 rue de la Fontaine au Roi (Paris) (11e arrondissement) où il installe une seconde permanence.

Le 2 mai 1990, les deux squats de la rue des Vignoles (Paris) et de la rue de la Fontaine au Roi (Paris) sont expulsés.

Avec le soutien de militants associatifs du quartier, ces familles du CML organisent alors un campement sur la place de la Réunion qui va durer quatre mois, jusqu'au mois de septembre..


Grâce à la mobilisation de nombreuses associations, syndicats et partis politiques de gauche et à la médiatisation de leur cause, mais également grâce à leur opiniâtre résistance solidaire un médiateur est nommé qui procèdera au relogement des dites familles.


Au mois de juin, le CML ouvre deux nouvelles permanences au 13 rue du Tunnel (Paris) (dans le 19e arrondissement) et au 34 rue des Vignoles.


A l'initiative de SOS Racisme, du PS et des futures composantes de la Gauche Plurielle de gouvernement, dans une logique clientéliste électorale, Jean-Baptiste Eyraud quitte le Comité des Mal-Logés pour fonder l'association Droit Au Logement en déclarant ouvertement n'avoir jamais adheré à sa charte et avoir pris des décisions personnelles sans en avoir referé à son assemblée générale, seul lieu de décision du comité..

 

en rupture avec les adhérents autonomes du Comité des Mal-Logés qui refusent toute étude des dossiers au cas par cas et mènent une concertation quotidienne avec les autorités municipales afin d'obtenir un relogement dans des conditions décentes, à savoir des logements HLM proches des lieux de travail, ce qu'ils obtiendront du médiateur nommé.


Au mois d'octobre, le squat de la rue du Tunnel est à son tour expulsé.


Jean Claude Amara,artiste de variété, François Breteau, Avocat et conseiller parisien "les Verts", Henri Malberg, conseiller parisien PCF, Jean Christophe Cambadelis, conseiller parisien PS, et de nombreux autres rejoindront la nouvelle association, concurrente du CML, à sa création et en deviendront ses fondateurs.


La nouvelle association faisant le forcing permanent auprès des familles afin qu'elles acceptent des relogements dans des habitats anciens et mal rénovés avec des baux précaires, les adhérents du comité seront alors appelés des "Jusqu'auboutistes" et seront assimilés par les futurs protagonistes de la Gauche Plurielle aux partisans emprisonnés du groupe de lutte armée Action Directe.


En février 1991, le CML ouvre une nouvelle permanence au 53 de la rue de la Fontaine au Roi.


Fort de plusieurs centaines d'adhérents, le Comité des Mal-Logés s'autodissout en 1994 après une chute brutale de ses effectifs.


"« Tel Janus, ce comité a un double visage : celui d'une association humanitaire (…) celui, officieux, d'une structure politique efficace au service de la frange la plus radicale de l'ultra-gauche. Un certain nombre d'individus (…) liés à une organisation extrémiste aujourd'hui dissoute, ont réussi à infiltrer ce squatt et ceux avoisinants, ainsi qu'à les structurer pour en faire une masse de manœuvre (…) Les responsables du Comité des mal logés exploitent la situation des familles expulsées à des fins inavouables. (Ces squatts) sont structurés de façon très hiérarchisée et selon des principes paramilitaires. »


(Extraits d’une déclaration à la presse de Michel Charzat, député socialiste du XXe arrondissement de Paris, mai 1990)"

Voir aussi 

Par Christian Hivert - Publié dans : Les chevaliers ivres : II Destin majeur - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 16:41
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franc moisins Le môme s'était tu et faisait la moue en se mettant en retrait et Arthur se disait que cela n'allait pas être facile, pour simplement aider ce môme, il fallait lui demander l'autorisation, l'amadouer , l'apprivoiser "S'il te plait Monsieur dessine moi un mouton" Mendes connaissait-il cette histoire?"

 

"De toutes façons chez nous il n'ya pas de clé, il y a toujours quelqu'un no frappe et quelqu'un descend pour ouvrir." "Ben vous avez un gardien, c'est comme le foyer, vous êtes un foyer" Arthur entrevoyait une longue explication aves des mots dont il faudrait constamment coordonner les significations.

