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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 10:50
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lybie Iran - 23 janvier 2012 - Pourquoi le silence sur ce qui se passe dans le Détroit d’Ormuz ?

lundi 23 janvier 2012, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 23 janvier 2012).

Pourquoi le silence sur ce qui se passe dans le Détroit d’Ormuz ?


http://www.jennar.fr/?p=2265


Le 22 janvier 2012 par Raoul Marc jennar


Jusqu’il y a peu consultant en relations internationales, je continue à recevoir des informations sur certains grands dossiers du monde. Hier, j’ai pris connaissance d’une note de synthèse sur la situation militaire dans le Détroit d’Ormuz. Après avoir procédé aux recoupements d’usage lorsqu’on reçoit une information aussi sensible, je peux confirmer que cette note décrit bien ce qui se passe réellement dans cette région hyper sensible du monde.

Mais d’abord il n’est pas inutile de rappeler pourquoi il y a lieu de s’intéresser au Détroit d’Ormuz .

Comme le pas de Calais en Europe, comme les Détroits de Malacca, de la Sonde et de Lombok en Asie du Sud-Est, le Détroit d’Ormuz, au Moyen-Orient, est un point de passage d’une importance stratégique de première importance puisqu’il voit transiter 30% du commerce mondial de pétrole. C’est l’accès au Golfe Persique. Il est bordé par trois pays : les Emirats Arabes Unis et le Sultanat d’Oman au sud, l’Iran au nord. C’est l’Iran, qui, en vertu de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer, doit assurer avec le Sultanat d’Oman, le libre passage, même si, pour des raisons liées à la profondeur des eaux, l’essentiel du trafic maritime se fait le long des côtes omanaises du détroit.

En décembre 2011, l’Iran a menacé de fermer le détroit si de nouvelles sanctions contre son programme nucléaire frappaient ses exportations de pétrole.

Concentration exceptionnelle de moyens militaires nucléaires

Voici la note qui m’a été communiquée le 20/1.

« Il y a trois jours, un avion Dassault Mirage 2000D (ou 2000N selon les sources) français, équipés pour des missions de frappe nucléaire à grande distance de leur base, a percuté un Boeing F-15* de la Royal Saudi Air Force, dans le nord du royaume saoudien, lors d’un exercice aérien. Les trois pilotes (un saoudien et deux français) n’ont souffert que quelques égratignures légères.

 "Il s’agit d’un exercice conjoint entre un Mirage appartenant aux armées françaises et un F-15 saoudien, peut-on lire dans une dépêche officielle, et les deux pilotes se sont éjectés sans encombre **".


Question : l’OTAN prépare t-il une intervention en Syrie ou en Iran ? Pourquoi avoir utiliser ce Mirage 2000, spécialement équipé pour des frappes nucléaires à grande distance ?



Rappelons que l’OTAN dispose dans le détroit d’Ormuz depuis trois semaines du USS Carl Vinson, du USS John C. Stennis et du USS Abraham Lincoln***, quatre ou cinq croiseurs et destroyers anti missile Aegis, plus un nombre important de sous marins, frégates et destroyers et navires de soutien. Plus les navires d’assaut USS Makin Island, capables de lancer des assauts sous marins, le USMC Harriers avec des hélicoptères d’attaque et d’assaut.

Plus encore, le USS New Orleans et le USS Pearl Harbor.*
***

En outre, la marine français a dépêché sur place le Charles De Gaulle, la marine britannique a renforcé sa flotte avec le porte avions HMS Daring.

En tout, environ le tiers des avions de frappe nucléaire du monde entier se trouve en ce moment basé près du Détroit d’Ormuz. »

* produit par Boeing depuis que McDonnel-Douglas qui l’a créé a été absorbé par Boeing ; l’aviation saoudienne possède 87 exemplaires du F-15 C, une version monoplace.

** le communiqué cité évoque le sort des deux pilotes français.

*** il s’agit de trois porte-avions, ce qui implique au moins deux groupes de combat aéronaval, sinon trois.

**** transporteurs d’engins amphibies.

Pourquoi une telle concentration d’armes occidentales de destruction massives ?

On le sait, le programme nucléaire iranien inquiète les Occidentaux et Israël directement menacé dans des déclarations incendiaires des dirigeants iraniens. L’armée israélienne, dont l’aviation a déjà détruit le réacteur nucléaire d’Osirak (en Irak) en juin 1981, a mis au point des plans de destruction des principaux sites nucléaires iraniens. Et nombreuses sont les indications qui confirment que la tentation est grande à l’Etat-Major des forces israéliennes comme dans le plus à droite des gouvernements israéliens de passer à l’acte, au nom de la survie de l’Etat d’Israël et du peuple juif.

