Il eut bien le temps par la suite de s'interroger sur les différences et les écarts que l'on mettait derrière les différentes sortes de transport amoureux,
du simple appétit sexuel à l'attirance intellectuelle en passant par la passion obsessionnelle la plus maladive, jusqu'à la complice connivence de vie.
Reine même n'était pas parvenue à lui faire oublier la première des toutes premières jeunes filles aimées à l'adolescence, sa Dominique Premier, en train de finaliser son cursus universitaire dans les meilleures facultés de Paris et des Amériques, toujours lovée dans ses souvenirs.
Il avait attendu la réponse à sa lettre une quinzaine de jours, elle avait bien pris son temps, puis au milieu d'un couloir encombré de nombreux camarades, la très jeune Dominique Premier était venu lui saisir sa main en riant aux éclats, comme pour une bonne farce partagée, il avait fondu sous ses pieds.
Du gouffre ouvert il avait perçu anéanti ses quelques mots depuis ressassés à l'infini tangentiel, Je suis très touchée, mais Je suis désolée, Je n'éprouve pas les mêmes sentiments, soyons bons amis, et oui bons amis avait-elle dit, des bons amis qui ne s'étaient jamais revus, sauf une fois.
Une terrible fois où Dominique Premier l'avait à peine regardé, dans un concert où elle faisait face à trois étudiants le dévisageant de la tête aux pieds, il lui avait laissé son numéro de téléphone, elle n'avait pas rappelé, il s'était consolé, secrètement démis, dans la main de Nora à temps venue.
Au bar du concert, dans la salle de la Dame Bleue des éducateurs de l'éducation surveillée du CAES de Ris Orangis, Reine, Arthur et Nora avait bus aux éclats les bières dorées, comme seuls le font les âmes cassées et les cœurs déchirés, soignant, maladroits, leurs solitudes désespérément associées.
Confronté à nouveau à son désarroi, renouvelé jusqu'aux confins extra sidéraux, de la séparation imposée par la femme et au refus d'accolement affectif, Arthur sut sa vie entière consacrée à ses souvenirs de cette première jeune fille échappée des ses bras et du retrait de ce corps si désiré.
Demain il irait commettre son Premier braquage, en sortirait-il libre, vivant, et enjoué, prêt à recommencer, la peur le prit entier, terrible et inefficace, mais il s'aperçut qu'elle ne rivaliserait jamais avec toutes ces anciennes peurs, jamais l'adrénaline ne les submergerait ni ne les égalerait.
Il était devenu plus fort, avait survécu à toutes les anciennes souffrances, l'envoûtement des frôlements aimants de Dominique Premier jamais ne seraient plus que des souvenirs lancinants et savoureux, il avait douze ans et n'était pas mort, il avait dix huit ans et n'était pas fou, il aimait.
Dominique Premier avait couru se jeter dans ses bras, c'était encore le moment le plus magique de sa vie, et elle s'était détachée, le félicitait de quitter le Lycée et ses parents, s'excusait de ne pas avoir ce courage, l'embrassait et le quittait, il avait été heureux et ne le serait jamais plus,
Ses pleurs était crispés sous son front, et ses moments d'absence plus ou moins fréquents s'emplissaient de discussions imaginaires avec Dominique Premier, cette jeune fille devenait femme, bientôt mère, scientifique de haut niveau sans se douter de cette complicité de chaque instant.
Parfois pétrifié, incapable d'avancer, de reculer, de faire ou de penser, Dominique Premier, finement cajoleuse, aimante et victorieuse, embrassait les rides de ses yeux et ses pleurs intérieurs constants s'allégeaient d'un souffle nouveau, tendrement moqueuse et toujours présente.
Arthur pour cette dernière nuit avec Michèle eut droit à de nouveaux désirs et des souhaits plus poussés, je veux que tu m'oublies dans les bras d'une autre et que tu regrettes mon corps dans ta jouissance avec les suivantes, prends-moi avec toute ta force, pousse moi encore, quitte moi, joues.
Ne te lave pas, emmène mon odeur, je garderais ton jus sur mon corps, ma peau est sur la tienne et tes doigts sont en moi, retourne moi, prends tout, prend-moi et dispose, soit puissant, n'hésite plus d'une envie, fais moi crier, hurler, les enfants sont chez leur père, saisi moi toute.











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