 

Simon avait certainement senti l'alourdissement de l'atmosphère, il lança "On s'arrête pour boire une mousse et on cause de tout ça, j'ai ma paie de la semaine." "Ok, mais c'est plus à toi de lui expliquer, tu le connais mieux, et tu sais ce que nous voulons à peu près, la suite ce soir à U.S.I.N.E."

 

Ils entrèrent au "bar de la plaine" presque vide. Un vieux maçon branlait le chef et la casquette auprès d'un juke box en sourdine diffusant du Fado. La patronne surgit de derrière sa caisse, c'était une toute petite bonne femme aux fins d'imprécations en crissement de crécelle affairé, dure à comprendre.

 

Elle semblait en avoir après Mendes qui ne quittait pas le coin de l'entrée. "Elle lui fait le coup à chaque fois, elle le gronde et après elle lui sert une bière en cachette, elle et la mère de Mendes elle ne peuvent pas se piffrer, elles faisaient toutes les deux à manger le midi, elles sont jalouses."

 

"Après elle se plaindra de la mère de mendés, que si elle avait été la mère de mendés il n'aurait manqué de rien, il aurait été à l'école, il aurait eu tout ce qu'il faut, mais elle n'avait pas le droit de s'occuper de lui, elle n'était pas la mère et la mère elle n'a jamais rien fait etc. en plus c'est vrai"

 

Simon décidément n'aimait pas Maria. "Bon on s'assoit, elle va se calmer et on pourra discuter sans être ennuyés" Quelque temps plus tard ils purent prendre le temps de rassurer Mendes et de le convaincre de les suivre pour être présenté à la réunion du soir du collectif des habitants d'U.S.I.N.E.


"Donc en fait dans tout le quartier tout le monde connait Mendes et ses misères." "Quasi…" Mendes tarda à s'asseoir parmi eux, il faisait le timide ou le bougon. Arthur tentait de décrypter les attitudes, les œillades de travers, les bougonneries inaudibles, et il se perdait, qu'était ce môme?"

 

"Je crois bien qu'ils l'ont tous hébergé au moins une fois, s'il est dans le quartier, ils savent tous où la trouver." "Ah ah, un personnage local…" "On peut dire, un loustic, un numéro, mais donc voilà, c'est de là que je veux l'éloigner, je veux essayer de l'en tirer, qu'il puisse avoir une vie tranquille."

 

Arthur tentait d'évaluer le degré de réalisme des bons vœux formulés par Simon, en avait-il les capacités, la volonté sur le long terme. "Bon, mais si on se charge de Mendes c'est pour plusieurs années, quatre ans au moins, jusqu'à sa majorité." "Non, mais toi c'est juste pour la piaule, tu t'occupe de rien."

 

Arthur ne savait pas trop, en général il préférait faire confiance en courant le risque d'être plus ou moins souvent déçu, il était souvent déçu. Il lui manquait des informations, et ce défaut perturbait sa réflexion. Il faudrait des semaines pour que cela sorte de Simon, quand à Mendes rien ne viendrait de lui.

 

Car le môme avait le chic à trouver la pirouette esquivant l'ennui d'avoir à parler de lui-même. Comment voyait-il sa vie future, il ne savait pas, ne savait pas ce que voulait dire le mot projet, confondait la vie de maintenant avec la vie d'avant et la vie de toujours, pourquoi savoir ce que l'on veut?

 

Puis il se mettait à rire au milieu d'une phrase, semblant se moquer, rougissait et en éclatant de rire tentait de dire. "C'est drôle, le nombre de gens qui veulent que je fasse quelque chose, le juge, l'assistant, l'éducateur, mais moi je les fais travailler, et maintenant vous deux, mais tu me donne la clé, c'est bon."

 

"Mais franchement Mendes, qu'est ce que t'en as à foutre de voir ceux avec qui tu vas habiter, et ils vont t'expliquer comment ils fonctionnent, c'est pas pareil qu'ailleurs, c'est pas un foyer, c'est pas une famille, c'est pas un centre, c'est des copains qui habitent ensemble, tu sera pas agressé là-bas."