Aux Etats-Unis, où on a assisté à une inversion complète de la politique annoncée dans le célèbre discours du Caire, l’Administration Obama se retrouve sur des positions pro-israéliennes identiques à celles de son prédécesseur. Début de ce mois a commencé le déploiement de 9.000 soldats américains en Israël sous prétexte d’un test de missiles. Parmi ces milliers de soldats, bien sûr des marine’s, mais aussi des aviateurs, des équipages intercepteurs de missiles, des marins, des agents de renseignement.

En septembre dernier, les USA avaient installé un système de radars en Israël. De nouveaux types d’armements ont été fournis à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis, fidèles alliés et fournisseurs de pétrole.

En Europe, France et Grande-Bretagne s’alignent sur les USA comme relevé dans la note ci-dessus.

On apprend que des officiers américains ont rejoint tous les centres de commandement de l’armée israélienne et que des officiers israéliens viennent d’arriver à Stuttgart où se trouve le centre de commandement en Europe des forces américaines. Ce centre (EUCOM) se confond avec le SACEUR, le Commandement suprême des forces alliées en Europe, responsable du commandement général des opérations militaires de l’OTAN.

Un bruit de bottes que la presse conventionnelle n’entend pas

Il ne faut pas être un spécialiste des relations internationales ou des questions stratégiques pour se rendre compte qu’une attaque contre l’Iran, qu’elle soit le fait d’Israël seul ou d’une coalition incluant Israël, les Etats-Unis et l’Europe aurait d’immenses répercussions militaires, politiques et économiques dans la région, mais également dans le monde entier. Et pourtant, très peu de médias se saisissent du sujet. Très peu d’acteurs politiques soulèvent la question. Une des plus formidables concentrations d’armes de destruction massive s’opère à des fins soigneusement cachées et personne ne s’en inquiète. Alors que le déclenchement éventuel d’un nouveau conflit au Moyen-Orient concerne toutes les populations de la planète, vu les suites difficilement mesurables aujourd’hui qu’il pourrait entraîner.

Le régime qui impose sa dictature en Iran ne m’inspire aucune sympathie. Les théocraties islamiques, chrétiennes ou hébraïques me répugnent. Mais le recours à la guerre comme méthode de résolution des conflits est toujours un recul de la civilisation. Et un immense malheur pour les peuples. Il faut l’empêcher en réclamant un débat public dans les parlements nationaux, au Parlement européen, à l’ONU.

Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage (Jean Jaurès).

Raoul M. Jennar

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 17:30
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medefLes gens sont en train de craquer

filet

par Didier Lestrade - Samedi 14 janvier 2012

 


Journaliste, écrivain, co-fondateur d'Act Up Paris et de Têtu, Didier Lestrade a toujours été en dehors du placard, comme gay, comme séropositif ou comme activiste. On dit qu'il est méchant, en fait il dit juste ce qu'il pense.

 

 

filet

Les médias ne cessent de faire remonter un sentiment mondial d'incompréhension et de colère qui prend, chaque jour davantage, plus d'ampleur. Newsweek titre sur un monde devenu mad mad mad mad (quatre fois à la suite) et autour de moi les gens craquent. Dans mon entourage, je n'ai pas vu depuis très longtemps une telle multiplication de déprimes et de problèmes psys graves et même à l'époque dure du sida, je ne crois pas avoir été le témoin de tant de bipolarité, de schizophrénie, de mal être. À trois mois des élections, les gens craquent car le réveillon est passé, le Triple A tombe, comme prévu, et désormais plus rien ne peut cacher les difficultés de l'année qui se présente. Ça va être catastrophique.


Je suis un psy amateur. Depuis plus de dix ans, on m'appelle à la campagne parce que je suis disponible, parce que je suis loin de la ville, parce que je suis fort. Les amis ne suivent pas toujours mes conseils mais je crois que mon point de vue les aide car j'ai du recul, je suis loin de la névrose que vous vivez tous en ville, avec le métro, la pollution, les prix qui flambent. À la campagne, tout est moins cher, l'air est pur, il n'y a pas de bruit, les gens sont gentils. Mais je sens aussi que je sers désormais de token, d'alibi. Les amis sont tellement perdus que cela ne les aide plus de passer juste un week-end au calme. Quand ils repartent, dès leur arrivée dans la grande ville, ils replongent dans l'incertitude de la vie, la perte de leur travail, les enfants qui grandissent, la sexualité toujours plus problématique. Je sers de token car je ne peux pas résoudre de tels problèmes, j'aide sur le moment et c'est tout. Pire, les amis croient que ma parole les aide, mais ils n'ont pas la force de mettre mes conseils en pratique. Je suis comme un mauvais psy : un baume sur le moment, une gangrène sur le long terme.