"Mais on va y aller, on va y aller, c'est bon, j'ai pas peur, faut pas croire, moi je m'en fous, je peux dormir ici, y a plein d'endroits, y a le squat…" "Oui justement le squat, pourquoi t'as pris un chien pour te protégé si t'es bien là bas… c'est tous des clochards, des voyous et des alcooliques."

 

Arthur se dit en passant qu'ils n'étaient pas loin, au squat U.S.I.N.E., de correspondre à cette brillante description d'imperfections humaines insupportables au bourgeois, mis à part que chez eux c'était plus choisi, organisé et politisé. Ils se pensaient habiter un lieu de culture rebelle et de contestation.

 

Ils s'étaient fédérés les uns les autres tout au long de discussions où l'on s'était mis d'accord et point a point, houleusement souvent, sur la limite, souvent d'ordre morale, sur les moyens d'action, les manières de faire, les alliances, les valeurs partagées, les projets à mettre en œuvre.

 

Non compris toutes les volontés aléatoires et fluctuantes, les oppositions de points de vue, les retournements d'alliance, cela donnait aux oreilles d'Arthur une soupe inaudible et contradictoire de principes impossibles et de manière de faire, mais il considérait que tout était compatible et devait être solidaire.

 

Quelle serait donc la position de Mendes ? Habitant mais ne faisant pas parti du collectif, en tentative d'insertion tardive au milieu d'énervés revendiquant la désinsertion absolue, la désertion radicale de la société, de ses règles, de ses morales, de ses normes. Vouloir et avoir besoin.

 

Ils parvinrent à le décider et rejoignirent le camion du patron de Simon. Le moufflet n'était pas très grand malgré ses quatorze ans, il avait encore son visage d'enfant, mâtinée de quelques rictus adultes en recherche et devenir. Il riait souvent aux éclats, masquait toutes ses peurs derrière la raillerie.

 

Son accoutrement dénotait de sa vie, pas une seule pièce de tissu qui ne fut défraichie, décolorée, salie, déchirée, décousue. Ni cheveux ni crasse n'avait vu le moindre miroir, aux pieds de vielles tennis déchirées et un pantalon trop court achevait de donner à tous l'indication de son origine.

Par Christian Hivert - Publié dans : Les chevaliers ivres : II Destin majeur - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 11:24
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petiteespagne Maintenant c'était au tour du collectif des habitants du squat de donner son avis, Arthur pensa que c'était gagné. Ils s'entendaient bien tous et se faisait confiance, la chambre était disponible, c'était celle que François des Berruriers Noirs n'avait pas pu prendre, le tumulte oisif durait trop tard dans la nuit.

 

François travaillait dans une superette puis au rayon outillage du BHV, il devait se lever tôt, tandis que la majorité des autres préféraient franchir les heures de la nuit  en montant le son, il n'y avait aucune insonorisation nulle part. Toute l'affaire était en règle, cela ne pouvait gêner personne.

 

"On va attendre Mendes au rade, on fume un pétard avant? Dis donc, j'aurais cru qu'elle allait quand même nous payer un café ou quelque chose, elle s'en fout de notre gueule et de son môme pareil." "Ouais, mais on sait pas comment ça c'est passé pour elle, et puis il y a des mauvaises mères"

 

"La contraception n'était pas très rependue, ça aurait pu être pire, quelques années de moins et c'était six ou sept petit Mendes pour le prix d'un." "Dis donc le frangin Antonio, il est pas très causant." "Oui, c'est un petit trou du cul de voyou, il ne s'intéresse à son frère que quand il a besoin de son aide."

 

"Et pour finir le tour de la famille, il y a un ou des pères ?" "Mais elle ne sait pas qui c'est, elle a couché avec tout le passage et la moitié du bidonville qui était là avant, il n'y a jamais eu que des beaux-pères, il y en a des fois qui restaient longtemps, et qui le faisaient chier, alors il se barrait."