Les gens veulent se suicider désormais. Ils le disent. Ils préviennent : « Si ça ne marche pas, j'arrête cette vie, je n'en peux plus ». À 30 ans, ces hommes ont l'impression que les cinq dernières années ont été trop dures et ils n'ont aucun espoir pour les cinq années à venir. C'est une décennie perdue de trop. À Act Up, par exemple, on a toujours eu des freaks et des skyzos et des alcoolos, ceux que Aides nous envoyait parce qu'ils étaient ingérables et certains l'étaient vraiment, ils foutaient le bazar, ils étaient trop paumés. Mais ils pénétraient aussi dans une structure qui était encore solide dans les années 90, avec des règles et surtout un objectif commun. Ils étaient rassurés de sentir qu'ils pouvaient s'appuyer sur des murs en béton. Mais Act Up est mort, personne ne l'a remplacé et surtout la société française dans son ensemble, s'est effondrée. Les fous et les skyzos sont lâchés dans la rue et les structures qui s'occupaient d'eux sont menacées de toute part. À l'hôpital, ça tient toujours mais chaque personne qui perd son travail menace l'équilibre de l'ensemble. La prison, c'est encore pire qu'il y a dix ans. Les associations n'attirent plus de bénévoles.

 

À un moment, en 2008, beaucoup d'articles se sont fait l'écho d'un élan de générosité, quand tant de jeunes ou d'adultes sans travail étaient tentés par l'expérience associative, apportant leur savoir et leur générosité. Il valait alors mieux aider que ne rien faire chez soi. Trois ans plus tard, la déception politique est telle que cet élan est brisé. Les gens restent chez eux. Les Américains passent en moyenne 8h30 par jour devant leur ordi. La solitude est immense. On voit que les gens sont sur Facebook, Twitter et Tumblr à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ils sont insomniaques. Ils cherchent partout un endroit pour discuter, pour sortir de la misère. Ils vivent à travers leur ordinateur. C'est le sujet du dernier WIRED : Internet est le seul moteur de changement. Immobile.

 

Et tout ça parce que Obama a déçu très profondément et pour toujours, sur TOUS les sujets et que Sarko ne cesse de nous plonger vers le pire. Et il n'y a pas d'alternative car la gauche n'a jamais été aussi nulle, je peux vous le dire, j'ai presque 54 ans et on ne l'a JAMAIS vue si nulle, il faut remonter avant 1958. Cette république laïque et universaliste nous fait du mal. Elle a tué un million de personnes pendant la guerre d'Algérie, elle nous écrase jour après jour dans son incapacité à répondre à la catastrophe écologique et à la criminalité bancaire, elle a laissé les Antilles et la Guyane pourrir dans leurs problèmes, elle refuse le logement décent pour tous, elle oblige des millions de personnes à souffrir debout dans le RER, chaque jour, chaque jour, chaque jour. Total pollue les plages et les fleuves d'Afrique, les trains et le gaz augmentent, et tous les gens brillants en France sont écartés du pouvoir. Les trentenaires d'aujourd'hui, si intelligents, si divers, sont bloqués par les quarantenaires pervers qui sont eux aussi écrasés par les cinquantenaires qui s'entretuent, tout ça pour protéger la mainmise du pouvoir par les soixantenaires. C'est un monde fou et les gens, à la base, voient cette folie grandir malgré la distorsion de TF1, France 2 et France 3 qui persistent à mentir à la nation, soir après soir. Les gens voient leur avenir bloqué et mettent Marine Le Pen à 30% et ce n'est pas Sarko qui met le FN à 30%, c'est la gauche, celle de ma génération, la plus fourbe et inefficace de toutes.