 

"Maria elle fait les ménages, elle combine avec les Assedic et le travail au noir, mais comme elle dit, elle fait tout le ménage, l'homme aussi, et puis elle fait une sorte de cantine sauvage, le soir il y en a qui restent, te de toutes façons elle ne veut pas partir d'ici, elle refuse toutes les propositions."

 

"Oui, ça j'avais clairement compris, le môme n'est pas à sa place ici, personne n'en veux, et dès le moment où il  est casé sa mère, tant qu'elle n'en entend pas parler, elle s'en fout, elle ne nous a posé aucune question, c'est quand même étrange" Simon s'abritait d'un volet pour allumer le pétard.


"Alors voilà ce petit village où Mendes a grandi?" La ruelle était bordée de maisons basses aux toits garnis de vielles moquettes ajustées en guise de protection. Ils passèrent devant un bar hôtel "Le bar du treize". "On ne va pas là, c'est le repère des beaux-pères. Il y en a un plus loin sur la rue Cristino Garcia "le bar de la plaine".

 

"Pour Mendes c'est plus discret, sa mère ne peut plus le voir entrer ou sortir, on s'attends toujours là quand je passe le prendre, C'est par là un peu plus loin vers la ligne de chemin de fer, il y a des petites friches qui doivent appartenir à la SNCF, mendés avait construit une petite cabane de mômes."

 

"Dans la journée il y jouait avec les autres mômes de son quartier, et le soir discrètement il revenait y dormir. Il me l'a montrée, elle existe toujours. Mais maintenant il dit qu'il est trop grand. Ils allaient chiper des sucreries à l'épicier et c'était là qu'ils prenaient leur goûter."

 

"Mais il vit où exactement, chez sa mère y a pas la place, tu me dis qu'il n'est pour ainsi dire pas suivi, il crèche où ?"  "Ouais beh c'est pour ça justement, je préfère que ce soit nous qui nous en occupions, il traine dzns un squat de clochards, ça pue, c'est infect, et puis c'est pas bien pour lui."

 

"Y en a un ou deux de sympas, les autres c'est soit des loques archi finies, soit c'est des petits voyous hargneux, je voudrais le faire sortir de là, c'est des mauvais plans, des coups tordus, et puis il y a trop de défonce partout, des produits de merde, des médicaments trafiqués, y a toujours les pompiers."

 

"Même lui Mendes il me dit qu'il ne veut pas rester là, il en a marre, et il y en a qui lui font peur, ils se sont battus un jour entre eux, c'était sordide, il a peur qu'ils s'en prennent à lui et qu'ils le maquent pour faire des mauvais coups." "Oui bon c'est sûr il sera mieux à U.S.I.N.E., c'est pas la même déjante."

 

Un berger allemand apparut à l'angle du passage du Bois Doré et de la rue Cristino Garcia, venant de la rue, il se précipité sur Simon et renifla Arthur. Arthur aimait bien les chiens, particulièrement les bergers allemands, bien que son arrivée soit brusque, il n'en fut pas impressionné. "Salut Black!"

 

Simon lui flatta le torse et joua un peu "Oui c'est beau chien, c'est beau chien à Mendes, ça" En effet l'adolescent venait d'apparaître quelques pas en retrait. "Salut Mendes, comment ça va ?" "Ca va, alors c'est lui le chef du squat ?" et le mouflet toisa Arthur avec un rictus insolent, Arthur soupira.

 

"Non mais justement, chez eux il n'y a pas de chef, c'est pour ça, il faut encore qu'ils discutent tous ensemble." "Discuter, discuter, tout le monde discute…" Arthur apostropha Mendes "Oui, nous on discute, c'est comme cela que l'on fait et personne, même pas toi ne nous contraindra à faire autrement"

 

"Oh, oui bon, te fâche pas, je disais ça…comme ça…" "Donc nous allons discuter pour savoir si on te laisse une chambre pour habiter avec nous au squat U.S.I.N.E., et on veut que le juge soit d'accord, et pour discuter on veut tous te voir" "Ah, oui non mais vous allez me prendre la tête, là, là c'est pas bon."