 

 

L'âge du Lithium

 

Alors, c'est l'âge d'or du Lithium. Il y a encore cinq ans, personne ne savait ce que c'était le Lithium. Aujourd'hui, ca devient un produit de consommation courante. Tout autour de moi, on voit des petits points qui s'allument. Il y en a un qui en prend. Et un autre aussi. Et celui-là aussi et cet autre va s'y mettre. C'est l'absinthe du 21e siècle. Les gens dorment toute la journée pour ne pas être insomniaques. Ils prennent du poids. Ils n'ont plus d'amour propre. Ils baisent n'importe comment, et de mieux en mieux, mais leur confiance a disparu et sans confiance, c'est IMPOSSIBLE d'aimer. Moi ça va, je suis fort, j'ai deux livres qui sortent et je suis à nouveau amoureux à mon âge, ce qui est inespéré, mais je dois cacher ce bonheur autour de moi, par respect pour ceux qui ne vont pas bien. Et puis, moi aussi je suis au chômage, comme les autres, comme ces millions d'Espagnols qui ne savent plus quoi faire et je ne sais plus quoi dire à ces amis autour de moi qui perdent la boule, qui ne comprennent pas que les autres aussi perdent la boule, qui sont en colère, qui ont des dettes et qui n'ont pas le courage de faire ce que l'on faisait tous à notre époque.

 

Partir. Le plus loin possible, comme pendant les guerres, parce que les bombes n'arrivent jamais sur la plage, parce que vous pouvez encore vivre à l'autre bout du monde. Parce que, quitte à perdre cinq années qui viennent, ça sera toujours mieux d'aller sur une île et vivre avec trois fois rien, parce qu'il est encore possible de se nourrir avec un poulailler et un potager vous savez et vous avez amassé assez de fringues et de DVDs et de « chansons » dans votre iPod pour tenir très longtemps. Regardez-moi, je mets toujours les mêmes polos depuis 15 ans. Un T-shirt, plus il est vieux et plus il est beau. Finalement, on n'a besoin que d'une assiette, d'un bol et de quelques couverts. Pauvre ou pas, vous avez déjà tout ce qu'il vous fait pour vivre, des draps, des couvertures, du savon.

 

Quand j'étais petit, mon père m'a montré comment les Arabes nettoyaient leurs casseroles avec du sable et de l'eau. Mais qui sait ça encore aujourd'hui? Relisez Thoreau, bordel, et partez, partez tout de suite, avant de devenir fous vous aussi. Parce que lorsque vous serez fous, ce sera trop tard, ce sera le Lithium ou rien.


Didier Lestrade

 

Source : Minorités

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 16:09
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Les 800.000 morts, pour la plupart des Tutsis et des opposants hutus, ont bien été les victimes d'une machinerie froidement réfléchie.
Les 800.000 morts, pour la plupart des Tutsis et des opposants hutus, ont bien été les victimes d'une machinerie froidement réfléchie. Crédits photo : GIANLUIGI GUERCIA/AFP

1994 Le Génocide Rwandais "Pas Trop Important" pour François Mitterrand

A.Akamayon, A. Blé

mercredi 14 avril 2004

« Dans ces pays-là, un génocide, ce n’est pas trop important », c’est dans ces termes choisis rapportés par Patrick de Saint-Exupéry dans le Figaro du 12.01.98, que le président français qualifiait un génocide perpétré par des Africains contre d’autres Africains, les Hutu extrémistes du Rwanda contre les Tutsi, avec l’aide, le soutien et l’expertise française, avant, pendant et après le génocide.


Les faits remontent au 06 avril 1994 lorsque l’avion -un Falcon 50, cadeau de François Mitterrand- du président rwandais Habyarimana soutenu par la France, s’écrase à l’arrivée à Kigali, abattu par un tir de roquettes d’origine non clairement établi à ce jour. Les extrémistes hutu de l’ethnie au pouvoir depuis JPEG1962, qui règnent en vertu d’une oppression systématique de la minorité Tutsi, mettent en œuvre d’avril à Juin 1994, un véritable génocide de longues dates planifié, qui se solde par plus d’un million de Tutsi massacrés à l’arme blanche presque jusqu’à extermination.

 

Cette tuerie mobilise principalement la garde présidentielle et les extrémistes irréductibles du régime du président tué, caciques du Hutu Power qui encadrent des massacres collectifs à la chaîne, menés par une population hutu conditionnée depuis plusieurs décennies à la haine anti-tutsi. La participation à cette logique d’extermination associe les élites intellectuelles comme les autres catégories de la population et tout particulièrement l’église catholique dont la responsabilité dans la radicalisation des factions hutu et tutsi est historiquement écrasante.