 

"Attends, je ne comprends pas, on habite à plusieurs et toi tu demande à vivre avec nous mais tu veux pas nous voir, comment ?" "Eh, mais vous me donner la clé de la chambre et c'est bon j'me débrouille, depuis six ans je suis à la rue, s'il vous plait Monsieur, vous me donnez la clé et c'est bon, j'me débrouille."

 

Arthur n'avait pas l'habitude de cette incohérence tintée de mauvaise foi, même les jeunes punks faisaient l'effort d'emberlificoter de manière plus subtile. "Bon attends Mendes, là il faut qu'on se cause, tu n'as pas compris qui nous étions, nous ne sommes pas un hôtel, nous ne sommes pas des éducateurs."

 

" Mais vous travaillez bien avec le juge, c'est bien lui qui vous dit" "Hop hop hop, non non pas du tout, nous on veut juste qu'il sache et qu'il soit d'accord, pour qu'on soit pas emmerdés pour détournement de mineur, mais après avec nous c'est juste pour habiter ensemble, comment cela peut se faire?"

 

"Ah oui, non mais vous allez me prendre la tête " "Non mais enfin de quoi tu as peur, de toute façons si ça ne te conviens pas, tu t'en va quand tu veux, c'est pas fermé chez nous, on peut rentrer, pas tout le monde, et on peut sortir quand on veut, mais il faut quand même bien qu'on s'entende."

Par Christian Hivert - Publié dans : Les chevaliers ivres : II Destin majeur - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 11:14
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fuck le nuc"Vous êtes quoi, c'est une association, c'est quoi le curé Arthur, il est venu me voir, il m'a laissé un livre mais je ne sais pas bien lire." Elle leur montra une revue déjà chiffonnée sur un coin de table à l'intérieur. C'était la table ou le lit, il n'y avait pas de place pour plus, un fourneau à gaz jouxtant l'évier.

 

"Il ne peut pas s'en empêcher, sacré Père Arthur, c'est la revue des cathos portugais, "Presença Portuguesa", mais elle ne sait même pas lire le français, il t'as donné une petite médaille dorée aussi hein Maria?" Arthur butait un peu sur la familiarité du ton persifleur de Simon, il lui en parlerait.

 

Le père Arthur ne perdait pas une occasion pour parler du Christ bien évidemment, et démarrait toujours un échange verbal avec un nouveau venu par un contact tactile de sa main chaude glissant dans la paume opposée une petite médaille dorée de la vierge Marie. "Tiens je t'en fais cadeau, elle t'aidera"

 

Et il riait de toutes ses dents blanches comme s'il venait de faire une bonne blague, il est vrai que parfois l'air ahuri du récepteur de l'étrange cadeau l'inclinait à en rire le premier, et puis le contact était effectivement établi, les chercheurs du monde moderne nous l'on certifié, nous y sommes réceptifs.

 

Des expériences avaient été faites dans des supermarchés ou des lieux de passage, des bonimenteurs s'installaient et des comparses se partageaient le public, à certains ils touchaient le bras ou la main, ceux-là étaient toujours plus nombreux que les autres à rester à l'écoute des arguments du commercial.

 

"Bah oui, laissez moi vos coordonnées, que je sache où il  est, c'est mon petit, j'aurais la place, je m'en occuperais, mais là, regardez vous même, la nuit je range la table et j'ouvre le canapé, il est trop grand maintenant il comprends, il ne peut pas dormir avec sa mère, c'est pas bien ça"

 

"Oui et surtout la deuxième place est souvent prise ?" Arthur était ahuri par la violence du ce nouveau persiflage. "Mais Simon, c'est pas ton histoire, dis donc." "Oui bon ça va, je connais la chanson, y a pas la place." "Oui mais bon, je ne suis pas là pour t'aider à régler des comptes."

Arthur ne supportait pas que l'on puisse d'une manière ou d'une autre se mêler ou juger de la vie privée d'un autre. Cela lui faisait toujours une impression de vulgarité, de trahison, de volonté de domination, il était libertaire, libertin, il était pour la diversité et le respect de chacun.

 

"Simon, tu ne connais pas mon premier fils Antonio, tiens Antonio dis bonjour à Simon, il va s'occuper de ton frère avec l'association du Monsieur…  Si ça pouvait marcher, parce qu'il n'y a rien qui marche avec Mendes, toujours il revient, et moi je peux pas, regardez ya pas de place."