Il s’agit dans un premier temps de s’arrêter sur toutes les victimes tombées, leur rendre un hommage sincère et se souvenir du seuil franchi dans la faculté de l’Africain, de l’Humain à menacer son espèce propre. Un tel degré d’horreur pose à l’Afrique crûment le problème de son vivre-ensemble, de sa chose commune, fondamentalement la lourde épreuve de validation du modèle d’état-nation sur lequel elle peut espérer bâtir son devenir à venir. Elle pose l’épineuse question de l’ingérence africaine dans les affaires africaines, les modalités de gestion des conflits inter et intra africains.

 

Il n’est pas vain de rappeler que Hutu et Tutsi qui partagent langue, culture et espace, ont vécu en harmonie des siècles durant, avant la colonisation belge, qui en jouant les uns contre les autres, a réussit à fabriquer deux ethnies vouées à une haine viscérale…


Le génocide rwandais est frappé du sceau particulier d’une contribution active des institutions internationales, l’Onu notamment, des Etats européens et américains, la Belgique et les Etats-Unis, tous ayant eu des troupes sur les lieux des massacres alors que de notoriété publique le génocide était en cours de préméditation, preuves à l’appui. Non seulement la lâcheté l’a emporté lorsqu’il s’est agi pour des troupes des Nations dites Unies de quitter le Rwanda devant une catastrophe qui se déroulait au vu et au su de tous, mais par la suite, ces pays se sont murés dans un hypocrite silence et une pusillanimité sans pareil, paralysant le jeu de l’Onu et de facto laissant les tueries se faire jusqu’au dernier sang.


Il est indispensable, à l’heure où, sur l’échiquier international, des guerres interminables suscitent des interrogations vives relatives à l’efficacité, à la volonté réelle et à la capacité collective de règlement des conflits planétaires, d’en apprendre sur ces acteurs de premier plan dans le cadre de leur mission au Rwanda entre 1993 et 1994. Ces Etats, et les Nations Unies comme organisation, sont tributaires in fine des contributions des citoyens du monde devant lesquels ils doivent rendre compte, et les effets retour des politiques et stratégies hégémoniques criminelles des grandes puissances, masquées derrière la fausse tutelle de la solidarité internationale, devront être resitués dans leur historicité.


La responsabilité dela France, de l’avis de toutes les investigations crédibles, émanant de sources diverses, politologues, journalistes, anciens coopérants français et européens, ONG, est tout simplement accablante à la limite inimaginable. Et il est important que la France, qui est à priori une démocratie, soit instruite dans ses couches les plus profondes, des crimes imprescriptibles que des dominants et coalitions prédatrices au sommet de l’Etat, commettent ou sous-traitent au nom d’une nation tenue scrupuleusement dans une ignorance construite. Là encore nul ne saurait trop prédire quels effets boomerang pourraient à un moment ou à un autre rétroagir sur des citoyens français probablement individuellement innocents…


Les termes utilisés par ceux qui ont enquêtés sur le génocide sont explicites. Pour Pascal Krop : « Un génocide franco-africain » sous-titré « Faut-il juger les Mitterrand ? », pour François-Xavier Vershave « Rwanda : complicité de Génocide ? », Mehdi Ba titre « Rwanda, un génocide français », alors que Michel Sitbon parle d’« Un Génocide sur la conscience », il ne s’agit rien moins que d’« Un Génocide Sans Importance » pour Jean-Paul Gouteux.


Le fait est que la France depuis 1975 avec Giscard, davantage sous Mitterrand et Balladur -premier ministre de cohabitation- a procuré une aide totale aux génocidaires, avant les massacres en formant l’armée ethnique hutu dont un des probables organisateurs des tueries, en stoppant militairement en 1990 dans une guerre secrète décidée à l’Elysée, le FPR [Front patriotique rwandais] en provenance d’Ouganda, l’armée des exilés tutsi qui tentaient de rentrer dans leur pays. Ces interventions connues du monde politique, des journalistes de la cour, de l’élite militaire et intellectuelle ont été soigneusement cachées au peuple français avec la complicité des plus éminents médias. En fait depuis 1990 des officiers français sont mêlés aux opérations les cruelles de tortures, de tueries, de massacres de Tutsi dans le cadre d’opération spécifique, Noroît, Turquoise, Amaryllis, ou dans le cadre du contrat d’assistance militaire liant les deux pays.


La France poussera sa contribution, sa co-production du génocide jusqu’à livrer des armes aux exécuteurs du plan macabre que toutes les représentations diplomatiques occidentales connaissaient pour en avoir été alertées par des sources directes hutu. Une radio haineuse et à fort impact hutu diffusait sur les ondes nationales des messages quotidiens antitutsi, d’appel à l’extermination, la tristement célèbre Radio des Mille Collines. Outre les aides par prêts garantis par le Crédit Lyonnais pour l’achat d’armes -y compris de machettes- visant l’anéantissement des Tutsi, la continuation de cette politique de subvention de l’horreur devait se poursuivre malgré les tueries. La France allait apporter son appui au gouvernement intérimaire rwandais, le GIR, qui se chargerait des basses œuvres, pis elle aurait co-constitué ce gouvernement extrémiste, l’ambassade de France à Kigali en abritant une réunion. Tout aussi grave, alors que tous les Occidentaux civils et militaires étaient censés avoir quitté le pays pendant les massacres, des soldats français sont restés sur le territoire rwandais, en marge de toute légalité, légitimité et mandat officiel…


La France développa une intense activité diplomatique liée au secrétaire général de l’Onu Boutros Boutros-Ghali qu’elle soutenait, et qui serait après son éviction onusienne recyclé à la Francophonie, afin d’assurer la présence du Rwanda, dirigé par les exterminationistes hutu, aux Nations Unis. Hasard du calendrier [?], le Rwanda était opportunément membre non permanent du Conseil de sécurité et y maintenait sa place grâce aux euphémismes et aux contrevérités de Boutros Boutros-Ghali sur la situation rwandaise.


Lorsque l’armée tutsi arrêta les massacres par son entrée victorieuse à Kigali, la France décida de protéger et d’ex-filtrer une partie des durs du régime Habyarimana, notamment la femme du président assassiné, connue pour son appartenance à la ligne hutu radicale. Devant la pression du FPR triomphant des FAR [armée hutu], l’armée française protectrice, sous prétexte d’humanitaire, monta une opération de sauvetage des criminels hutu via l’opération Turquoise, qui faisait suite à une première opération militaire tout aussi douteuse, Amaryllis, officiellement conçue pour rapatrier les européens. Mais aussi pour livrer des armes aux criminels …


Il faut préciser que l’église catholique et ses hautes sphères s’investirent de toute leur énergie pour soustraire les prêtres génocidaires à la justice rwandaise et lancèrent leurs réseaux -opus dei en tête- dans une campagne d’intoxication et de falsification des faits véridiques relatant le génocide rwandais. Cette institution avait dès la période coloniale soutenu, préformé la constitution d’une élite hutu exterminationiste antitutsi, et le premier président du Rwanda indépendant, l’extrémiste hutu Kayibanda qui a organisé des massacres et persécutions de masses de Tutsi, est un ancien séminariste, ancien secrétaire particulier de l’archevêque de Kigali. L’église aura suscité une part significative de son action criminelle.


La France, l’armée française couvrit ainsi la fuite des responsables des massacres et permis à beaucoup d’échapper à la justice de leur pays et au FPR, en renouant attache avec un des dirigeants les plus contestés si ce n’était à l’époque un des plus honnis dans son pays, sur le fil d’un règne finissant et ensanglanté, le Maréchal Mobutu Sese Séko…


Depuis, les dirigeants français ont fait bloc autour d’une stratégie de négation, de brouillage de pistes, s’aliénant des médias de grande renommée dont la face cachée d’agent de propagande sur des questions françafricaines, tombe au clair dans le domaine public. Précisons, depuis que la séquence des faits est établie sans ambiguïté, les Etats-Unis se sont excusés de leur inaction pour stopper la machine du génocide, la Belgique. Aucun commencement de remords du côté des officiels français…


Il serait injuste de juger globalement la France et surtout de concevoir une aigreur voire des rancoeurs contre les Français comme totalité nationale, sur la base de rapts anti-démocratiques répétés, puisque preuve est régulièrement faite que depuis De Gaulle au moins, l’Afrique est l’exception démocratique, l’exception des Droits de l’Homme, la transgression naturelle des devoirs d’humanité de la France politique. La trop nébuleuse et trop coûteuse Françafrique ! Il s’agit aussi d’un viol contre ceux des Français qui ont une conception différente du rapport à l’autre, à l’Afrique.


C’est donc une question que les Français, dans l’intérêt de leur démocratie, de leur intégrité aussi bien que de leur honorabilité, devront tôt ou tard mettre sur la table de discussion politique. Quand aux Africains, ils devront nécessairement se regarder différemment et imposer aux autres, à la France spécialement, un rapport foncièrement différent, ou demeurer des humanités sans importance ainsi que le suggéra le président socialiste humaniste français.