 

Arthur savait ce qu'il voulait savoir, le jeune était plus qu'à la rue, il y était seul. C'était du désespéré, du sac de nœuds impossibles à défaire. Au moins ils n'auraient pas la mère dans les pattes, mais ils n'auraient pas son aide non plus. Arthur regarda Antonio les toiser de loin, genre petit caïd.

 

Il se sentit de trop et pas bien accepté, de toute façons, raisonnablement en dehors de prévenir la mère du nouveau domicile de Mendes, il n'avait pas grand chose à ajouter, il ne lui restait plus qu'à espérer que le môme puisse retirer quelque chose de cette nouvelle situation, que voulait-il lui?

 

"Bon, c'est bon Simon? On a peut-être des courses à faire?" "Oui t'as raison on va y aller, bon si jamais on a besoin on reviens vous voir. Au revoir." Ils se tournèrent à peine que la porte claquait déjà derrière eux. Arthur entendit Antonio rire comme un idiot, lui aussi l'excluait, comme s'il était flic.

 

Arthur comprenait qu'il y ait méfiance, ils ne se connaissaient pas, mais ils avaient été pris pour des éducateurs, le personnel des autorités. Bien qu'il ne soient rien de tout cela, c'était bien comme cela qu'ils se présentaient, jusqu'au rendez vous avec le juge pour enfants de Bobigny avec le père Arthur.

 

La position de Arthur comme toujours était ambiguë, reflétait ses contradictions permanentes, constamment il menait un débat interne pour se rassurer sur l'utilité de ce qu'il décidait de faire, le confrontait à ses principes moraux, et à sa morale libertaire, était ce juste, cela servait-il efficacement?

Il en était à se dire qu'il n'y avait rien à faire pour ce môme, les institutions avaient échouées dans leur  remplacement de l'autorité parentale défaillante, il ne restait plus qu'à l'épauler jusqu'à sa majorité, en veillant aux mauvaises rencontres et en tachant d'en amener des bonnes, au milieu des punks énervés.

 

Quel genre de projet un tel môme pouvait bien avoir, de projet réaliste, qu'il puisse mettre en œuvre raisonnablement. La lecture et l'écriture était indispensable à ceux qui voulaient participer à la société moderne, mais d'autres modes de vie étaient possibles où l'analphabétisme était moins handicapant.

 

Quel accompagnement et construction pourraient bien motiver un moufflet de quatorze ans qui n'avait jamais voulu rentrer dans une école de son plein gré. Quand on l'y accompagnait de force, il se laissait conduire par lassitude, se bouchait les oreilles, fermait les yeux, rêvassait durant des heures.

 

Arthur ne pouvait déjà plus se désintéresser du sort du gamin, et il ne le connaissait même pas. Quand il l'avait vu pour la Première fois, Arthur n'avait senti aucune réticence mais aucun intérêt non plus, le môme était curieux et rigolo, une espièglerie gênée par la pauvreté du langage.

 

C'était un mélange de caillera de banlieue et d'insultes et mots vulgaires portugais et également gitans, cela n'avait guère besoin d'être compris, cela déclenchait le rire et la surprise, ce n'était qu'invectives et ironies. On ne passe pas sa vie à jouer les bravaches par ce que les jeunes appellent la tchatche.

 

C'était quand on lui posait une question, le petit rosissait, avait le regard en démarrage de fuite, baissait la tête, et ne savait ou ne pouvait ou ne voulait répondre. Il était clair qu'il voulait bien de la chambre et qu'on le laisse tranquille. De toute façon c'était la seule chose  demandée à Arthur.

 

Arthur se demandait s'il passait voir le Père Arthur à Cachan ou s'il affrontait le collectif habitant de son squat. L'assemblée générale était d'accord sur le principe, les jeunes punks avaient râlé, crié à l'injustice, ils étaient presque tous mineurs et on leur demandait de partir le soir avant le dernier métro.

Par Christian Hivert - Publié dans : Les chevaliers ivres : II Destin majeur - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire

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