Lire Jean-Paul Gouteux, Un Génocide Sans Importance. La Françafrique au Rwanda. Editions Tahin Party 2001


A.Akamayon, A. Blé

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 18:07
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Posterous

chine-attente Ça y est, le froid arrive ! Et avec lui, la sacro-sainte grand-messe de la charité.


Faut pas croire, nos riches, de la charité, ils en ont un peu toute l’année mais avec l’hiver, ça te leur décuple l’envie de distribuer à nos pauvres un peu de condescendance monétaire. C’est que les pauvres, l’hiver, en plus d’être pauvres, ils ont froid. Et on a beau essayer de leur réchauffer le climat en te creusant tout un tas de trous dans la couche d’ozone pour que le soleil passe mieux, rien n’y fait, nos pauvres ont froid.


Après avoir passé l’année à te voler le moindre petit sou dans n’importe quelle poche, le riche, en hiver, pendant deux heures ou trente, il devient très très sympa. Le riche devient solidaire. Alors une solidarité qu’il faut pas trop pousser quand même pasqu’on va pas vendre sa maison côt’azuréenne non plus.


Les riches, quand ils sont gentils avec les pauvres, ils aiment bien venir le dire à la télé. Là, ils se réunissent entre eux. C’est bien. Y’a des journalistes, des présentateurs, des chanteurs, des sportifs, des humoristes, des politiques, des femmes de président,… Mais ils font pas ça que pour les pauvres. Non. Ils font ça aussi pour tous les gens qui, dans la vie, ont un malheur qui coûte cher. Souvent, pour faire style, avec eux, ils invitent des gens. Le mieux, c’est si c’est un enfant. Des fois, l’enfant, il est noir, il a le SIDA et aussi il a faim. D’autres fois, l’enfant, il a une maladie très grave même si il est blanc. Ça fait bien d’avoir un enfant comme ça.

 

L’enfant, il est là pour dire merci à tous ces riches qui lui donnent un peu d’argent pour avoir une nouvelle prothèse mécanisée à injection hydraulique que même les chinois, ils savent pas faire ça tellement c’est compliqué à construire. Les riches, ils ont la larme à l’œil et ils disent qu’il n’y a rien de plus précieux que le sourire d’un enfant, n’empêche que le pognon, ils préfèrent s’en garder une bonne partie quelque part en Suisse ou l’investir dans un parc immobilier pasque oui, le bâti, y’a pas à dire, c’est quand même le moins risqué en ces temps de crise.


Que le salaire mensuel cumulé d’une bande d’organes chantonnant des reprises plus ou moins heureuses pourrait suffire à faire de la Somalie la première puissance mondiale émoustille assez peu le public avide de misérabilisme. Oui, pasque ce que j’ai pas dit, c’est qu’en terme de charité, on ne parle surtout pas de politique. Non. Qu’un gouvernement et son président massacrent les hôpitaux publics, la recherche ou la sécurité sociale et pouêt-pouêt, vous n’en aurez pas un mot en trente heures de direct sur le service public. Ah non, surtout pas ! Ben dites, aussi, faut pas les prendre pour des cons, ces riches. Voilà dix ans qu’on leur offre sur des plateaux en argent des cadeaux fiscaux et ils iraient cracher dans la soupe de l’État nourricier ? Ah, ben non, quand même.


Parfois, la charité tourne au génie. Des fois, une vieille dame fripée et son toutou judoka va quémander la pièce jaune alors même que son gredin de président de mari s’amuse à saborder les hôpitaux publics. D’autres fois, c’est une princesse qui s’en va bécoter des petits et pauvres africains pendant que son prince et sa belle mère dilapident la fortune de toute une nation en frais de couronnes, lui offrant un train de vie qu’elle n’abandonnerait pour rien au monde, surtout pas pour une bande de pauvres. Ça, c’est des princesses qui finissent en petits morceaux sur les piliers d’un pont mais ça n’a pas grand-chose à voir avec le propos. Aussi, il peut y avoir une demoiselle qui chante d’une voix sourde et lascive pour émouvoir le public sur le sort de ceux qui n’ont même plus de pain à se glisser sous la dent en compagnie d’une bande de riches artistes qui n’ont pas très envie de payer plus d’impôts. Après, la demoiselle, elle s’en va s’enticher d’amour pour un des dirigeants d’une Europe (vous savez, le petit nerveux, là) qui a décidé de flanquer un sacré coup de machette aux subventions pour les banques alimentaires.


Non, vraiment, la politique, ça n’a rien à faire dans la charité. Le mieux, c’est que l’État ne se fatigue pas à distribuer l’argent où il le faudrait. Non. C’est plus facile de le donner aux riches. Comme ça, les riches, ils peuvent passer à la télé et donner un peu ce qu’ils veulent. Après, si l’État ponctionne les revenus des riches à la source, ce sera plus très drôle, pasque les riches, ils pourront plus passer à la télé, et après, à la télé, y’aura que des trucs nuls comme des séries policières. Et puis, la charité, on n’a pas trouvé mieux pour que les pauvres restent pauvres. Et ça, c’est quand même l’essentiel.

                                          Nicolas Blaise

                                          www.nicolasblaise.fr

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Communauté : les anti-capitalistes - Ecrire un commentaire
Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 11:01
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Venez vous joindre à nous !

 

À Paris le mercredi 21 décembre 18h rencontre autour du roman


MERDE IN FRANCE

de Farida Tahi


dans les nouveaux locaux de l’association DAL, Droit au logement, à 18 heures

29 avenue Ledru Rollin Paris 12ème. Venez nombreux ! (voir programme ci-dessous)


Bien à vous, Farida Tahi et Isabelle Bourgueil


18h00 : accueil

18h30 : projection du film Place de la réunion de Michael Hoare, en sa présence

20h00 : présentation de MERDE in FRANCE de Farida Tahi, en sa présence, lectures d’extraits et débat*

21h00 : verre de vin et grignotage (prix libre)


*histoire du DAL et autres mouvements pour un logement pour touts, logement aujourd’hui, immigration et conditions d’accueil, luttes pour le logement, jeunes précaires, occupations, qui sont les sans-logis ?, les expulsés ?, violence des politiques de la ville et des partis politiques, etc.

Réservez votre soirée et joignez-vous à nous, je vous remercie aussi de faire connaître le roman et l’annonce de la rencontre au DAL. Merci d’utiliser tous vos contacts pour faire connaître l’événement


MERDE IN FRANCE

FARIDA TAHI


Résumé

Au rez-de-chaussée de l’immeuble évidé, au milieu d’un terrain vague de l’Est parisien, Moktar s’accroche à son bistrot ; les bulldozers des promoteurs attendent qu’il cède aux pressions. Mais lui, il l’aime son bistrot, il aime ses laissés-pour-compte qui viennent ici se réchauffer le cœur.

Zine, Miguel et Ba, trois jeunes Français issus de l’immigration, rencontrent dans leur quartier Jean-Pierre Morin, éducateur anarchiste. Leur entente fraternelle va les embarquer dans la lutte, du droit au logement au braquage désorganisé.

Les quatre jeunes gens créent un comité de soutien à leur pote Moktar et au maintien des habitants du quartier. Le bistrot devient le QG de la lutte.

Extrême gauche contre extrême droite, squatters éperdus, militants purs mais durs, jeunesse égarée, partis politiques inconsistants, tout le monde prend une claque.

Renouant avec le roman noir, Farida Tahi retrace, avec un humour au couteau, une histoire, celle de ceux qui n’ont rien, d’existences en marge, de combattants privés du minimum.

Dans les filets de l’infâme, la fraîcheur, l’humour, la poésie se fraient un chemin dans une atmosphère fébrile.

Dans ce premier roman, elle nous surprend par une langue de béton et d’amitié.


Biographie


Farida Tahi, née à Paris en 1960, grandit à Ménilmontant. Petit cancre à l’école, elle adore les poèmes de Jacques Prévert et les romans insolites d’André Breton. Sa rencontre avec les squatters de l’Est parisien, dans les années 1990, marque à jamais les sens aiguisés de sa passion pour un monde plus juste et meilleur.


168 p., 12 x 18,5cm, EAN : 9782915995091, 16 euros ttc.


Contact presse : Isabelle Bourgueil : tél. 06 23 65 49 09 et ordesfous@wanadoo.fr


Ce livre est disponible en librairies (et s’il ne l’est pas, commandez-le !).Vous pouvez passer commande à votre libraire préféré (nous préférons) et sur les sites internet Amazon, FNAC et Chapitre, etc.


L’or des fous éditeur

Les Hauts de Saint Michel

84 340 Entrechaux France

T (33) (0)4 90 37 22 76 et 06 23 65 49 09

ordesfous@wanadoo.fr



cons sele dize

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